‹ Le roi Louis XIII à vingt ansChapitre 100 sur 345 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Passion de Louis XIII, pour le métier militaire: il étudie; il est bon topographe et ingénieur. — Il est surtout officier de troupes; son expérience: il commande lui-même maniements d'armes et mouvements : ses créations; comment il passe les revues. — Ses qualités de chef, son jugement aux conseils de guerre; sa décision dans l'exécution.

— Louis Xlll en campagne; sa simplicité, son endurance; il supporte d'être mal logé et mal nourri; son indifférence devant les intempéries.

— Louis XIII au feu, impassibilité; il s'expose aux dangers; inquiétudes de son entourage : on l'a toujours empêché de charger. — Louis XIII commandant en chef; son initiative, son activité, sa vigilance : les affaires des Ponts de Gé et de l'île de Rié. — Le jeune roi s'intéresse aux soldats, cause avec eux, en connaît beaucoup; veille à leurs subsistances; après les combats se préoccupe de faire soigner les blessés, va les voir. — Son sentiment de la discipline; sévérité de Louis XIII, fâcheux état de cette discipline au xvii° siècle; efforts du roi pour la maintenir.

Henri IV, qui ferrailla presque toute sa vie, fut essentiellement un soldat. Louis XIII avait hérité de ses goûts. Mais de même qu'il était loin de présenter la nature de son père, vive et en dehors, de même il était loin de posséder ses qualités brillantes d'entraînement. Il sera un excellent officier, exact, vigoureux ; il n'aura pas la verve et les grandes aptitudes de chef d'armée du vainqueur d'Ivry.

Enfant, il avait manifesté sa passion pour le métier

militaire. Ses jeux avait été des exercices de soldat : brandir une pique, battre du tambour, mettre en ligne des petits garçons et les commander. C'était son plaisir de faire évoluer des soldats d'argent sur une table, puis les enfants des Suisses de sa garde, ses « petits Suisses », qu'il constituait en compagnie de gens de pied, les habillant, les armant, les menant dans le jardin des Tuileries, les plaçant dans de petits forts'. Il connaissait à fond le maniement d'armes. Nul ne battait du tambour comme lui : « N'ayant jamais été montré à battre, déclarait Bassompierre, il exécutoit mieux que les maîtres -. » A seize ans, il s'amusait encore à monter la garde jusqu'à une heure et demie du matin, seul, dehors, afin de s'aguerrir. Il tirait de petits canons, pointant lui-même : jeux d'enfants, sans doute, mais qui devaient ensuite paraître singulièrement efficaces : « Ces choses, écrivait Fontenay-Mareuil, qui ne semblaient alors que des bagatelles, se trouveront très importantes, l'ayant si bien accoutumé (Louis XIII) à entendre parler de la guerre et à en faire son principal divertissement que dès que son sang commencera à bouillonner, il

1. « A peine aviez-vous six ou sept ans, lui dit Dupiney, que vous saviez l'usage et l'exercice des armes. Combien de fois vous a-t-on admiré dans la grande salle du Louvre, la pique de Biscaye en main, dressant un bataillon composé de la vive fleur de votre plus jeune noblesse, ores en carré, ores en croisade, à l'allemande, à la romaine, à la vulgaire, à la macédonienne? • I. Dupiney, Panégyrique présenté au roi le jour de sa naissance, (s. 1. n. d.), in-12, p. 18. Voir aussi la lettre de Malherbe à Peiresc du 17 juillet 1610, (dans Œuvres, éd. Lalanne, t. III, p. 194); J. B. Matthieu, Hlst. de Louis XIII, dans P. Matthieu. Hlst. de Henri IV. t. II, p. 60; Fontenay-Mareuil, Mém., p. 120. Il y a de nombreux témoignages d'Héroard : Cf. notre livre Au temps de Louis XIII, p. 2.3. Lesdiguières avait écrit un « discours pour l'éducation militaire du dauphin » (dans Actes et correspondances du connétable de Lesdiguières, éd. Douglas et J. Roman, Grenoble, 1878-84, t. III, p. 541-578).

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