ABSORPTION
Structure des racines jéunes. — L’absorption se fait presque exclusivement par la région voisine de l'extrémité des jeunes racines. À quelques millimètres du sommet, et sur une longueur variable mais qui dépasse rarement 3 ou 4 centimètres, on voit plus ou moins nettement, tout autour de la racine, comme un manchon de poils très fins ; ce sont les poils absorbants, dont la fonction est d'emprunter au sol les liquides nécessaires à la vie de la plante. Si l’on examine une coupe (fig. 6) faite dans le sens de la longueur de la racine, on voit que les poils absorbants ne sont autre chose que les cellules périphériques de la racine; ils sont formés par une membrane de cellulose entourant le protoplasma et la vacuole centrale, comme dans une cellule vivante ordinaire.
À l’intérieur de l’assise pilifère, se trouvent les cellules de l’écorce c; on sait que l’assise la plus interne de l’écorce ou endoderme, end, a une structure spéciale. Sur les faces radiales de chaque cellule, et
Suivant un cadre continu, la paroi est plissée et subérisée, c’est-à-dire transformée en une matière analogue au liège; et les cadres de deux cellules voisines se correspondent de facon à former une ceinture continue tout autour de la racine. En suivant les parois, on ne peut donc passer de l’écorce au cylindre
Fig. 6. — Coupe longitudinale dans une jeune racine: », poil absorbant; c, cellules de l'écorce; end, endoderme; +, vaisseau.
central qui est à l’intérieur de l’endoderme qu’en traversant un cadre subérisé,.
… Après l’endoderme, se trouvent encore une ou plusieurs assises de: cellules parenchymateuses, puis viennent les vaisseaux du bois v destinés à conduire la sève vers les parties supérieures de la plante. Ce: sont des tubes ne renfermant plus de protoplasma et généralement remplis d’un liquide clair.
Tandis que les poils absorbants et les cellules parenchymateuses, y compris l’endoderme, sont des éléments vivants où la membrane de cellulose est doublée intérieurement d’une couche protoplasmique plus ou moins semi-perméable et entourant une vacuole, les vaisseaux du bois sont des éléments morts limités par une membrane perméable.
Nous allons voir par quel mécanisme l’eau chargée
“on la préserve de l’évaporation, et surtout si les” feuilles sont exposées au soleil. Il est facile de rattaer ce fait aux propriétés osmotiques des cellules. Soit p le pouvoir osmotique du liquide dans lequel ont placées les racines, p,, Pa, Ps Pan les pouvoirs smotiques respectifs d’un poil absorbant et des Ilules que l’on rencontre en allant du poil absorant vers le vaisseau du bois v, et dy, to, ls, ln les turgescences de ces mêmes cellules. Voyons quelles ront les conditions de l'absorption de l’eau. Far est d’abord indispensable que le pouvoir osmo- : 1 que p du liquide extérieur soit plus faible que le LvOir osmotique pi du suc cellulaire du poil ; sans
pour qu’elle en sorte. La quantité d’eau absorera donc d'autant plus grande que », sera plus :
seront égales à celles qui l’attirent dans la cellule, c’est-à-dire lorsque | !
Pi + {2 = pa + bi, OU Da ee la = Pi a à À On aura de même :
Pa = Ps — = Pa — L = pi — 4 = p.
Voyons maintenant les conditions d'équilibre entre le vaisseau v et la cellule voisine qui a un pouvoir osmotique pet une turgescence {, . Si p1 est le pou- VOIr osmotique du liquide renfermé dans le vaisseau et h la pression exercée sur les parois de ce vaisseau, il y aura équilibre lorsque
path ta pl Ou pr 4 pl CES.
L’eau passera donc de l’extérieur dans le vaisseau à travers les cellules vivantes jusqu’à ce qu'elle ait acquis dans le vaisseau une pression h telle que
La pression à l’intérieur des vaisseaux est donc indépendante du pouvoir osmotique des cellules intermédiaires; elle est d'autant plus grande que le pouvoir osmotique du liquide intérieur est plus grand et que le pouvoir osmotique du liquide extérieur est plus faible. Au point de vue de l'absorption, l’eau pure est le milieu le plus avantageux, el l’on comprend que fort peu de plantes puissent s’accommoder de l’eau de mer «ont le pouvoir osmotique est considérable. On comprend d’autre part que les variations de température, : en modifiant le pouvoir osmotique des racines, aient ‘une influence sur l’absorption de l’eau. Un abaissement de la température des racines, en ralentissant
P’absorption, peut déterminer la flétrissure des feuilles.
. En somme, un vaisseau est comparable à un osmomètre de Pfeffer qui serait plongé dans le liquide extérieur à la racine et où la membrane semi-perméable serait représentée par l’ensemble des tissus vivants qui l'entourent. L’absorption de l’eau est. Wainsi ramenée à un phénomène d’osmose soumis aux … lois générales de la physique.
… Les mouvements de l’eau dépendent néanmoins de conditions plus nombreuses dans les racines où l’ab- Sorption est continue que dans un osmomètre où s'établit un état d'équilibre définitif. Dans la racine, L'état d'équilibre, s’il est atteint, n’est que provisoire, parce que, grâce à un mécanisme que nous étudieons plus tard, l’eau est employée au fur et à mesure de son absorption ; ‘la pression est ainsi diminuée dans les vaisseaux et dans les cellules, et les conditions sont maintenues favorables à l éntréd de l’eau.
Chlorures, des sulfates. La semi-perméabilité du protoplasma, qui n’est pas un obstacle au passage ù de l’eau, rend difficile à expliquer l'absorption des sels ne pénétraient pas dans la racine par l'épaisseur des membranes qui, depuis les poils absorbants jusqu'aux vaisseaux, s’imprégneraient de proche en A proche des ions dans lesquelles plonge la racine. Pour résoudre cette question, il faut employer des sels. qui ne soient pas toxiques et dont la présence uisse être facilement décelée. De Rufz de Lavison est servi d’une solution de sulfate de fer très diluée M/280.000; il y plonge des racines intactes de Pois tles y laisse pendant 24 heures; puis, 1l fait dans. région pilifère, des coupes qu'il traite par le fer-
Ocyanure de potassium. Partout où le sulfate de
ABSORPIION à AU Ag
LE RÔLE DE L'OSMOSE fer a pénétré, il se forme un précipité noir de ferrocyanure de fer. On constate ainsi (fig. 7) que | toutes les membranes des poils absorbants et de: l'écorce jusqu'aux cadres subérisés de l’endoderme : sont colorées en noir. Le sulfate de fer a donc péné- | tré par l'épaisseur des membranes, mais 1l a été arrêlé par l'imperméabilité des parties subérisées de l’endoderme end.
Fig. 7. —e c, cellules de l'écorce : end, partie subérisée des parois de l’endoderme.
D'autre part, on ne trouve päs trace de sulfate de fer à l'intérieur des cellules ce sel ne peut donc pénétrer jusqu'aux vaisseaux ni par les membranes de cellulose à cause des cadres subérisés de l’endoderme, ni par la cavité des cellules à cause de la semiperméabil ité des membranes protoplasmiques:
Si l’on répète l'expérience en remplaçant le sulfate de fer par le sulfocyanure d’ammonium dont la présence peut être décelée avec le perchlorure de fer et
J’ammoniaque, on constate que ce sel à imprégné les membranes de la même façon que le sulfate de fer, mais qu'en même temps il a pénétré à l’intérieur des cellules et jusqu'aux vaisseaux.
La conclusion de ces expériences est qu’un sel ne