‹ Le rôle de l'aspiration forcée intra-pleurale dans le traitement des pyothorax tuberculeux en présence de perforations pleuro-pulmonaires évidentesChapitre 45 sur 53 · FESSES · texte numérisé non relu

FESSES

Le

faciliteront l'examen minutieux du moignon pulmonaire qui permettra de déceler la moindre lésion ouverte du poumon qui nécessiterait une thoracoplastie partielle préalable afin de compléter le collapsus. En l’absence de toute lésion évolutive on laissera après la ponction une pression négative dans la plèvre. On s’assurera en même temps qu'il n’y a pas per- | foration pleuro-pulmonaire large et que la pression négative réalisée dans la cavité pleurale « tiént ».

Après ces premiers temps on fera suivre chaque évacuation et lavage d’une extraction de gaz « de facon à assurer le degré de détention que lon désire ». On terminera par une (l aspiration légère de gaz abaïssant la pression à —— 10, puis les jours suivants à 15, — 20, 30, de façon à arriver, nous dit Monaldi, dès la fin de la première semaine à — 50,

— 60 cm. d’eau. En effet il est absolument indispensable de commencer l'aspiration par des dépressions très faibles qui pe seront augmentées que progressivement et d’atteindre la dépression « optima » qui permettra la mise aussi parfaite que possible du poumon à la paroi. Si la plèvre n’est pas épaissie, le poumon n’a pas besoin de fortes dépressions pour reprendre son expansion complète; au contraire, si la plèvre viscérale est épaissie, l’aspiration discontinue ne donnera pas toujours le résultat désiré, l’aspiration continue sera alors préférable. En effet, en présence d’une pachypleurite importante la dépression ne tient pas longtemps car les fortes dépressions provoquent l’apparition dans la cavité pleurale d'un épanchement séro-hémorragique, véritable saignée séreuse, qui n’est pas aussi préjudiciable qu’on le penserait

intra-pleurale et écarte à nouveau les deux feuillets pleuraux. Aussi si on a recours à l’aspiration discontinue, faut-il procéder à des soustractions de gaz et liquide intra-pleuraux

| > chaque fois la cavité pleurale » (docteur Thibault); et c’est en cela surtout que la méthode se différencie des anciennes __ ponctions évacuatrices, qui d’ailleurs, si elles se montraient parfois efficaces, ne recherchaient pas à maintenir d’une

(docteur Thibault) mais qui élève rapidement la pression

avis «un rythme régulier et fréquent, asséchant à

se

facon systématique une forte dépression intra-pleurale dans le but de provoquer la réexpansion progressive du poumon.

En présence d’épanchements épais, grumeleux, quelques lavages au moyen de solutions antiseptiques précédant l’aspiration pourront faciliter et permettre leur plus complète évacuation. Il en sera de même en présence de magmas fibrino-caséeux, de couennes pleurales qui doivent être éliminés à travers le trocart si l’on veut obtenir la symphyse pleurale; toutefois, si la chose est impossible et si le résultat de l’aspiration discontinue ne se révèle pas assez rapidement favorable on aura avantage à faire sans trop tarder une pleurotomie a minima qui permettra de réaliser l’aspiration continue.

Ces aspirations devront au début du traitement être répétées très fréquemment et à un rythme très régulier : deux à trois fois par semaine pour MM. Thibault, Vicaire, Magdinier et Peltier; nous préférons les réaliser tous les deux jours et même, dans certains cas, tous les jours. Au bout d’un certain temps, suivant les progrès de la symphyse, la reproduction plus lente de l’épanchement, on pourra se contenter d’une aspiration tous les trois jours, mais ces délais ne devront être plus espacés que très tardivement.

Comme le font remarquer avec beaucoup de justice les auteurs précités, la difficulté est de savoir quand l’on doit considérer le succès obtenu; « on n’a en effet, alors, aucune « indication précise, du moment que l’on doit arrêter les « séances; il semble qu’il arrive un moment où la poche « est très réduite et où le liquide résiduel ne présente aucune « réinfection et n’empêchera pas la progression d’une sym- « physe largement amorcée » et les auteurs pensent qu’il vaudrait peut-être mieux à ce moment arrêter les aspirations. Nous pensons qu'il vaut mieux que le traitement se trouve abandonné de lui-même du fait de l'impossibilité de retrouver, après plusieurs. ponctions exploratrices, la cavité résiduelle, ou lorsque chaque aspiration ne permet plus de ramener que quelques centimètres cubes de liquide.

Evidemment une surveillance radiologique très minutieuse, dans les jours, les semaines et même les mois qui suivront, sera indispensable afin de déceler précocement le plus léger décollement pleural afin de reprendre au plus vite l’aspiration si la chose était nécessaire.

L'aspiration discontinue sera donc surtout utile dans les pyothorax en rapport avec une fissure pleuro-pulmonaire étroite, en l'absence de lésions évolutives du moignon pulmonaire. I ne saurait, souvent, en être de même dans les pyothorax en rapport avec des perforations larges et permanentes, de date ancienne, à plèvres très épaisses, recouvertes de magma fibrino-caséeux et de productions pathologiques plus ou moins organisées. Il ne faudra pas trop s’attarder, dans ces cas, à attendre de l’aspiration discontinue un résultat qu’elle ne saurait donner, mais recourir rapidement à l’aspiration continue après pleurotomie. ;

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