L ACAMPAGNE DE SIX JOURS
Le 12 thermidor (30 juillet) le quartier général de l'armée d'Italie venait d'être transporté à Castel-Novo. Il y avait conseil de guerre sous la modeste tente du général en chef. La situation devait être tendue, car l'agitation la plus vive régnait autour du quartier général. Les courriers se succédaient sans relâche, les uns allant les autres arrivant, et une sorte d'anxiété douloureuse se peignait sur le visage de,s soldats groupés ça et là et cherchant à s'abriter contre le soleil. Sous la tente, les
généraux Bonaparte, Augereau, Masséna, Berthier, Sérurier et quelques autres, parlaient, discutaient avec une chaleur extrême, interrogeant de temps à autre une énorme carte du nord de l'Italie étalée sur une table autour de laquelle ils se tenaient tous groupés.
— Ainsi, disait Bonaparte, dont l'œil lançait des éclairs, votre opinion est pour la retraite?
— Oui, répondit Masséna.
— Quoi! après avoir forcé les Alpes, pacifié le Piémont, battu les Autrichiens depuis quatre mois, pris Milan et dix autres villes, il faut que nous arrêtions le cours de nos succès et que nous cédions le terrain à l'ennemi?
— Il ne faut pas compromettre les avantages de nos victoires passées, répondit Masséna; il faut savoir allier la prudence au courage. La situation de l'armée d'Italie est terrible, cent fois plus terrible encore même qu'au moment où elle est entrée en campagne. Quels renforts avons-nous reçus depuis quatre mois que les hostilités ont commencé? neuf mille hommes!... à peine de quoi remplir nos cadres décimés par le feu et les fièvres. Quelles sont nos forces réelles aujourd'hui? Quarante mille hommes, dont quatre mille sont dans les hôpitaux et six mille devant Mantoue. A peine avons-nous trente mille hommes.
— Avec ces trente mille hommes, reprit Bonaparte, nous avons déjà battu deux armées.
— Oui, dit Sérurier, mais la troisième qui s'avance est plus formidable que les précédentes. Wurmser a soixante-dix mille hommes choisis parmi les meilleures troupes.
— Qu'importe! s'écria Bonaparte; ce n'est après tout, que deux contre un!
—Et ce irest guère! ajouta Augereau.
— D'ailleurs, reprit le général en chef, mes dispositions sont prises, vous le savez! Sauret défend la route du lac de Garde; toi, Masséna, avec douze mille hommes, tu intercepteras la passe de l'Adige; *Despinois se portera sur Vérone; Augereau tiendra à Legnago, et Kilmaine demeurera ioï avec Sérurier et moi, pour recevoir les vingt mille hommes de Kasdonowich. Alors Wurmser sera attaqué, lui, à la fois sur l'Adige, sur le lac de Garde et sur Vérone, et
1,10 TAMBOUR DI<3 IuA 32o DŒMl-BRIOADŒJ
tandis que nous culbuterons son front, Saurai lui coupera s;i ligne de ret raite.
— BraTOl <;;i V est ! eriu A ugeiv;i il.
- Superbe plan! dit Berthien, mais il faut qu'il réussisse.
Masséna et Sérurief secouaient la tôte; 1rs autres généraui présenta semblaient disposés ;i faire opposition au général en chef.
Cependant le plan que menait «le dérouler Bonaparte était tellement hardi, tellement ;ii i rayant pour <le trais guerriers, que personne n'osait i»lus le combattre, quand on Incident brusque vint reporter le doute dans tous les esprits. CJn officier couvert <!<■ sueur et de poussière entra sous ia (ente. C'était an aide <le camp «lu général Bauret.
' — Quelle nouvelle'? demanda vivement!
Bonaparte; on s'est bat i a?
— Oui, général, répondit L'officier; le général Kasdonowicli ;i attaqué hier après avoir tourné le lac de < larde.
— Sauret a tenn ferme?
