‹ Le roi du jour [microforme]Chapitre 38 sur 42 · L'ALCOOLISME EST-IL GUÉRISSABLE · texte numérisé non relu

L'ALCOOLISME EST-IL GUÉRISSABLE

« Qui a bu, boira », voilà le verdict populaire contre l'homme qui eut le malheur de se laisser dominer par la passion de l'intempérance; et, la plupart du temps, ce verdict est tristement vrai.

Le buveur ne se convertit pas. De temps à autre, il fera bien des efforts sérieux pour briser la tyrannie de la passion. Il sera sobre pendant un temps plus ou moins long; puis, une tentation plus pressante se présentant, il retombera plus lourdement que jamais dans ses habitudes d'intempérance.

« Qui a bu, boira... » Cependant cette sentence, si absolue dans son énoncé, admet des exceptions. Oui, l'alcoolisme, même à un état avancé, est encore susceptible de guérison, mais il faut

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pour cela un ensemble de secours que bien peu de buveurs se décident à accepter.

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'alcuolisme est quérissable

Pour comprendre cette réponse, rappelons brièvement ce que nous avons dit des causes morales de l'ivrognerie et de ses effets physiques.

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L'homme boit pour augmenter. sa joie... La journée de travail a été rude; tout est fatigué chez lui : la tête, les muscles, les nerfs. Enfin l'heure du repos est venue. A l'auberge, au club, il va retrouver sesamis; ensemble on prendra quelques verres de boisson et, bientôt, une joie communicative circulera dans l'assemblée. Les brouillards de la tête se dissiperont, le visage s'épanouira, le cœur, secouant sa torpesr, deviendra gai, expansif. heureux.

A'ors on se contera les nouvelles du jour, on plaisantera les ministres, on attaquera le Conseil municipal, on exposera avec entrain des plans de réforme pour le pays et la ville.

Alors les plaisanteries, les bons mots, leshistoires piquantes s'entrechoqueront, au cliquetis des verres.

Alors de joyeuses parties de cartes, de brillants coups de biilard, un bien-être général, une intensité

de vie qui fait oublier les fatigues du jour... Et sur onze heures, minuit, d'un pas plus ou moins chancelant, on réintég:era le logis.

Or, pour arrêter les progrès de l'alcoolisme qui s'est déix emparé de cet homme, il faudrait quitter cette pratique, se séparer de ces joyeux amis et se décider à passer tranquillement la soirée à la maison, en compagnie de sa femme et de ses petits enfants. Aura-t-il le courage d'une pareille résolution?

Un autre boit pour oublier les désagréments du présent. Il est malheureux. L'accord ne règne plus à la maison: des revers de fortune, des morts ont tout assombri autour de lui... Il boit pour échapper à la souffrance. peut-être au remords.

J1 faudrait pouvoir soulager ce Cœur pour le guérir. I faudrait lui dire des paroles assez puissantes pour raffermir cette volonté sans énergie, assez consolantes pour lui donner des espérances qui remplaceraient celles qu'il a perdues. Enfin il faudrait lui assurer une force amie qui suppléerait à la débilité générele que la passion a produite en lui.

Qui opérera un changement si difficile et si merveilleux? Dieu, et Dieu seul en est capable. Dieu prié par l'homme, Dieu assistant l'homme par sa grâce et ses sacrements, relèvera cette ruine et en fera un h-:1me nouveau.

Le D' Bélouino avait grandement raison de le dire :

« L'homme du peuple est bien faible contre l'ivrognerie, et, l'on peut ajouter, bien impuissant à s'en corriger, quand il n'a pas pu l'éviter ar des raisons de délicatesse et d'intérêt privé. » Il faut que la religion s'en méle et que Dieu luimême vienne au secours de l'homme.

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