Ibid., fol. 24 r° et suiv
3. « Pour lesquels, ajoute-t-il, S. M. ordonnera la gratincation convenable à leur qualité et capacité « (fol. 152 r°). Sur le baron de Brison dont nous parlons, qui se rendit odieux à Nîmes dont il fut le gouverneur protestant, nommé par les assemblées, voir Ménard, Hist. de la ville de Nimes, t. V, p. 423.
fruit incroyable! » Visconti avait une triste idée de ces malheureux : « il y a quantité de pauvre noblesse en Provence et au Briançonnois, affirmait-il, que pour peu de chose on attireroit! »'.
Louis XIII n'était pas dupe des raisons qui faisaient revenir à l'Eglise trop de protestants si subitement touchés de la grâce. Il savait bien que l'intérêt était le mobile de ces conversions : « M. du Fargis, écrivait-il à un agent, celui qui vous rendra la présente vous dira ce qu'il m'a fait savoir touchant le secrétaire de Saint- André de Vélasque qui offre de me servir; si vous reconnaissez qu'il en ait la volonté et le moyen, comme il semble sur les propositions écrites de sa part, il ne faut négliger cette occasion; ne faites difficulté de l'assurer d'une pension telle que vous le jugerez le pouvoir mériter et lui donnez par avance quelque argent pour l'engager. Mandez-moi ce que vous en avez appris et adressez à Tronson votre dépêche '. »
Il discutait. Assez facile pour les dignités et les honneurs, il l'était moins pour « l'assistance de deniers », en raison de son esprit d'économie. Il avait des mouvements d'impatience quand on lui réclamait des sommes élevées et presque toujours il baissait les chiffres. Les intermédiaires, sentant cette disposition, appuyaient sur la précarité des bonnes dispositions des candidats et
1. Maz. 2127, fol. 162 r», 164 v". L'auteur de Manifeste anglais adressé aux réformés de France sur les troubles et divisions de ce temps (Paris, 1621, in-12, p. 7), écrivait : « Pour la noblesse, hélas! ne savez-vous pas que depuis quinze ans il y en a plus de dix mille qui ont quitté notre créance... il y en a fort peu qu'une riche pension, qu'une charge et gouvernement ne fit aller à la messe plus vite que le pas. Enfin, messieurs, la religion de la plupart est aux enchères! » Voir aussi : Avis d'un vieil conseiller d'État, (s. 1.), 1620, in-12, p. 6.