— Il ;i été obligé de se replier. ê
Bonaparte fit un geste violent, mais il parvint à se contenir.
— Et Guyeux? demanda-t-il froidement.
— Le général Cuyeux! reprît l'officier, s'est enfermé à Salo pour arrêter les Autrichiens; il a avec lui trois cents hommes; •il est dans un vieux bâtiment, mais, quoi qu'*l n'ait ni pain ni eau, il a juré qu'il défendrait son poste jusqu'à la mort.
— Bien; retournez auprès du général Sauret : dites-lui que je compte sur son héroïsme, qu'il tienne ferme, bientôt il aura des renforts. Partez, capitaine, partez sans perdre une minute, sans prendre un instant de repos.
L'officier sortit précipitamment. Bonaparte se retourna vers les généraux: tous les fronts étaient, chargés de nuages.
— Si Kasdonomich a tourné le lac de Garde, reprft Masséna, la ligne de l'Adige est forcée.
— Sans doute, dit Bonaparte, mais en formant rapidement une masse principale, on peut courir sur Kasdonowicli et l'écraser: ce sera vingt mille hommes de moins.
— Mais, dit Sérurier, pour cela il faut rat mener toutes les troupes du bas Adige et du bas Mincio, retirer la division Augereau fle Legogna et la mienne de Mantoue,, abandonner par conséquent notre matériel fie
si grandes pein non*
cer an blocus de la Tille.
Bonaparte réfléchissait : il ne répondait cond officier d'ordonn oétra sous la tente.
Les Autrichiens passent l'Adige partout, <lii il- et Wurmser se dis] fran-
chir Le M Lncio.
Au même instant an troisième offii arlvait près du général en chef: <■'• Maurice Beffllegrade; il portait les insignes de grade de capita ine.
— Général, «lit-il rapidement, les Autrichiens viennent de forcer la position de Bivoli et celle de la < Jorona ; ils se sont portés sur Brescia. •
— Ainsi, la route de .Milan UOUS est COUpée ! s'écria Masséna.
La situation devenait en » - f f «-t effrayante si les tristes nouvelles qui venaient d'arriver se confirmaient : L'armée ayant perdu 'sa ligne défensive et sa Ligne de retraite, il était difficile de ne pas être sérieusement alarmé. C'état la première épreuve du malheur.
Bonaparte était devenu très pâle, e. soit qu'il fût saisi par l'énormité du péril, soit qu'il n'eût pas encore de détermination prise, il demeurait immobile, le front penché, l'oeil fixe. Tous gardaient autour de lui un religieux silence; enfin Bonaparte se redressa brusquement.
— Citoyens généraux, dit-il de sa voix brève et mordante, nous n'avons aucun point d'appui devant nous; nous allons être enveloppés par une armée deux fois plus forte que la nôtre; le Piémont, récemment soumis, assure à nos derrières deux routes pouvaient nous conduire en France, l'une de ces routes est perdue maintenant; que pensez-vous qu'il faille faire?
— Prendre celle qui reste libre, dit Masséna. J'ai marché assez de fois en avant pour que je puisse insister pour la retraite.
Tous les autres généraux inclinèrent la tête en signe d'approbation ; il était évident qu'une seule et même pensée était dans tout les esprits: la retraite. Chacun opina en conséquence. Bonaparte, les sourcils contractés, le front de plus en plus pâle, recevait l'avis de chacun sans répondre. Enfin, ses regards interrogèrent Augereau. Celuici bondit sur son siège.
— Sacrebleu! s'écria-t-il avec violence:
LE TAMBOUR DE LA 32e DEMI^BRIGADE
ah! vous voulez montrer vos semelles aux Autrichiens. Eh bien ! à votre aise ; partez, filez; bonne chance! Bon voyage, l'armée d'Italie. Quant à la division Augereau, c'est une autre paire de manche! Elle est à Legnago, elle attend les Quinze reliques, et tonnerre! elle les recevra, je le jure! Libre a vous de retourner en France; moi et mes grenadiers, nous marcherons en avant, la 32e en tête de la colonne. Ce sont des Parisiens ceux-là, des lapins du faubourg Marceau et du faubourg Antoine; il n'ont jamais montré que leur poitrine à l'ennemi; ils ne lui montreront jamais les talons! Vive la république et en avant!
