‹ Le roi vierge: roman contemporainChapitre 5 sur 17 · G LO RI ANE · texte numérisé non relu

G LO RI ANE

qu'a se taisait — bien qu'il fût singulièrement bavard — dès qu'on parlait de la Pologne. Au demeurant, homme d'esprit, convive aimable, causeur lettré, ayant même écrit en français plusieurs comédies-proverbes qu'il eut le bon goût et la prudence de ne jamais faire jouer que devant des têtes couronnées.

Le lendemain, il fut introduit dans les petits appartements de la. reine par une femme de chambre toute de dentelles et de soie rose habillée, point trop jeune, mais jolie, pimpante, les gestes vifs, du rouge aux lèvres, du rose aux joues, du noir sous les yeux, Tair d'une Marton ou d'une de ces soubrettes de féeries qui accompagnent la princesse Aventurine vers le palais des Génies. Elle l'avait accompagnée en effet ; maintenant, elles étaient arrivées. La maîtresse était devenue reine ; la servante resta soubrette. Point de jupes courtes cependant j peut-être pour ne

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pas efifaroucher les évêques qui venaient s'entretenir quelquefois avec la souveraine. Mais elle n'avait jamais quitté les manières sournoises et furtives de celles qui reçoivent et donnent des billets doux et qu'on embrasse dans les frisons de la nuque en leur mettant une bpurse dans la main. Ce fut avec un air de mystère qu*elle dit au prince : « Sa Majesté va venir. » Il se sentit flatté. Il y a de vastes vestibules où se tiennent des huissiers imposants ; on Tavait fait entrer, sur les pas d*une camériste adroite, par des corridors qui ont Tair de se glisser autour des grandes salles pour ne pas être aperçus. Un peu romanesque, il se faisait Teffet de quelque confident du duc de Bukingham, venant demander à Anne d'Autriche la rose qu'elle avait eue hier soir dans les cheveux.

Il regarda autour de lui. S'il n*avait pas su qu'il était che2 la reine, il aurait pu se croire chez quelque belle impure, opulente et délicate.

La chambre était peu vaste : non pas une salle j mais un boudoir. Pour plafond^ un grand miroir, clair comme une eau limpide ^ que traVer* saient des chevelures de branches aquatiques couleur d'émeraudCj et où s'incrustaient des na-

cres blanches ici et là dorées, simulant des iris jaunes ou do pâles nymphéas. Un lac qui servait de ciel. Sur le satin blond des murs se plissaiei^t des Malines ; dans les coins, des glaces de Venise, oblongues, aux cadres de cristal fleuri, inclinaient leurs surfaces pures, que décoraient en reliefs opaques des Arlequins et des Colombines. Audessus des portes, d'où pendaient des dentelles avec des plis de robes, des lanternes d'Orient aux clochettes légères, aux fins croissants d'or, remuaient sous le moindre souffle leur clinquant précieux, Une pendule de Sèvres, pâle et fardée de rose, coquette et vieillotte, était comme une petite douairière parmi les brimborions de la cheminée, boîtes à pralines, miniatures anciennes, grêles bergères en biscuit, à jupes retroussées, le chaperon de fleurs incliné vers l'épaule, qui souriaient à des poussahs de Chine, ventrus, accroupis sur leurs jambes et remuant la tête en laissant pendre la langue. Puis, dans les coins, ou épars dans la chambre, des chaises de satin pâle aux pieds d'or, chefs-d'œuvre d'un tapissier moderne, des coussins tombés d'une chaise longue, et dont l'étoffe éteinte avait dû orner la chaire d'une châtelaine. Le luxe de jadis avoisinant la grâce

