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<lr cinq jou t*s aie pemel tait quelquen Lue banta de liberté? Depuis ce temps, duram ces Lofigs mois où le devoir m« rivail à l'ar
Doée coi • resclave*a la glèbe, u'avez-vous
j»;is vous-même parcouru infructueusement l'I talie tout en! ière?
< vi;i esi \ rai, Maurice.
— Vous voyez bien « 1 1 1 * i I faul désespérer.
— Non, vous dis -je! Lucile existé, <■! tànl qu'elle existera, j'auraj au coeur une lueur d'espérance, j'aurai en moi la Corse de la chercher !
Ej moi, s'écria Maurice, je voudrai mourir! Oh! les balles autrichiens onl su m'épargner jusqu'ici, mais toul 'lit <illr Kl bataille qui vu se livrerre doil être meurtrière. Au moins je trouverai dans la tombe le repos et le calme.
— Et vous abandonnerez ceux qui souflïeut :
■ — Richard!
Le vieillard saisit la main du jeune homme.
— L'ennemi est là! dit-il; vos compagnons vont se battre: que diriéz-vous si je vous conseillais d'abandonner les vôtres à cette heure et de fuir?
Maurice regarda fixement son interlocuteur.
— Que diriez-vous, vous-même, si j'acceptais? demanda-t-il.
— Je dirais que vous êtes un lâche! répondit nettement le vieillard. z
— Et vous auriez raison, car cela serait.
— Oui, cela serait, Maurice ; mais il serait aussi infâme de mourir volontairement aujourd'hui: vous déserteriez une sainte cause, vous abandonneriez vos meilleurs amis, vous fuiriez au moment de la lutte.
— La lutte, dites-vous? Mais une lutte, c'est là ce que je demande, ce que j'implore. C'est l'incertitude qui nie tue. Dites-moi ou est Lucile, énumérez-moi les obstacles à vainerfe, les dangers à braver, et vous me verrez fort, et vous verrez l'espoir me rentrer au coeur. Mais non ! nous ignorons même là où nous devons porter nos pas. Elle pas. Embhfg mbhfg wkdyq yqlpj yqdyq vit, soit ! où vit-elle? et pour quelles souffrances! D'ailleurs, rien ne me prouve qu'elle vive encore, à moi!
— Je vous l'affirme!
— Parce que je connais les causes de sa capture.
■ Maurice saisit :• n aint de Richard.
— Vous connaisnez c< '. dit-il d'une voii frépiissante.
< » 1 1 i : répondit le \ i< illard.
— Et. jamais roua oe me ; avez confie^
— le oe pouvais le Paire.
Mais maintenant?
— Maintenant, repril Richard, je crois que, sans violer an sermen . je puis vous instruire de la vérité, car une bataille va avoir lieu, Maurice, une halle peut m'atteindre, ei le secret que je possède inté l'existence de trop d'être innocents pour que je l'emporte ai ec moi dans la tombe.
— Mon Dieu, qu'est-ce donc? qu'avezvous ;i me révéler?
— In secret, .Maurice, qui intéresse non seulement celle que vous aimez, mais une autre encore que j'aime aussi, moi, comme ma fille; une autre pauvre enfant que vous n'avez jamais vue', mais dont le nom a été prononcé devant vous.
— Qui donc?
— Uranie.
Maurice frappa ses deux mains l'une contre l'autre.
— La jeune fille pour laquelle le pauvre M. de Xeoules m'avait remis une lettre? dit-
— Oui, répondit Kichard.
— Et qu'est-elle devenue?
— Elle aussi est prisonnière.
— De qui?
— De ceux-là mêmes qui détiennent Lucile.
— Mais je ne comprends pas !
■ — Vous allez comprendre : écoutez-moi.
— Oh! j'écoute! et chacune de vos paroles demeurera gravée dans mon coeur.
— Mon cher Maurice, commença le vieillard après un assez long moment de silence durant lequel il parut chercher à rassembler ses souvenirs et ses idées, mon cher Maurice, je dois avant tout dépouiller ici le nouvel homme : ce n'est pas le citoyen Richard qui vous parle, c'est le comte d'Adoré que vous allez entendre.
