LE TAMBOUR DE I.A
ccliiilc ne recevant qu'un jour douteui par l'ouvert ure grillée de la porte, était déjà forl obscur, et le lit était placé dans l'endToit le plus sombre. Léopold reconnut qu'a peine il pourrait i ravailler deux lu lires par jour •i ce compte, et pour percer lu planche, il lui eût fallu des années. < 5e qu'il devait avoir absolument, c'était une lumière factice, i tait une lampe. D'ailleurs, le I rou pratiqué, une lampe était de toute nécessité pour son «\ asion. Léopold ne pouvait fuir que la nuit ; il devait donc, au milieu des ténèbr<
cendre dans une pièce dont M ignorait le plan et parcourir ensuite tout an palais ara nombreux détours: il lui fallait une lumière pour se guider et ne pas s'exposer à faire fausse route.
lTuc lumière!. . . ah ! que n'eût-il pas donné pour se procurer une misérable lampe! Mais cette lampe il fallait la créer jusque dans ses moindres détails, et Léopold ne possédait rien. On lui apportait chaque jour sa nourri! ure dans un vase de terre, sorte d'écuelle grossière, que le geôlier laissait jusqu'au lendemain; Léopold en demanda une seconde, sous prétexte qu'il lui répugnait de tout manger dans cette même écuelle; le geôlier était dans un jour de complaisance: il accorda ce que demandait son prisonnier, une seconde écuelle fut apportée.
Le récipient conquis, il fallait conquérir le reste, et là était le plus difficile. En Italie, un tles principaux mets adoptés par la population est la salade; ce mets, rendu populaire en raison de son peu de valeur, était également celui des prisonniers; cette salade était apportée tout assaisonnée. Léopold prétendit que le vinaigre lui faisait mal, et il pria le geôlier de lui faire donner dorénavant de la salade à l'huile pure, ce qui fut accordée sans grande peine. Une courte-pointe de coton pouvait fournir des mèches.
Restait, et c'était là le point principal ,à se procurer les moyens de faire le feu. Une semaine entière, Léopold tortura son cerveau pour trouver le moyen de s'assurer la possession de ce trésor. Une nuit, furieux de son impuissance, il se tenait debout devant sa porte, la main gauche secouant le grillage, la main droite brandsisant la vis métarmorphosée en poignard; soit hasard
par inact Ion, arta \ ioli
lu grille; une étincelle jaillij au contact ; Ivéopold ne put r< I enir m cri de jo
Le lendemain, durant I du geôlier,
Léopold faisait n faux i tnbait sur l'u-
ne des écuelies de terre qu 'il faisait a La • une la fonde
blessure : le sang be pouvait s'arré" — 1 >.• l'amadou demanda le p •'•
l'n archer courut en chercher quelq grands morceaux, à l'aide desquels Léopold banda sa blessute.
Le soir venu, Léopold, tenant entre
mains frémissantes nne écuelle dans laquelle il avait amassé l'huile recueillie dans la salade, disposait une Longue mèche,roulée tressée avec d< - soifes minutieux; une étin-
le produite sur la grille alluma l'amadou. Alors, prenant un papier déroba le matin nuâme a l'un ^^-s archers, le prisonnier appiocha ce papier de l'amadou fumant et il souffla doucement: la flamme jaillit, la mèche fut allumée.
Une heure après, il attaquait le plancher de chêne.