L'ŒUVRE
seul manuscrit connu de l’idylle en vers intitulée Regnault et Jehanneton, après avoir fait partie de la bibliothèque du chancelier Seguier, passa dans celle de son petit-fils Charles du Cambout, duc de Coislin, évêque de Metz, qui le donna à l’abbaye de Saint- Germain-des-Prés où 1l demeura inscrit sous le n° 2337. Quand la Révolution supprima l’ordre de Saint-Benoît, cette bibliothèque ne fut pas fermée, mais le 2 fructidor, an II (19 août 1794), le feu prit au milieu d’un magasin de salpêtre qu’on avait eu l’imprudence d'établir au-dessous de la bibliothèque. Dans
les bâtiments qui lentouraient se trouvait un amas de bois et de charbon. Le feu fit rage.
Dans le tumulte de lincendie bien des volumes disparurent sans avoir été détruits par l'eau ou le feu. Un secrétaire de l'ambassade de Russie, Pierre Dubrowski put renouveler ici les trouvailles intéressantes qu’il avait faites lors de la prise de la Bastille. Il acheta.… par centaines, les lasses précieuses, les recueils de lettres originales et les manuscrits et enrichit de ces dépouilles historiques la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg. Le comte Hector de la Ferrière chargé d’une mission par le ministère de l’Instruction publique mentionne dans son rapport de janvier 1863 (1) le volume qui nous intéresse : Les amours du roi René et de
Jeanne de Laval, merveilleux manuscrit
dont chaque page renferme deux strophes, les miniatures capricieuses qui courent le long des pages, les légères arabesques qui s’enroulent autour des marges, tout est de la main du bon roi, artiste et poète (2).
(1) Voir aussi la mission de Gustave Bertrand en février 1873 (t. XXXI). ‘ (2) Cet ouvrage était déjà connu en France grâce
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