‹ Le rôle de l'aspiration forcée intra-pleurale dans le traitement des pyothorax tuberculeux en présence de perforations pleuro-pulmonaires évidentesChapitre 23 sur 53 · I. - AMELIORATIONS IMPORTANTES · texte numérisé non relu

I. - AMELIORATIONS IMPORTANTES

Toutes les observations placées sous cette rubrique sont incomplètes, les malades étant encore en traitement à l’heure actuelle, mais nous n’avons pas hésité à les publier afin de montrer l’amélioration importante, locale et générale, dont ont bénéficié ces malades « condamnés », et il y a tout lieu “espérer que dans un avenir prochain, la guérison étant survenue entre temps, plusieurs de ces observations pourront être classées parmi les succès complets de la méthode, Toutefois, comme cela s’est produit dans les observations n° 23 et 26, il faut prévoir que dans tous les cas l’aspiration forcée ne donnera pas tout le résultat désiré; un traitement com-

plémentaire pourra être nécessaire pour faire disparaître une

cavité pleurale résiduelle, un trajet fistuleux pleuro-pulmonaire persistant.

Si parfois l’aspiration discontinue a amené une certaine réduction de la cavité pleurale, son insuffisance nous a conduit à réaliser l’aspiration continue. D’autres fois, nous ÿ avons recouru de suite, vu l’impossibilité de maintenir une dépression intra-pleurale suffisante. Enfin, certains de nos malades étaient porteurs à leur arrivée d’une pleurotomie précédemment réalisée; nous nous sommes alors contentés

de les mettre en aspiration forcée continue.

OBSERVATION N° 17. M. Paz. —— Tuberculose massive du lobe supérieur droit, traitée par un pneumothorax droit par le docteur Labesse, à partir du 9 avril 1935.

Réaction liquidienne à partir de juillet 1935. Liquide purulent.

UARO TE

Ponctions successives. Vomiques répétées nécessitant une pleurotomie le 1° septembre 1935,

En février 1936, lavages au bleu de méthylène. Le pus continue à s’écouler sans changement : 500 cmc, par semaine.

Le malade entre à la clinique des Fougerays le 1° février 1938. On constate l’existence d’une pachypleurite considérable recouvrant une cavité pleurale qui remonte très haut vers l’apex. De petites expectorations purulentes montrent la persistance de la perforation pleuro-pulmonaire.

Le malade est mis en aspiration continue. La dépression pleurale doit être abaissée progressivement à — 50 cm. de mercure en raison de l’énorme pachypleurite. La cavité pleurale devient de plus en plus réduite et se réduit à un mince trajet qui persiste en dépit de la prolongation de l’aspiration,

Le malade rentre chez lui et continue l’aspiration avec un appareil portatif.

Le malade aux dernières nouvelles restait très amélioré, mais le docteur Bernou n’a pu le contrôler lui-même.

OBSERVATION N° 18. M. de Vul.. — Début de la maladie en octobre 1924, par hémoptysie avec température à 40° qui dure quelques mois, l’expectoration est positive.

Une radiographie pratiquée en janvier 1925 montre une volumineuse caverne du lobe supérieur droit, on commence alors par un pneumothorax qui est bridé par de multiples adhérences ; chaque insufflation provoque une hémoptysie ; ce pneumothorax est cependant entretenu par le médecin traitant. En mars 1925, réaction pleurale avec température à 40° pendant deux mois. En mai une ponction exploratrice ramène du liquide purulent. Le malade est alors traité par des ponctions suivies d’injection d’huile goménolée en hyper-pression ; la dernière injection provoque une fistule pleuro-cutanée qui se cicatrise en dix mois par l’héliothérapie, quoique l’expectoration soit restée positive. Le malade fait alors un séjour à Grasse où il est traité par des ponctions simples. En 1927, l’analyse des expectorations est négative et la plèvre est symphysée. À part une petite poussée évolutive de courte durée, en décembre 1927, le malade reprend une vie normale ; il n’y a rien à signaler jusqu’en septembre 1938.

À ce moment, après un séjour à la mer où l’ancien malade a fait beaucoup de sport, apparition de fatigue et de douleurs dans le côté droit, sans température, mais avec bronchite légère qui guérit rapidement.

En janvier 1939, reprise de la bronchite et des douleurs dans le côté ; à ce moment la température monte progressivement de quelques dixièmes tous les jours. Un examen radioscopique pratiqué le

20 mars montre un épaississement pleural en bas, et en avant de la ligne axillaire. Une ponction exploratrice faite à ce niveau ramène 5 cmc. de liquide séreux légèrement trouble, Une deuxième ponction pratiquée le 6 avril ne permet pas de trouver de liquide. L’épaississement sous-pariétal augmente et s'étend vers la partie haute @e l’hémithorax. Le 12 avril le malade est pris de quintes de toux qui durent environ une demi-heure et pendant lesquelles il expectore des crachats épais et visqueux ; entre les quintes, les expectorations ont le type des crachats bronchiques. Tempéra- : ture 39°. 5 analyses d’expectoration sont négatives. La radiographie montre alors une poche pleurale axillaire surtout étendue vers la base avec des niveaux liquides et de multiples cloisonnements, tout le sommet restant sÿmphysé. La température baisse et redevient normale pendant quelques jours, puis remonte progressivement à 39° où elle se maintient une huitaine de jours. Les expec- + torations de crachats visqueux réapparaissent alors et dès le len- | demain la température baisse de nouveau. Cette température sinu- soïdale continue ainsi pendant six semaines, jusqu’à l’arrivée du | malade à Châteaubriant où l’on constate la présence d’une importante poche pleurale remontant jusqu’à l’apex et descendant en bas jusqu’au diaphragme, contenant du pus très épais et très vis- |. queux, et d’une perforation pleuro-pulmonaire ; en outre la paroi thoracique est très fortement infiltrée et œdémateuse. (On fait alors une pleurotomie (docteur Fruchaud)., Le malade est traité par l'aspiration continue.

On n’ose proposer de thoracoplastie en raison du mauvais état - général du malade et surtout dans la crainte de rencontrer une pleurite caséeuse friable ; on se contente d’une aspiration à basse tension relative (— 3 puis — 4 ou — 5 cm. de Hg.) de peur de bloquer des foyers caséeux suppurants dans la poche. La dépres- | sion est faite juste assez pour améliorer l’exsudation par un « lavage -séreux », assurer un drainage parfait, tout en rapprochant lentenent les feuillets pleuraux. On arrive peu à peu au résultat que - Von se proposait d'obtenir : la température baisse alors progres- sivement pour redevenir normale en deux mois environ ; la quanà | tité du liquide pleural diminue progressivement ; il dolor de * moins en moins purulent ; son volume qui était au début de | 200 cmc. par jour, tombe à 30 cmc. En même temps, l’état général äu malade s'améliore d’une façon importante, - Le 20 juillet 1940, la plèvre paraît totalement symphysée ; le malade ne conserve plus à la base qu’un trajet pleuro-cutané he de 6 cm. environ dont 5 cm. dans la paroi et environ 1 cm. dans “la plèvre, trajet qui résiste à la mise à la pression atmosphérique. Lx Au début de septembre 1940, un contrôle lipiodolé fait en position déclive montre que Île trajet très étroit remonte en arrière

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