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d'aujourd'hui. Ces contrastes se fondaient dans une harmonie générale d'élégance et de . luxe doux ; et de toutes parts, des coussins, des chaises, des dentelles naguère frôlées, des miroirs où l'on s'était mirée, des porcelaines même qu'avaient touchées des doigts roses, émanait sensiblement une aromatique réminiscence de présence féminine. Il y avait des souvenirs de causeries rieuses, à voix basses, lèvres près des lèvres, dans le rapprochement des chaises qui se touchaient du pied ; ces coussins étaient tombés là pour qu'une amie familière à demi étendue pût s'accouder au genou delà souveraine, en levant les yeux vers elle! Le silence était plein d'un reste de chuchotements frivoles. Pourtant, devant l'unique fenêtre, un prie-Dieu étalait sur son vieux pupitre de noyer

un Evangile ouvert — un prie-Dieu très-ancien, sombre, sans ornements, dur et monacal, trouvé sans doute dans l'oratoire de quelque abbesge de

Burgos ou de Valladolid.

Il se fit un bruit de petits pieds rapides qui frôlent des tapis.

— La reine, pensa le prince Flédro-Schèmyl, tout enorgueilli.

Mais, la porte s'étant ouverte, il put à peine

cacher une moue de désappointement; celle qui était là, c'était la comtesse de Soïnoff.

P'abord, elle pouffa de rire. C*était sa façon de saluer les gens; comme elle était ambassadrice, ces jolis rires-là avaient failli créer d'assez sérieux embarras au gouvernement que représentait son mari. Par bonheur, il était convenu qu'elle était folle — bien que les gens avisés en doutassent un peu. On lui attribuait cette parole grave : a La vie est un jout de Mi-Carême. Quelques-uns se masquent, moi je ris. »

Elle avait la passion de se compromettre, et radresse de ne jamais être compromise qu'à moitié. Pas jolie, une frimousse au lieu de visage sous de courts cheveux qui s'ébouriffaient en frisons; trop brune et ne se fardant pas, maigre avec de si petits os, mais des braises dans les yeux et des piments aux lèvres ; toilettes hardies, au point qu'elle étonnait les filles ellesmêmes par l'inattendu de ses chapeaux ou la bizarrerie affolée de ses robes, et les femmes de la cour par la nudité de sa poitrine plate, couleur de cuir de Russie ; causeries presques libertines, où elle ne craignait pas de hasarder le mot vif et le geste qui souligne; regardant les hommes

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SOUS le nez et les femmes dans le corsage ; enragée de curiosités canailles, éprise aussi des belles choses, camarade perverse des divas de caféconcert, enthousiaste ptotectrice de Hans Hammer, le grand musicien d'Allemagne; ayant des amants, certes, et le laissant voir, mais ne Favouant à personne, pas même à eux dans le tête-à-tete, elle se permettait tout, avec Tair de ne rien permettre ; son audace défendait d*oser. On lui attribuait cent extravagances; aucune n'était prouvée. Elle avait une légende plutôt qu'une histoire. On chuchotait qu'on l'avait vue au bal de l'Opéra, en domino quelquefois, plus souvent en débardeur, la face nue, et le reste, comme disant aux gens : « Je vous défie de me reconnaître; » que, non pas jalouse, mais par gageure, elle avait rendu folle d'elle, en lui empruntant un travesti, une belle fille des Bouffes dont son mari était l'amant ; pis encore : qu'elle s'était prise d'un caprice sinistre et joli pour un célèbre clown qu'on allait guillotiner, et qui se nommait Aladin ou Papiol. Mais ces aventures étaient si excessives qu'elles étonnaient les médisants eux-mêmes; etcomme à tout prendre, l'innocence la plus douteuse est moins invrai-

semblable qu'une perversité pareiFe, la renommée de M"® de Soïnoff se tirait d'affaire, tant bien que mal, par l'incroyable. D'ailleurs, on redoutait la comtesse à causç de l'amitié de la reine. La crainte s'achève en respect; On passe tout à qui peut tout. En somme, une petite créa-

ture frivole, mais qui pouvait être terrible ; méprisée à demi, tout à fait adorée, de qui l'on disait à voix basse tout le mal imaginable^ à voix haute tout le bien possible ; abominablement dépravée sans doute, et peut-être vertueuse ! Etonnante.

