‹ Le roi Louis XIII à vingt ansChapitre 42 sur 345 · Chaulnes, Relation exacte, p · texte numérisé non relu

Chaulnes, Relation exacte, p

LE COUP d'État du 24 avril I617. 71

personne n'était en mesure de le faire changer d'avis. Sur de nouvelles instances de la reine, la princesse de Conti alla s'habiller et sollicita du roi une audience immédiate. Louis XIII lui fit dire que, si elle venait en son nom, il était prêt à l'accueillir, mais que, si elle venait au nom de la reine sa mère, il refusait de la recevoir'. Marie de Médicis pria la dame d'honneur, madame de Guercheville, de chercher à se trouver sur le passage du roi, de se jeter à ses genoux et de faire appel à ses sentiments filiaux. Madame de Guercheville devait parvenir à parler au roi dans ces conditions. Louis XIII répondit froidement ce qu'il reconnoissoit bien la reine pour sa mère, mais qu'il estoit roi et qu'elle ne l'avoit pas traité comme fils par ci-devant; il la traiteroit néanmoins toujours comme mère : il ne la pouvoit encore voir qu'il n'eût donné ordre à ses affaires »-.

Entre temps, la jeune reine, Anne d'Autriche, chez qui Louis XIII s'était rendu, afin de la mettre au courant et la prier de ne se troubler de rien, ayant demandé au prince la permission d'aller consoler Marie de Médicis, le roi refusa ^ La comtesse de Soissons, sollicitant une autorisation semblable, subit le même insuccès. Devant ces instances, Louis XIII fit dire qu'il défendait à qui que ce fût, jusqu'à son frère Gaston et aux princesses ses sœurs, d'aller voir la reine-mère \ Il commanda à Vitry de prendre les mesures nécessaires afin que l'iso-

1. Elle accepta la condition imposée, eut l'audience et « y reçut le meilleur accueil du monde » (Ibid., p. 462).

2. Boucher de Guilleville, Lettres, dans J. Doinel, Concini, récit de sa mort. Orléans. 1883, in-8°, p. 10.

3. Bentivog-lio, Leltere, 18G3, t. I, p. 199; lettre du 26 avril 1617.

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