‹ Le roi du bagneChapitre 55 sur 243 · L'AGENT · texte numérisé non relu

L'AGENT

En entendant le son de la vorx qui venait de prononcer ces brusques paroles, le comte d'Adoré avait violemment tressailli. Faisant un pas en avant, il se pencha pour mieux distinguer dans les ténèbres les traits du personnage survenu d'une façon si inopinée. Celui-ci parut se prêter à l'examen, le comte se redressa avec un cri de joie :

— Jacquet ! dit-il.

— Lui-même, monsieur le comte, dit l'agent de police en se plaçant au milieu du groupe. Jacquet, qui arrive de Paris avec de fraîches et importantes nouvelles; Jacquet qui vient se relancer sur la piste comme un vieux limier sûr de ne pas faire fausse route; Jacquet enfin qui a jadis fait le serment de triompher de vos ennemis à tous, et qui tiendra ce serment, dût-il mourir en racconiplissant!

— Jacquet ! répétait le comte, comme s'il ne pouvait en croire ses yeux, c'est Dieu qui vous a envoyé.

— Et c'est le citoyen Fouché qui m'a donné mes passe-ports.

— Depuis quand êtes-vous ici?

— Depuis deux jours. J'ignorais que vous fussiez vous-même dans cette partie de l'Italie. Je savais que les citoyens Bonchemin et le Bienvenu s'y trouvaient, et j'ai cherché à me mettre immédiatement en relations avec eux.

— Accomplir mon serment, vous dis-je?

— Ainsi, vous aussi, vous croyez que notre ennemi à tous. .

— Est le même. Pardieu ! cela n'est pas douteux. Depuis onze ans, n'est-ce pas la même intrigue nouée toujours avec un même plan tracé par une main de maître >t poursuivi avec une persévérance effrante? Le Roi du bagne? Toujours ce Roi contre lequel les preuves manquent à cha-

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