Elle dit sans cesser de rire :

— Mais à quelle heure venez-vous, prince Flédro ? Le jour est-il levé ? Les mœurs allemandes, toujours. Les femmes, là-bas, mettent leurs corsets avant l'aurore, à l'heure où nous retirons les nôtres. C'est fort heureux pour vous que j'aie couché au Château ; sans cela vous n'auriez pas été reçu. Je vous assure qu'il n'y a d'éveillés ici que moi et un petit rouge-gorge qui vient frapper du bec, le matin, à la vitre de ma croisée.

Elle disait cela avec un air de frissoniier, en croisant devant son cou les dentelles d'une mantille dont les longs bouts retombaient sur un

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peignoir de foulard paille, tout serré contre elle, appliqué aux brisures du petit corps maigre ; et il sortait de son frisson Todeur un peu chaude, exquise, du lit récent.

Elle reprit :

— Vous permettez que je me couche sur la chaise longue ? C'est qu'il fait très froid ce matin ! Et maintenant, de quoi s'agit-il, parlez, que voulez-vous ?

Un peu étourdi par ce bavardage, un peu charmé aussi par ces gestes grêles et vifs et par un parfum qui avait de quoi plaire à son expérience libertine, le prince était fort mécontent néanmoins ; il dit, après un salut profond :

— Sa Majesté m'avait laissé espérer...

— Que vous seriez reçu par elle môme ? Oh !

prince, vous n'y pensez pas. Mais tout le monde aurait su la chose, — peut-on se cacher lorsqu'on est reine ? — et les gens auraient fait mille histoires. Car, enfin vous devez venir de la part du roi Frederick ; ce n'est pas pour rien que vous avez fait trois cents lieues, que vous étiez hier soir à la maison Pompéienne, un peu en avant des autres, sur le passage de Sa Majesté. Vous êtes chargé d'un message, certainement ; et la politi-

jii^ .j 11 a I ■ 1 I I I - '■ "1 — ri - ■ -

que n'est pour rien dans raffaire. Croyez-vous que l'on ne se rappelle pas ce qui s'est passé quand Frederick II est venu rendre visite à son royal cousin et à sa royale cousine ? Ah ! le pauvre petit roi ! Je me souviendrai toujours de la mine qu'il avait. Un joli homnie d'ailleurs. Un peu trop bien coiffé. Mais les yeux sont très doux. Svelte comme il est, on eût dit d'une longue jeune fille en habits blancs de général ! Seulement, il se rendait ridicule, oui. Des soupirs à fendre le cœiir, des regards qui avaient Taîr do rendre Tâme ; tout à fait les façons d'un fiancé allemand, lorsque Gretchen ou Charlotte n'est pas venue à l'heure dite sous les tilleuls de la promenade. Et, le jour du départ, ce fut bien pis ! Je vous avoue que je mourais d'envie de rire. Il avait les paupières toutes gonflées de larmes ; il n'osait pas bouger, il regardait de côté, en se tenant les mains, comme un Lubin de comédie.

S'imagine-t-on cela? se rendre amoureux d'une reine, quand on est roi ! Tout mystère est impossible. Il faudrait correspondre par le moyen des ambassadeurs ; pas de billets doux, des lettres de créance, les moindres bouderies consignées dans des protocoles, et, en cas de querelle, desultima-

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tums. Le plus furtif rendez-vous serait de l'histoire. Voyez le bruit qu'ont fait les aventures de Cléopâtre et d'Antoine, et encore Cléopâtre était veuve, de beaucoup de gens. Enfin, le roi votre maître avait cette absurde fantaisie. Oh ! je crois qu'il était sincère ; et la reine qui est meilleure que moi avait pitié de lui, un peu. Mais ce fut un très grand scandale ! Et vous voua êtes imaginé que Sa Majesté s'exposerait en vous recevant elle^ même à faire renaître le bruit de cette aventure déjà vieille, oubliée ? Point du tout. Me voilà, moi. De quoi vous plaignez-vous? Vous ôtes presque ambassadeur et je suis tout à fait ambassadrice. Allons, dites, parlez, que veut le roideThuringe?

