‹ Le roi misèreChapitre 21 sur 98 · LE CHÀTBAU DE H. ARTHUR · texte numérisé non relu

LE CHÀTBAU DE H. ARTHUR

Le lendemain matin, sans avoir revu Gabrielle, il était parti pour Monnenville.

Arrivé à la station, il descendit dans la cour et jeta les yeux autour de lui.

Presque aussitôt un laquais s'avança à sa rencontre.

— Est-ce bien à M. René Dorval que j'ai Thonneur de parler ? demanda-t-il en portant la main à son chapeau.

— C'est bien moi, répondit René.

Sans ajouter une parole, le domestique le débarrassa d'abord de ses bagages, puis il se dirigea vers une calèche qui stationnait dans la cour.

Cette voiture, haut perchée sur huit ressorts, sans chiffre ni armoiries, était légèrement démodée, la couleur n'en était plus très-brillante, mais elle paraissait bien suspendue, et était attelée de deux chevaux vigoureux.

Le laquais ouvrit la portière, abaissa le marche-pied, et se mit de côté pour laisser monter René.

L'artiste y prit place sans trop d'étonnement.

Sur-le-champ les chevaux partirent et la calèche s'ébranla.

Après une heure d'une course rapide, René aperçut à travers les arbres jaunissants un toit d'ardoise, puis un château dont les persiennes étaient hermétiquement closes.

Le cocher tourna, enfila une avenue bordée de platanes, et s'arrêta devant le perron.

L'intendant de M. Arthur parut sur le seuil, et s'inclina, prêt à recevoir le jeune peintre.

Un tel silence se faisait autour de lui que René crut positivement se trouver dans un pays de mécaniques et d'automates.

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