‹ Le roi du bagneChapitre 59 sur 243 · LB TAMBOUR DE LA 32« DEMI -BRU JALXK · texte numérisé non relu

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cause qui avait tait détirer le voir. Lord Harbing témoigna Le p'|ls vif empressement

" — Tarie/ vile, cher monsieur, mm- dit-il; que pente» vous devoir faire?

44 — Nous faire aider par an homme qui se* fa plus odroit que noua pour démêler la pis lo des coupables, dis je.

"—- <2uci homme? démenas lord Harbing.

" — Un Français, milord; nu homme que j'ai beaucoup connu jadis; un ancien employé de M. Lenoir, le lieutenant de |>olie<\

l'un «les hommes les plus honnêtes et les plus intelligents que l'on puisse espérer rencontrer.

" — Ali! fit lord Harbing sans sourciller; et vous le nommes?. . .

" — Jacquet!

" En prononçant le nom de cet agent, que

Je Roi du bagne avait si habilement déjoué jadis dans l'affaire de la fille du marquis d'Horbignrv et qui avait une terrible revanche à prendre, je regardai fixement mon interlocuteur. Il demeura calme el impassible.

4' — Jacquet! répéta-t-il comme quelqu'un qui entend prononcer un nom pour la première fois et qui désire se le graver dans la mémoire.

"—Oui!

" — Et vous dites que cet homme est adroit et intelligent?

44 — Très adroit, et très intelligent.

" — Qu'il peut nous être utile?

" — Je suis reratin qu'il reconnaîtra les coupables.

"Mon regard, rivé, sur celui de lord Harbing, ne put lui faire baisser les yeux.

" — Alors, dit-il, il faut le faire venir.

" — C'est mon avis.

"■ — Il faudrait lui écrire.

" — 'C'est fait, dis-je en tirant une lettre de nia poche.

"Lord Harbing me regarda à son tour; cette fois, il avait tressaillit et un éclair rapide et fulgurant jaillit de ses prunelles.

" — II faut faire partir cette lettre sans perdre une minute! s'écria la baronne.

"•—Est-ce votre avis? demandai-je à lord Harbing.

" — Tout à fait, répondit-il. Quand penséz-vous que ce M. Jacquet puisse être ici? ['* — Dans huit jours.

i< — Très bien.

" Lord Harbing se dérangea pour sonner

lui-même et ce fut lui encore qui donna l'or* dre au valet de faire monter a cheval un courrier. Dne demi-heura après, la lettre eiaii emportée par un homme dont j'étais -m-, et comme lord Harbing n'avait pas quitté le salon <•( n'avait pas fait un j^este que

je n'eusse vu, ni prononcé une parole que je

n'eUSSe entendue, j'étais certain que |,. fidèle

domestique ne serait p;is inquiété durant la Longue route qu'il avait a suivre. Bu instant les médecins arrivèrent. La vue du misérable dont j'avais reconnu la voix, la nuit précédente, nie cause un mouvement de répulsion que je ne pus réprimer. Je me rappelai subitement le rôle horrible que cet homme devait jouer et je fis un pas

vers lui comme pour l'expulser. Sans doute, lord Harbing devina ce qui se passait en

moi, car il nie prévint en s'avançant vivement.

" — Docteur, dit-il au médecin, vos honorables confrères voudront bien vous excuser si vous ne pouvez aujourd'hui et même d'ici quelques jours leur apporter votre tribut de lumières, mais un malheureux mourant a de vos soins le besoin le plus urgent et je lui ai promis votre assistance. Ii n'y a pas une seule minute à perdre.

" Les autres médecins saluèrent leur confière, celui-ci sortit aussitût avec lord Harbing. J'étais étonné et inquiet de la façon dont l'Anglais avait agi ; étonné du peu de résistance qu'il mettait à obéir à mes ordres, inquiet de l'espèce d'empressement qu'il affectait. Le soir, lord Harbing ne revint pas, mais é partir du lendemain il reprit ses visites quotidiennes. Les jours s'écoulèrent encore, le marquis allait mieux. Les médecins espéraient qu'avant peu il serait maître de sa raison et qu'il pourrait parler. La joie et l'espérance rentraient au château, moi seul étais triste et tourmenté. Je voyais lord Harbing trop maître de lui pour ne pas supposer qu'il fût certain de parer le coup que je lui avais porté. Je connaissais cet homme, je savais de quoi il était capable, et mon anxiété redoublait de minute en minute. Chaque matin, lord Harbing avait de longues conférences avec la baronne et, bien que j'eusse tout fait pour connaître le but de ces conférences, je ne pus y parvenir. Un soir (c'était six jours après celui où j'avais écrit à Jacquet), la baronne, qui avait les yeux rouges et la physiono-

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inie altérée, nous annonça que lord Harbing devait partir le lendemain. Il était forcé de retourner en Angleterre pour des affaires de la plus haute importance, qui exigeait impérativement sa présence.

" ( Jette nouvelle me dégagea la poitrine d'un poids énorme. Mon plan avait réussi : lord Harbing redoutant l'arrivée de Jasquet, qui eût été pour lui le plus terrible des adversaires, fuyait devant l'ennemi et abandonnait ses victimes. J'eus peine à retenir un cri de joie. Il faut vous dire encore, Maurice, que ce jour-là les médecins avaient prédit pour le surlendemain une crise dans l'état du malade, crise à la suite de laquelle ils espéraient un bien rapide; ils pensaient que le surlendemain, M. de Cantegrelles pourrait reconnaître et parler. Le ^lendemain, effectivement, lord Harbing vint faire ses adieux à la marquise et à la baronne. Il dîna au château, puis il se mit en route. Au moment de partir, il me pria de vouloir bien l'accompagner sur la route de Toulouse. Il faisait grand jour encore! lord Harbing était venu seul, un valet devait me suivre, la route était extrêmement fréquentée, je n'avais pas à redouter un guet-apens; j'acceptai, poussé par un certain sentiment de curiosité qui me fit vaincre le dégoût, profond que m'inspirait le misérable.

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