— Offrir à Sa Majesté la reine l'hommage respectueux de son fidèle dévouement, dit le prince Flédro-Schèmyl, diplomate.

— Oui, oui. Après ?

— Rien de plus, reprit-il, Tair plus clos encore.

Elle fut toute secouée d'un petit rire, comme une marionnette dont on tire à lu fois tous les fils.

— Oh ! le mystérieux ! dit-elle en se moquant.

Vous êtes de Tancienne école. Se tenir sur le quivive, parler par monosyllabes. Talleyrand, tout à fait. C'est le vieux jeu ! comme disent les petits journalistes. Prenez exemple sur moi, qui parle toujours et ne dis jamais rien.

Il garda le silence.

— Mais, continua-t-elle avec une jolie moue effrayée, c'est donc très-grave, ce que votre roi demande? Il n'a pourtant pas la renommée d'être un don Juan bien formidable. Il ne tient guère de son aïeul toujours prêt à abdiquer pour Tamour d'une belle fille qui avait dansé sans maillot au théâtre de la Porte-Saint-Martin. Vous savez ce que l'on raconte de Frederick P' ? Quand il arriva au Paradis, Saint-Pierre s'écria : a Voici le roi Frederick, enfermez les onze mille vierges?» Votre maître est plus réservé ; on n'a pas besoin de cacher les jeunes filles quand il vient. Il ressemble plutôt à Frederick de Souahe, — je suis très pédante, c'est convenu, — qui mourut de continence, en Palestine, pour n'avoir pas voulu se laisser déshabiller par la nièce d'un Sarrazin . Est-ce vrai, dites, que votre maître n'a jamais osé entrer dans la salle où son grand-père a réuni les portraits des plus belles créatures de son

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temps, et que, les jours de bals officiels, il s'échappe, monte à cheval et se réfugie chez sa vieille nourrice dans les montagnes, tout effaré d'avoir vu des gorges et des bras nus de femmes? C'est très ridicule, cela. Vous devez vous ennuyer considérablement à Nonnenbourg avec un roi pareil. Gé n'est pas une cour, c'est un couvent, et beaucoup de couvents sont plus gais. On dit aussi qu'il refuse de se marier. li'archiduchesse Lisi en est fort attristée. Pauvre mignonne ! je l'ai connue toute petite. Elle promettait de ne pas être laide, pour une Allemande. Vous n'auriez pas une reine éclatante, mais le roi aurait une bonne femme. Eh ! qu'il Tépouse donc! Faut-il qu e je me mêle du mariage? Non, je sais, il ne veut pas. II reste le « fiancé de la musique ». Il a ce froid et entêté caprice. Aussi je ne suis pas du tout effrayée de son amour pour notre reine à nous. C'est une tendresse qui est un rêve. Sa Majesté l'a charmé parce qu'elle est lointaine, divine, impossible. Oui, ouijje me figure tout cela. Vous pouvez donc me dire ce qu'il exige. Une parole de pitié, un ruban qu'elle a porté, peut-être ? Oh ! ces faveurslà lui suffisent.

— Ainsi, je n'aurai pas l'honneur de voir la

reine? dit le prince Flédro-Sclièmyl après un silence.

Elle répondit sèchement :

— Non.

Alors il se décida à parler.

Ce que le'roi Frederick demandait, ce que lui, prince Flédro, messager confidentiel, était chargé d'obtenir, c'était un portrait de la reine.

— Un portrait? dit la comtesse étonnée. Il n\a pas de portraits d'elle? Mais on en vend partout. C'est l'usage. A toutes les vitrines, entre le mien et celui d'une écuyère du cirque. Que ne môle-t-on pas à présent ? Notre image s'encanaille. Oh ! moi, j'en ai beaucoup, des portraits de la reine, et je vous en donnerai autant qu'il vous plaira d'en avoir !

