‹ Le roi du bagneChapitre 7 sur 243 · I.K ïwiuni i; r>E l.\ 32« DKM1 i:i:i« ;.\ l >R · texte numérisé non relu

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Tu lui ;is raconté l'histoire?

— I );ins Ions ses détails.

— El qu'a i il dit ?

il ;i paru fort embarrassé. 1 1 b 'lu en \ oyer des officiers a la renne.

Très bien ! Tu as eu son de raconter partout les assassinats en accusant les Français?

— J'ai passé ma matinée à courir les nllages.

Parfaitement ! Que disent les paysans'.-' Ils sont furieux, el Lis appellent les autrichiens a grands cris.

Ils viendront. Beaulieu sera ici avant quinze jours, le temps de battre le petit gé ncral que ces Imbéciles ont nommé; Bonaparte battu cl son armée en fuite, l'armée autrichienne entrera en France. Alors...

— Alors, interrompit Jacoppo, nous rons récompensés "l(v tous nos efforts et nous pourrons agir en grand.

— Naturellement.

— Faudra-t-il retourner au quartier-général? reprit, Jaccopo après un silence.

— Sans doute, répondit celui-ci que son interlocuteur avait salué du titre aristocratique de ''monsieur le marquis".

• — Le général Berthier voulait me faire reprendre, mais je n'ai pas voulu me laisser pincer sans avoir reçu vos ordres.

— Tu as bien fait.

— Maintenant il n'y a aucun inconvénient à me montrer à Nice?

— Aucun. Laisse-toi arrêter même s'il le faut. Cela ne fera que mieux.

— Très bien! Et la demoiselle?

— Elle est en sûreté.

— A la Maison Noire?

— Non.

— Où donc alors?

— Cela ne te regarde pas, répondit sèchement le marquis. Maintenant il faut s'occuper du citoyen Maurice Bellegarde.

— Le lieutenant de la 32e? l'officier d'ordonnance du général Berthi^?

—Oui.

— Mais il n'est plus à Nice; il est en mis sion, il est parti hier matin.

— Je le sais, mais il faut le surveiller.

— Ce sera fait. Et M. de Neoules?

— Jaccopo! dit le marquis d'un ton ironique, tu es un peu curieux, mon. garçon; il faut que je te donne un bon conseil; tu es nouvellement enrégimenté sous mes ordres:

jusqu'ici j'ai été satisfait de toi, mais prends garde ! je n'aime pas -l'exagérai ion de ssèle, même dans l'intent ion la meilleure je me suis parfois mont ré confiant en toi, c'est qu'il m'a plu d'agir b dsî : ne cherche donc pas a be prévaloir de ta position."

Jaccopo baissa la tête sans répondre.

— Tiens! reprit le marquis api ilen-

Jaccopo étendit la main, et on entendit un sou argentin comme celui que produit une bourse bien gonflée, Lancée et reçue.

— .Monsieur le marquis ;i i il de nouo-aux

ordres à donner a son serviteur? reprit le berger.

— Aucun, dit le marquis. Retourne à N

ce, et al tends?

.Jaccopo s'inclina, tourna sur Ions

et reprit su marche se dirigeant vers le Var. Le marquis le Laissa s'éloigner, puis, quand il l'eut perdu de vue, il rentra dans l'épaisseur du bois. Deux hommes blottis au pied d'un chêne gigantesque l'attendaient.

— Jaccopo est décidément trop intelligent! dit le marquis a voix basse; il faudra s'en défaire à la première occasion.

— On y songera ! répondit une voix, et une ombre sèche, longue, mince comme celle d'un squelette, se dressa lentement.

— As-tu donné des ordres relativement à Maurice? demanda une autre voix.

— Oui, répondit le marquis, mais l'affaire est grave, et pour l'exécution il ne faut s'en : apporter qu'à nous.

—-Qui agira alors?

— Pick.

Moi? reprit le personnage dont l'ombre use se détachait en noir sur le tronc du chêne.

— Toi-même; je t'expliquerai tout. Pour le présent, il faut expédier un courrier à Beaulieu; que les Autrichiens attaquent au plus vite, tandis que l'armée française manque de tout.

— Je partirai cette nuit, si tu le veux, dit la seconde voix.

,^-C'est cela! Maintenant, eu route! la petite mais attend, et cette fois je ne veux pas la perdre !

Les trois hommes disparurent à leur tour dans la profondeur des fourrés. Pendant ce temps, Jaccopo avait gagné la lisière du ■bois et se disposait à descendre le Var en

LE TAMBOUR DE LiA 32e DEMI-iBRIGADE

suivant le cour d'eau. Il s'arrêta avant de quitter le dernier bouquet d'arbres.

— Hum ! fit-il en se parlant à baute voix, le marquis a ses idées et moi j'ai les miennes On verra bien! En attendant, je me tiendrai sur mes gardes. Les Autrichiens pourraient me payer cher les nouvelles que je sais ! . . .

El Jaccapo, secouant la tête, se remit eu marche. Comme il s'avançait vers la rivière, il s'arrêta encore et prêta l'oreille; puis il fit un geste comme s'il eût voulu dire qu'il se fût trompé, et il continua sa route. Cependant, à peine eut-il quitté le bois qu'une ombre rapide s'élança de derrière un massif et disparut dans les herbes de la plaine. On eût dit le corps d'un gros animal ou celui d'un enfant qui eût bondi à la poursuite du berger italien. Jaccopo continuait sa marche sans avoir rien remarqué.

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