Et Augçreau, l'intrépide et brillant soldat, Augereau, le fils des faubourgs de Paris; Augereau. le sang au visage, la main à la poignée de son sabre, les yeux ardents, semblait lancer à ses compagnons un défi d'audace et de bravoure. Bonaparte le considérait avec un frémissement joyeux. Les autres généraux demeuraient muets et im-, mobiles.
Le général en chef se leva.
— Citoyens, dit-il, ce soir vous aurez mes ordres; mes plans sont arrêtés. Je vous remercie tous de l'excellence de vos conseils et je sais que je puis compter sur vous!
Les généraux se levèrent et quittèrent la tente; Augereau passa le dernier. Bonaparte n'avait plu$ hésité entre deux buts différents; il avait su saisir le plus important et y sacrifier l'autre. Jusqu'alors Bonaparte n'avait été qu'un grand capitaine, en face de Wurmser il devint un grand homme. Toute l'armée française s'ébranla ; le 31 juillet elle écrasait Kasdonowich à Salo, le 3 août elle battait Bayalish à Louât» ), et le 5 elle campait dans cette plaine magnifique bordée par Lonato, Castiglione et Solférino, par les derniers bancs des Alpes, et qui se nomme la plaine de Castiglione.
Bonaparte n'avait plus avec lui que vingt deux mille hommes, et il avait en face de lui l'armée de Wurmser forte de plus de trente-cinq mille soldats, et ayant une aile entière couverte par une redoute placée sur le mamelon de Medolano. Le petit jour, en éclairant les derniers feux de bivacs, inonda de lumière plus de soixante mille hommes prêts à s'entr'égorger. La cam- , pagne était commencée depuis cinq jours
seulement; Bonaparte n'avait pas pris une seule minute de repos depuis ces cinq jours; il ne s'était pas couché une seule heure^ Partout à la fois, il avait crevé sept chevaux et il avait à peine pris le temps de manger. In moment ébranlée, l'armée entière avait repris confiance. Les généraux qui quelques jours plus tôt, désespéraient du succès et doutaient de leur chef, avaient cédé à l'ascendant extraordinaire qu'i.l exerçait sur eux. et tous, avaient senti renaître leur espoir de vaincre sans cesse, de vaincre toujours.
Aussi, ce matin du 5 août, soldats et officiers regardaient-ils lever le soleil avec ce sentiment du bonheur de vivre, que comprendront seuls ceux quj se sont vus, en présence d'une mort probable. Depuis cinq jours, cependant, les troupes avaient marché et s'étaient battues sans relâche, et tous ces soldats étaient gais, tous chantaient, s'envayant lazzi sur lazzi, quolibets sur quolibets; les uns astiquant leurs fourniments, les autres nettoyant leurs fusils. La soupe cuisait dans toutes les marmites; le vin coulait dans tous les bidons. Officiers et sol dats causaient, s'entr'aidaient mutuel liment avec cette camaraderie cordiale qui n'existe que sur le champ de bataille. En présence de l'ennemi, le sentiment du danger détruit tout sentiment d'égoisme; les hommes qui se savent braves s'estiment mutuellement; il est bien rare, un matin de bataille, d'entendre s'élever une querelle; le patriotisme parle haut et étouffe toutes les autres passions.
Masséna était à la gauche de l'armée; Augereau commandait le centre, Yerdier la droite; Bonaparte était partout. Pour attaquer, il attendait, l'arriver de la division Sérurier a Camiana.
