Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 191 r
insistaient pour que Sa Majesté cédât : « Payez, ou vous n'aurez personne », disaient-il. M. de Valençay assurait qu'il n'y avait rien à faire « si on ne mettoit la main à la bourse »; il ajoutait hardiment : « il faut jeter de l'argent! » '.
Alors Louis XIII cédait, mais il insistait sur la nécessité qu'il y avait au moins à s'assurer que les conversions étaient réelles, — dans la mesure ou des changements de religion obtenus de telle manière pouvaient l'être, — en tous cas authentiques. Il prescrivait qu'on envoyât au personnage disposé à se convertir un religieux, jésuite ou capucin, pour l'instruire des principes de la religion - ; parfois il était d'avis d'organiser des conférences contradictoires entre prêtres catholiques et ministres protestants, par devant le néophyte, avec un ministre choisi à dessein, d'avance stylé, l'exercice se trouvant ainsi avoir d'excellents résultats.
En tous cas, il ne consentait à délivrer argent ou brevet que contre attestation que l'intéressé avait abjuré. C'était devant l'évêque du diocèse qu'il fallait procéder, ou devant les délégués de celui-ci, régulièrement autorisés par lui. L'évêque, — ainsi M. Pierre Scarron, « évêque et prince de Grenoble », — dressait un acte en latin, contresigné de son secrétaire, oiî il indiquait le nom du religieux qui avait procédé à l'instruction du converti et le
1. Maz. 2127, fol. 114 r°. « On ne peut rien faire sans argent », dit-il encore. Les correspondants voulaient qu'on leur donnât de l'argent en provision (fol. 3 r"). En réalité il étaient obligés de faire des avances et passaient leur temps k réclamer le remboursement de ce qui leur était dû. Nous avons nombre de réclamations de M. de Valençay (fol. 114 v°, 123 r° et v»), surtout de Visconli (fol. 24 v°, 39 V, 83 r°, 105 r", 151 v% 168 r").