AD LE RÔLE DE L'OSMOSE
- On peut arriver à la mème conclusion par une expérience très simple. Des feuilles d'Elodea, plongées dans une solution très étendue d’éosine, sont expo- sées, les unes à la lumière solaire à 31°, les autres à une lumière diffuse très faible dans une étuve à 33°. Au bout de deux heures environ, le protoplasma est coloré en rouge dans presque toutes les cellules exposées au soleil, tandis qu'il est complètement incolore dans les cellules maintenues à la lumière diffuse. La lumière solaire a donc augmenté la perméabilité du protoplasma.
Le protoplasma réagit vis-à-vis de la lumière et surtout de la lumière solaire en devenant plus perméable. La lumière, comme la chaleur, détermine une sorte de relächement du protoplasma, d’'élargissement des pores de la membrane. Nous verrons, dans l’étude de la transpiration, le rôle très important de cette propriété.
Perméabilité pour l’eau. — Jusqu'à présent, nous ne nous sommes occupés que des variations de la perméabilité pour les matières dissoutes. On peut rechercher si la perméabilité pour l’eau ne varie pas en mème temps et sous l’action des mêmes circonstances. Lepeschkin a étudié à ce point de vue l’action de la chaleur sur les cellules épidermiques des feuilles de Tradescantia.
Les cellules sont plasmolysées, soit avec du nitrate de potassium à 2 0/0 environ, soit avec du saccharose, dans une petite cuve qui permet de les observer au microscope tout en maintenant la température constante. On mesure ainsi le temps nécessaire’ pour que la plasmolyse soit complète. La plasmolyse étant déterminée par la sortie de l’eau à travers la membrane protoplasmique, on peut admettre qu’elle sera d'autant plus rapide que le protoplasma est plus perméable à l’eau. Dans deux expériences faites à
VARIATIONS DE LA PERMÉABILITÉ Ai
des températures différentes, la perméabilité sera … donc inversement proportionnelle au temps nécessaire pour amener la plasmolyse complète.
Une seconde méthode, fondée sur le même principe, mais en quelque sorte inverse de la précédente, . consiste à mettre dans l’eau pure une cellule déjà plasmolysée et à mesurer le temps nécessaire pour que la turgescence soit rétablie. Dans cette expérience, l’eau rentre dans la vacuole à travers le pro- . toplasma, au lieu d’en sortir comme dans le cas de la …. plasmolyse.
Les deux méthodes donnent des résultats à peu près identiques; j'indiquerai seulement ceux de [a première. Le tableau suivant montre, pour chaque
température, le temps nécessaire pour que la plas- … molyse soit complète dans le nitrate de potassium; 14 la perméabilité est mesurée par le rapport inverse des temps en prenant pour unité la perméabilité à 0°. il température temps perméabilité
La perméabilité varie donc sous l'influence de la. ï température à peu près de la même façon pour l’eau … que pour les substances dissoutes. Les choses se passent comme si une élévation de température élargis- À sait les pores des membranes protoplasmiques et À
Nous admettrons, en généralisant ces résultats, que toutes les circonstances, qui augmentent ou diminuent la perméabilité pour les substances dissoutes, aug- - mentent ou diminuent de la même façon la perméa- … bilité pour l’eau et réciproquement.
AD ol ce RGB DE LOSMNOSE
Semi-perméabilité et perméabilité. — La per- : méabilité de la membrane protoplasmique, comme toutes les propriétés qui caractérisent la matière vivante, est donc très variable; elle est sous la dépendance des conditions extérieures, change avec lorgane que l’on considère ou l’âge des cellules, et a des valeurs très différentes suivant les espèces.
La semi-perméabilité complète qui s'oppose au passage des substances dissoutes est une limite qui n'est presque jamais atteinte; tout au plus certaines cellules épidermiques ou à l’état de vie ralentie s’en rapprochent-elles. D'autre part, on ne trouve guère de protoplasma vivant tout à fait perméable c’est-à-dire tel que les solutions le traversent suivant les lois de
la diffusion et de la pesanteur, comme un simple. papier-filtre. Au point de vue de la filtration des liquides, les propriétés du protoplasma sont toujours intermédiaires entre la semi-perméabilité qui arrète les substances dissoutes et la perméabilité qui laisse tout passer avec la même vitesse.
On comprend que c'est là une nécessité physiologique. La semi-perméabilité complète, en rendant impossible aussi bien l'absorption que les échanges de cellule à cellule, ne saurait convenir qu’à la vie ralentie et empêcherait toute nutrition, toute croissance. D’autre part, avec un protoplasma. qui laisserait échapper les substances dissoutes en même temps que l’eau, suivant les lois de la diffusion, là vie ne serait possible que dans des conditions très particulières. Dans un milieu aquatique par exemple, une cellule ne pourrait conserver que des matières solides ou tout au moins à l’état colloïdal.
Nous allons voir, dans les chapitres qui suivent, comment le bon fonctionnement des organes est assuré par un degré convenable de la perméabilité des membranes protoplasmiques.
de d’Arsonval; phie.)
renferme l'historique et la bibliogra-
Plasma Membran fur gelôste Stoffe. (Berichte der deuts-
.. chen Bot. Ges. t. XXVII, 1909.)
Lepescakin. — Zur Kenntniss der Mechanismus der photonas-
…. tichen Variationsbewegungen. (Beihefte zum botanischen » Centralblatt, t. XXIV, 1909.)
Prerrer. — Osmot. Untersuchungen, 1877. du PFEFFER. — Zur Kenntniss d. Plasmahaut und d. Vacuo- Holden: 1890.
VAN RiSSELBERGHE. — Influence de la température sur la per- meéabilité du protoplasma vivant. (Ac. roy. de Belgi- Dque, 1901.)
Va RISSELBERGHE. — Réaction osmotique des cellules vege-
tales à la concentralion du milieu. Bruxelles 1899.
Se.
æ (eo & > > Q ra) A = RS &:
S D > = se © à. @ à > Q a * LS Fe © Co S S S.