" Ce nom fut le mien, ne vous rappelle-til pas une effroyable série de malheurs? Le comte d'Adoré était le beau-frère du marquis d'Horbigny : il est donc l'oncle de l'un des êtres les plus pervers que se soit plu à créer le génie du mal. Je vous ai longue-
LE TAMBOUR DE LA 32e DEMI-BRIGADE
ment conté jadis cette effroyable histoire d'un passé où les crimes s'entassa nt les uns sur les autres, formaient une chaîne sans fin, une de ces chaînes étreignânt leurs victimes comme le Dante seul en a su peindre dans son Enfer. Vous vous souvenez, n'estce pas, que lorsque mon beau-frère ne put douter de la perversité de celui qu'il était /obligé de nommer son fils, il résolut de l'éloigner à jamais de lui e1 de l'enfermer dans un couvent lointain. Cette résolution qu'il mît à exécution, et qui malheureusement n'obtint pas cependant le résultat que l'on s'était promis, ce fut moi qui la lui suggérai. J'étais beaucoup plsu jeune à cette époque que le marquis d'Horbigny; je n'étais pas encore son beau-frère; en dépit de la différence d'âge qui nous séparait, j'étais son ami, son confident, son compagnon fidèle
" En voyant sa douleur d'avoir pour fils unique un être qui promettait de déshonorer un jour le nom qu'il allait porter, je conjurai le marquis d'avoir pitié de lui-même, • et ce fut grâce à moi qu'il prît la résolution de faire disparaître aux yeux du monde cet enfant bien fait pour vivre dans les ténèbres. Comment le jeune homme sut-il que [j'entrais pour beaucoup dans l'énergique résolution de son père? Je l'ignore; mais le fait est, qu'il l'apprit, A partir de ce jour, il me voua une haine mortelle et il ne laissa pas échapper une occasion de me nuire. Ma femme et ma fille, les deux seuls êtres qui m'attachassent encore au monde après la mort de mon père, me furent ravies à la suite d'une catastrophe que chacun put attribuer à un hasard fatal, mais dont j'accusai, moi, l'auteur de tant d'autres crimes.
— Quoi! s'écria Maurice, vous croyez que la mort de la comtesse et celle de jf^otre fille..
— Peuvent être imputées à mon neveu.
Des preuves, je n'en ai point ; ma conviction morale est cependant sincère et solidement établie. Fouché, qui connaît à fond tous les détails de ces horribles trames; Fouché, qui s'est promis à lui-même, après m'avoir promis à moi de démêler un jour cet écheveau embrouillé et tout maculé de sang, Fouché à une opinion en tous point semblables à la mienne. Mais, continua le comte en, changeant de ton, cette haine effroyable que me porte cet homme, ce terrible roi du ba-
gne, donl depuis plus de dix années on ne peut découvrir l'individualité véritable, cette haine implacable ressortira suffisamment encore des faits qu'il me reste à vous raconter pour qu'il ne soit pas inutile d'insister plus longtemps à cet égard. Ecoutez, .Maurice, il s'agit maintenant de Lucile o,t dTranie; il s'agit maintenant de vous expliquer les malheurs qui les accablent. Il y a neuf ans aujourd'hui, en 1787, alors que la monarchie penchait sans qu'on pût croire cependant encore qu'elle fût aussi près de crouler, habitait à Toulouse un certain abbé Chaubard, jprêtre austère, excellent ministre du Dieu de paix et de miséricorde, enfin, dans, la plus sainte exception* du mot. Cet abbé Chaubard était curé de Saint-Loup village situé dans la banlieue de Toulouse; mais, comme il était en même temps bénéficier du chapitre cathédrale et métropoli-. tain de Saint-Etienne, il demeurait d'ordinaire à l'archevêché, se rendant seulement à sa cure deux fois par semaine: le dimanche et le jeudi ; le dimanche pour y célébrer les offices, e jeudi pour confesser ses pénitents et pénitentes. Ce jour-là, après la confession accomplie, il avait pour habitude invariable de se rendre à Croix-Daurade, autre banlieue de Toulouse, chez son ami le curé de la paroisse, avec lequel il dînait et passait la soirée à converser et à discuter en matière de théologie. Or, un jeudi de cette année 1787 à laquelle je tous prie de vous reporter, l'abbé Chaubard, après avoir donné l'absolution à ses ouailles, après avoir raccommodé deux ou trois ménages, fait pardonner une faute commise par un ami envers son ami après avoir ramené au logis un fils insoumis, après avoir accompli enfin ce qu'il nommait, en souriant, sa tournée de paix et de miséricorde, l'abbé Chaubard avait enfourché lestement son bidet et avait gagné Croix-Daurade, où il était arrivé à trois heures, suivant sa coutume, car on dînait à quatre chez le curé du lieu. 'Ce jour-là était précisément celui de la fête du village. Le digne prêtre était connu à Croix-Daurade aussi bien que dans sa propre cure; aussi, en traversant la place, futil accueilli avec un empressement, une démonstration de respect et d'amour qui touchèrent profondément. son coeur. Il y avait à -Croix-Daurade une habitation seigneuriale occupée par une famille du pays des plus
LE TAIMDOUR l>i: IjA :: itKiADB
honorables el des plus considérées: cette fa mille ci.-iii celle da manquis de Oantegrelles,
l'un des plus nobles gentilh mes du Lan
guedoc el habitant < 'roii l Ijaurade ai & femme, ses deux filles et su soeurj laquelle était propriétaire d'une fortune lmm< Les deux fillei du marquis se nommaient) Lucile ci i Iranie. . .
Lucile el l Iranie ! interrompu Maurice en 1 1 ■> «saillant brusquement.
— Oui, répondit le comte d'Adoré. Vous
connaissez maintenant le secrel de l'origine
lie que vous supposiez être gans famil>
le ci sans a. Vous saurez bientôt pour
quoi Lucile n dû renoncer momentanémeni n ce nom de su famille, qu'elle a cependanl le droit de porter. Laissez-moi continuer ci ne perdez pus une seule <lc mes paroles.