— Mon maître demande à genoux, un portrait qui lui serait envoyé par Sa Majesté elle-même.

Elle prit une mine très grave. L'air d'une poupée sérieuse.

— Impossible , prince Flédro ! Tout à fait impossible . Ce serait une faveur considérable et compromettante. Pour qui nous prenez-vous? Je trouve que votre vertueux roi se montre très impertinent! Que s'est-il donc

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laissé dire? Ah! oui, autrefois, nous étions imprudentes et folles un peu. C'était la mode. Pais, la griserie du commencement ! On ne regardait pas à un sourire perdu et ramassé. Maintenant nous faisons des économies. Cela nous divertissait de bavarder avec cette bonne grosse fille qui chantait la Gardeusc d'ours aux petites fêtes du Château. Nous allions aux premières, très décolletées, pour populariser notre beauté. Et beaucoup d'autres extravagances. Mais ce temps est passé. Nous sommes sévères et dignes ; nous sommes dévotes aussi. Nous avons de gra- Ves pensées. Nous parlons politique pendant qu'on nous coiffe. Il faut songer à l'avenir de la dynastie . Les républicains nous tourmentent beaucoup. Vous ne lisez donc pas les journaux ? Un cataclysme serait fort possible, si l'on ne prenait garde. Nous nous observons, parce qu'on nous regarde. Nous allons encore au Bois, mais les roses sont coupées. Et puis, trentequatre ans. Pas moi, — elle ! Presque des matrones. Notre portrait? En robe de bal peutêtre, avec la peau qu'on voit? Ah ! mais il n'est pas chaste du tout, votre Frederick II ! Je ni'Â plains, et je vous en félicite ; vous fereï quel-

plains, 6t je vous en félicite ; vous ferez quelque chose de lui. Enfin, ne comptez pas du tout sur le portrait. Moi d'abord, je m'y oppose. Je ne lui donnerais pas même le mien, s'il me le demandait !

Le prince Flédro-Schèmyl montrait une mine désolée. Il s'inclina profondément en poussant un long soupir et fit un pas vers la porte.

— Oh! mais, dit-elle en s'asseyant sur la chaise longue et en ramassant entre ses genoux les plis de son foulard paille, vous ayez Tair d'ôtre au désespoir, monsieur l'ambassadeur? Voyons, revenez, et dites-moi tout. Que vous avait-on promis, en cas de réussite ?

Le prince Flodro se rapprocha.

— Je vais être franc.

— Sans doute. Est-ce qu'on ment !

— J'espérais une très haute récompense. '

— On vous faisait ministre pour Tamour d'un portrait ?

— Moins que cela.

— Aussi, je m'étonnais. Ne vous fâchez pas!

Vous comprenez mal ce que je veux dire. J'entends qu'il y a des fonctions, non moins élevées, qui vous conviennent mieux.

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— Mais celles que vous exercez en ce moment, par exemple, dit-elle en pouffant de rire. Elles n'ont rien que de fort glorieux, du reste. Mercure était un des douze grands dieux.

Ceci le dérida. Il renonçait à être imposant. Il devint tout à fait bon enfant.

— Le roi m'avait promis, dit-il, de me nommer surintendant des théâtres de Nonnenbourg. Vous devinez ma joie. J'aurais fait représenter l'un après l'autre tous les drames lyriques de Hans Hammer ! mais non pas avec la parcimonie des imprésarios vulgaires. Ayant les coffres de l'Etat pour caisse directoriale, c'est par Mackart ou par Hcnner que j'aurais fait peindre les décors, et je voulais engager un ange pour jouer le rôle du Chevalier-au-Gygne.

Elle le menaça du doigt en le regardant de côté. •

— Pas mal, dit-elle. Ceci est habile. Vous connaissez ma folie.. On vous a conté l'histoire d'un éventail brisé sur le rebord d'une loge. Mais, ajrouez une chose : vous auriez joué vos comédies

aussi ?

— Jamais !

— Allons, vous êtes un homme de goût.

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