Au centre de la plaine, en vue des feux ennemis, veillaient les avant-gardes françaises, à portée de canon des arant-gardes autrichiennes: ces avant-gardes avaient été fournies par le 43e demi-brigade, la Terrible, comme on commençait à l'appeler dans l'armée. Au point plus avancé, à découvert en pleine campagne, on voyait briller les restes d'un ardent brasier; une marmite de fonte dégageait une vapeur odoriférante:
un gros lièvre dépouillé était étendu sur\ l'herbe: cinq caisses étagées les unes suy^ les autres marquaient l'extrême limite du
LE TAMBOUR l'K NA ?.2v lll-JMI ItKIC Al >!■:
canin et as tambour \ aillait auprès, i ïne
seul iiH'iic s.- promenait de Long es la i cinquante pas en avant.
Autour du brasier Be tenait RoaeignoLet,
le tambour major, en c pagine de ( Lrin
goire, de Uomulus et de Tourniquet; deux petits tambours s'occupaient l'un de la mar mite, l:autre ù entretenir Le feu. Rossigno Ici était appuyé sur sa longue canne, Elomu« lus arrangeait ses cartoucbes dans on mouchoir, Tourniquet débouchait la lumière de son fusil ejt Qringoire astiquait son sabre. , — Eh! Là-bas! fit le major en ^'adressant à un des tambours^ on va battre la soupe tout à l'heure el le lièvre oe sera pas cuit Faudrait se remorérer nonobstant qu'il n'a pas été écorché ;i l'intention des Quinze Eté liques !
— Major! il n'y u plus de place dans la marmite, répondit l'un des enfants.
— Qu'est-ce qu'il y a doue dans ta marmite?
— Il y a d'abord un morceau de veau.
— Bon ! Après?
— Un lapin :
— Superbissimo. ! Ensuite?
— Un la/don, un perdreau, douze carottes, deux choux et le bocal de concombres bue le citoyen Torniquet a maraudé avanthier.
— Joli fricot! dit Rossignojet en se léchant les lèvres avec amour. Voilà ce qui se nomme un pot-au-feu numéro un!
— Il n'y manque que le i>oeuf! dit Eomulus.
— Le bouilli sera avantageusement remplacé par le gibier! fit observer le major.
— Oui, mais le lièvre ne cuit pas! ajouta Torniquet.
— Puisqu'il n'y a plus de place dans la marmite! reprit le cuisinjer.
— Fais-le cuire autrement.
— Il n'y a plus de gamelle.
— Mets-le à la broche.
— Je n'ai que mon briquet.
— Eh bien ! enfile-le avec.
— Mais il ne pourra pas tourner ! il ne feuira que d'un côté.
— Ah ! que vous n'êtes pas malins ! fit une voix rieuse.
Rossignolet se retourna : Bibi-Tapiu arrivait près du brasier : le petit tambour portait sur ses manches les galons de laine du garde de caporal.
\ .1 iVn de là, < Iringalet, dit L'enfant au cuisinier, et quoique les caporaui »oient exempts de corvée, je fais te montrer corn- 111*11 1 on fait rôt ir an lièi r< broche et
sans rôtissoire. Pa mm moi une baguet I un bout de ficelle.
< Iringalet obéit Bibl Tapin planta le bâton devant le feu en recourbant ivmiic flexible à laquelle il at tacha an bout de la ficelle; il assujettit l'autre boni au« tour t\\\ «ou du lièvre, de façon & teni r pendu le corps de L'animal, puis il imprima an mouvement de rotation à ta corde qui. entraînée pur le poids, ae roula et se déroula sur elle-même sans discontinuer.
— Là! fit Bibi-Tapin. Une bonne flambée maintenant et le fricot sera bientôt prêt!
Tous les soldais se mirent à rire de l'ingénieux procédé du caporal-tambour.
— Tu as appris cela chez les sauvages? dit Torniquet.
— Tout juste: répondit Bibi-Tapin.
— Pour lors, répondit Rossignojet, nous pourrons aonobstant nous astiquer L'estofiaac avant d'entrer en dance. Si on offrait de la pot-bouille au capitaine?
