CITY
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prose et de vers, terminé le 12 juillet 1473, sorte de confession où à l’aide de ses chères allégories 1l étale avec un amer enjouement ses désillusions et ses désenchantements. Dans ses trois ouvrages on retrouve la même méthode, la même formule, toujours aimable, souvent délayée, toujours morale et toujours allégorique. C’est la marque du royal amateur qui se tient ainsi dans la mode des « séjours d'honneur »; nous ne la trouvons pas dans Regnault et Jehanneton. S’/ faut en croire Villeneuve- Bargemont, Jeanne de Laval goûtait peu la poésie de son temps (1); elle.préférait la nature, et là est, peut-être, le secret par lequel cette œuvre ne ressemble à aucune autre production
deuxième femme de Louis XI on trouva dans sa petite bibliothèque : « 1° le livre que le roi de Sicile envoya au duc de Bourbon avec la dance aux aveugles; 2° l'Abbuxé en court; 3° le Jardin des nobles ; 4° le petit livre appelé Triboulet, etc.
(1) Elle engagea Jean Gallopez clerc d'Angers à traduire en prose les vers de Guillaume de Guillerville, religieux de l'abbaye de Saint-Charles près Senlis, de l'ordre de Cîteaux, contenant les pélerinages de la vie humaine, de l’âme séparée du corps, de M. S. J.-C. Ces trois poèmes, ainsi traduits, furent très goûtés et imprimés à Lyon en 1485.
de son royal époux, à tel point qu’on se prend en la lisant à douter que ce fût lui qui lécrivit.
Dans les trois œuvres citées plus haut, René ne manque jamais de revendiquer avec une véritable vanité d'auteur sa paternité littéraire; ici rien de semblable. Dans cet instantané de campagne il est devant l'objectif, ce n’est pas lui qui opère; tout laisse supposer que c’est un familier, et ce tableau d’idylle dut plaire au roi puisqu'il en fit exécuter POUR SON PRIVÉ le manuscrit enluminé (1), dut plaire à la reine par la peinture exacte du paysage coutumier, à tous deux surtout par la discrétion de :
tant qu’à lourdault Ne me tiennent car icy fault Mon parler, sans en dire plus.
Le style est tout différent, alerte et vif, on devine l’auteur en souci « d’escrire fors aincy comme je sens (2) ». On découvre sous le moule obligé imposé par la tradition un besoin de
(1) On n’a dans aucun inventaire jusqu'ici retrouvé mention de copie manuscrite de cette pastorale.
(2) Allain Chartier au traité des Trois Vertus.
s'évader de la formule conventionnelle (x) et de peindre au vif le caprice champêtre de nos amoureux royaux. Au début nous trouvons encore linévitable description du printemps, mais ce n’est plus variante élégante d’un thème donné :
Ens uns beaus prés vers et jolis Asses près de bonne esperance Bregières et bregiers assis
Vi l’autrier en bonne ordenance.