AVANT- PROPOS. VII
pas seulement un intérêt psychologique : elle a une portée générale. Dans une monarchie absolue comme est celle de la France sous l'ancien régime, le roi donne le ton à son règne. Entre les multiples éléments qui déterminent les événements historiques, l'action personnelle d'un roi « tout puissant », résultat nécessaire de ses qualités ou de ses défauts, compte pour un des plus essentiels. Si Henri IV, Louis XIV, Louis XV, ■ Louis XVI n'avaient pas eu respectivement l'esprit et l'humeur dont ils ont fait preuve, il n'est pas dit que l'histoire des deux siècles qui ont précédé la Révolution n'eut pas été modifiée. Dans la série des successeurs d'Henri IV, Louis XIII aurait-il seul fait exception? Sans songer à diminuer les services rendus par Richelieu et les mérites d'une intelligence dont l'activité sans égale, la précision et la souple fermeté font du cardinal l'homme d'État qui a le mieux su pratiquer en France l'art du gouvernement, ne peut-on pas se demander si le règne de Louis XIII, consacré avec tant de suite à une politique d'ordre, de discipline rigoureuse, de réalisations positives, s'explique exclusivement par le génie -du grand ministre et ne doit rien à la pensée ou au caractère du souverain? Le présent ouvrage est une contribution à l'examen de cette question.