‹ Le roi Louis XIII à vingt ansChapitre 9 sur 345 · Richelieu, Mém., t. 1, p · texte numérisé non relu

Richelieu, Mém., t. 1, p

3. Ibid., t. I, p. 149, 150, 152. « Le commandeur de Sillery, écrit Richelieu (p. 149), m'a confessé qu'il avoit reçu plusieurs commandemens [de ce genre] de la reine. »

4. Dép. de l'ambassadeur vénitien du 18 avril 1617 (Bibl. nat., ms. ilal. 1771, p. 61). La reine donne des prétextes quelconques. Cf. B. Zeller, Louis XIII, Marie de Médicis, Richelieu, p. 109.

5. Voir ces lettres tout à fait sèches: Bibl. nat., Cinij Cents Coibert 86,

LE COUP D ETAT DU 2i AVRIL 1617. H

expliquer qu'elle ne l'ait pas chassé? Ceux qui savaient ses sentiments pour le maréchal ont cru à un « sort » et « aux charmes jetés par sa femme ' ». La réalité est que Marie, très attachée à Léonora, son amie d'enfance, n'a jamais su se séparer d'elle, et par suite de son mari. D'autre part, dans son peu de clairvoyance, elle s'illusionna sur la portée et les conséquences du pouvoir de Goncini. Pour elle, cet homme, ainsi qu'elle le fera écrire plus tard, n'était « qu'une idole jetée en fonte, dont la vie et le mouvement n'alloient que par les ressorts de l'esprit de sa femme » ; elle « n'eût jamais pensé que sa fortune se rendît suspecte ni que rien de grand dût avoir place en sa pensée. Elle s'imaginoit pouvoir le défaire aussi facilement qu'il avoit été fait »; elle avouera ensuite « qu'elle s'étoit trompée- ». Un dernier coup de Léonora Galigaï allait en effet, sans que celle-ci y eût songé, nouer définitivement la puissance politique de Goncini d'une façon qui devait le rendre maître du royaume, comme il l'avait prédit.

Anciens serviteurs de l'Etat vieillis dans la direction des affaires durant plusieurs règnes, les ministres, Villeroy, Jeannin, Sillery étaient d'àme trop régulièrement administrative pour ne pas opposer aux prétentions constamment renouvelées des Goncini, qu'ils

fol. 86 r", 115 v°, 212 r°; 87, fol. 34 v°. On peut suivre, dans les Mémoires de Richelieu, Goncini se trouvant d'année en année constamment mal avec Marie de Médicis {Mém., t. I, p. 48, 56. 57, 67, 93, 99, 132).

1. Plaintes à la roine mère, 1617, in-12, p. 3; Matthieu, la Conjuration de Conchine, p. 9, 10. « Elle était abusée par des arts magiques et inconnus! » (mots du premier président du Parlement de Paris au roi, le 25 avril 1617, dans Récit véritable de ce qui s'est passé au Louvre depuis le 2U avril, Paris, 1617, in-12, p. 6).

2. Le Limosin, p. 5. Marie de Médicis après sa chute n"a jamais cherché à défendre Goncini.

haïssaient, une sourde opposition continuelle. Léonora, particulièrement atteinte dans ses entreprises financières, — elle s'enrichissait efTrontément de toutes façons, — finit par se décider à les faire renvoyer. Ce fut laborieux. Les détails de la discussion du traité de Loudun dans laquelle, à son gré, ses intérêts avaient été méprisés par le g-ouvernement, la résolurent au dernier effort qui aboutit. Quand on Tinterrogera à son procès sur les causes qui l'avaient déterminée à congédier les anciens ministres d'Henri IV, elle répondra « qu'elle se plaignoit de M. le chancelier, de M. le commandeur, son frère, et de M. de Villeroy parce qu'ils n'étoient pas de ses amis et qu'ils n'étoient pas bons serviteurs de la reine mère ' ». Elle fit donner les sceaux au premier président du Parlement de Provence, l'honnête du Vair; mais celui-ci, peu souple et trop droit, la mécontenta vite; il fut remerciée Le 24 novembre 1616, elle décidait Marie de Médicis à appeler au ministère trois personnages choisis par elle : Mangot aux sceaux, Claude Barbin aux finances, Richelieu à la guerre et aux affaires étrangères.

Que ce soit elle qui ait désigné ces trois ministres sans que Concini l'ait conseillée ni même l'ait su

Page 1