‹ Le roi du bagneChapitre 47 sur 243 · LE MATIN DE LA BATAILLE · texte numérisé non relu

LE MATIN DE LA BATAILLE

A quelques pas du brasier devant lequel Bibi-Tapin avait fait cuire si artistement le fameux lèvre, se dressait une tente faite en toile grossière, et qui servait d'habitation provisoire à l'officier commandatft le poste avancé du camp. C'était au moment même où nous avons retrouvé Rossignolet et ses amis, quelques instants avant l'arrivée opportune de Bibi-Tapin, un quart d'heure avant, par conséquent, que les tambours battissent aux armes. Deux hommes occupaient l'intérieur de cette modeste tente; l'un de ces hommes était le capitaine Maurice Bellegrade, l'autre était le vieillard que nous avons connus sous le nom de Richard. Tous deux causaient avec animation. Maurice avait les traits bouleversés, le visage empreint d'un sentiment de colère douloureuse : il martelait de ses poigns fermés une petite table de bois placée à sa portée.

— Trois mois écoulés sans nouvelle! disait-il; et vous voulez que je ne perdre pas courage! vous voulez que j'espère encore!

— Pourquoi désespérer? Lucile existe!

— Le sais- je?

— Je vous l'affirme !

— Mais elle est aux mains de ses boureaux, et nous ignorons même en quel lieu sont ces hommes qui la détiennent; n'ontils pas échappé aux recherches auxquelles nous nous sommes livrés, -alors qu'un congé

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