Avenel, Lettres de Richelieu, t. I, p
amis, écrivait-il en août 1617, je suis résolu de couler doucement le temps parmi mes livres et mes voisins et de faire, en vivant de cette façon, que mes ennemis aient toujours plus de lieu d'envier mes actions que de les condamner. » A l'archevêque de Tours il mandait : « Je m'occupe aux fonctions de ma charge sans penser à autre chose'! » Etait-il sincère? Sa préoccupation de tous les instants ne devait-elle pas être, au contraire, de rentrer à Blois, de reprendre ce chemin du pouvoir qu'il avait trop tôt quitté? Il allait s'arranger en efîet pour que Marie de Médicis le réclamât; puis, de son côté, faire agir en cour, afin de préparer les esprits. Il trouva l'aide qu'il lui fallait dans un capucin habile, le P. Joseph.
Homme intelligent, actif, « esprit de feu qui a toujours eu de grands desseins en tête, » le P. Joseph devait être de ceux qui professeront pour Richelieu une admiration sans borne et un dévouement aveugle \ Richelieu savait qu'il connaissait Déageant. « J'ai su, lui écrivait-il, que vous voyez et estimez grandement M. Déageant, que j'ai toujours tenu pour être un de mes amis ». Il priait le religieux d'aller voir le confident de M. de Luynes, de lui parler de l'évêque, d'obtenir que Déageant intervint auprès de Louis XIII afin de ramener le souverain à des dispositions plus bienveillantes à l'égard de Luçon; il protesterait surtout de l'innocence de celui-ci, ainsi que de la pureté de ses intentions ^ Le P. Joseph se mit à