— Le capitaine? dit Bibi-Tapin, il a déjeuner cuit.
— OÙ donc est-il?
— Sous sa tente.
Rossignolet se rapprocha du tambour, l'entrai na un peu à l'écart.
— Tu as vu le citoyen Maurice, ce matin? demanda-t-il.
— Oui, répondit l'enfant.
— Est-ce qu'il est encore avec le vieux muscadin d'hier soir?
— Oui. ils ont passé la nuit ensemble.
— Et le lieutenant parait-il content, ce matin?
Bibi-Tapin secoua la tête.
— Il avait la stnine pâle, dit-il. et les yeux tout entourés de noir. Bien sûr qu'il a encore des chagrins.
— Le vieux lui aura encore apporté quelque mauvaise nouvelle.
— Hélas, c'est bien possible.
— Pauvre capitaine Maurice ! A-t-il eu du chagrin le jour où il a fallu rejoindre l'armée, après notre promenade dans les montagnes, promenade qui ne nous a rien appris et durant laquelle nous n'avons rien trouvé.
— Oui, et depuis ce moment-là, il a tout
LE TAMBOUR DE LA 32 e DEMI-BRIGADE
fait pour se faire tuer, et ce n'est pas sa faute si la mort n'a pas voulu de lui.
— C'est pas l'embarras, depuis trois mois il n'a pas pu avoir un congé et. . .
Bibi-Tapin interrompit le majoh en lui posant la main sur le bras.
— Dis donc, dit-il d'une voix insinuante, tu aimes le capitaine, hein?
— Lui et toi, c'est tout pour moi, répondit le major. N'est-ce pas vous deux qui m'avez soigné à ma dernière blessure?
— Tu sais que chaque fois que vient le vieux citoyen. Je capitaine a encore plus d'ennui.
— C'est vrai.
— C'est par rapport à la demoiselle que j'ai vue, tu sais, à la ferme aux Chats- Huants? Elle est perdue, on ne peut pas la retrouver, et, si on la retrouve pas, le capitaine se fera casser la tête, c'est sûr.
— Bigre ! fit Rossignolet, pas de ça, Lisette !
— Je te dis que j'en suis sûr; mais si tu veux m'aider, nous pourrions peut être faire quelque chose pour lui.
— J'ai un plan! Si nous ne sommes pas tués aujourd'hui, ce soir nous le mettrons à exécution. Ca va-t-il?
— Oui, et le capitaine sera content?
— Je te dis qu'il nous embrassera et qu'il rira. Toi et moi, nous apprendrons où est' la citovenne?
— Bah !
J — J'ai mon plan, je te le répète, et il est un peu bien tiré; seulement, pour qu'il réussisse en grand, il faut que toi et moi fassions aujourd'hui une action ^éclat.
— Quelle action?
— Je ne sais pas, mais il faut que le général en chef nous remarque et qu'il nous récompense, qu'il n'ait rien à nous refuser, quoi !
— Faut se faire tuer alors?
— Faut-il cher, dit Bibi-Tapin, mais il ne faut pas réussir et l'affaire sera dans le sac!
— Tu en es sûr?
— J'en réponds?
— Et le capitaine n'aura plus de cha-
grin
Il sera gai comme il l'était jadis.
Je vais te le dire, c'est. . .
Un roulement de tambour parti du camp interrompit Bibi-Tapin.
— On bat aux armes ! cria Rossignolet, tambours, à vos rangs!
— Et le lièvre? dit Torniiquet.
— On l'avalera en se mettant sous les armes, répondit Gringoire.
Un grand mouvement avait lieu dans le camp français. De l'autre côté de la plaine, un même mouvement se remarquait parmi les Autrichiens. Chaque armée courait aux armes. Le soleil se levait radieux à l'horrizon. Sur une petite colline, on apercevait un homme sur un cheval blanc, tenant à la main une longue-vue dont l'extrémité était appuyée sur l'épaule d'un hussard. Ce cavalier, c'était le général Bonaparte, i