‹ Le rôle de l'osmose en biologieChapitre 35 sur 49 · INUTILITÉ DE LA TRANSPIRATION · texte numérisé non relu

INUTILITÉ DE LA TRANSPIRATION

Le \

limination d'eau. — Il y a peu de phénomènes A aient donné lieu à des eine aussi diver-

les opinions est que tout ce qui a une existence nor-

ma ale et générale est utile. De ce que toutes les plantés qui vivent dans Pair laissent échapper une certaine quantité de vapeur d’eau, on en a conclu que ce dégagement d’eau est utile, indispensable même. On à rché ensuite à justifier cette idée préconçue ph arguments d’une valeur contestable. ni

La transpiration consistant essentiellement en un

gagement de vapeur d'eau, on a pensé que l'eau éli

au contraire, on les voit souvent qui manquent in- contestablement d’eau et qui néanmoins continuent à transpirer au risque de se dessécher. Il suffit de se

reporter au mécanisme de l’absorption de l’eau par

les racines pour comprendre que normalement il ne saurait y avoir un excès d’eau dans les tissus. Les poils de la racine n’absorbent en effet de l’eau que lorsqu'ils en manquent ; s'ils sont saturés, l’absorption. cesse. L’exemple des plantes aquatiques montre d’ailleurs que l’état de saturation n’est pas un mal.

Ce n’est que dans des conditions très particulières, lorsque les plantes saturées d’eau subissent un abaissement de température, qu'on peut dire qu’il y a un excès d’eau, la turgescence des cellules étant trop forte par rapport au pouvoir osmotique. Mais alors nous ayons vu que l’excès est éliminé, non point par Ja transpiration, mais par la sudation, par l'émission d’eau à l’état liquide.

Absorption des sels. — On peut voir dans divers traités classiques formuler cette idée que la transpiration est utile et même indispensable à l’absorption des sels. Pour combler le vide résultant de l’évaporation à la surface des feuilles, les racines absorberaient en même temps l’eau du sol et les sels qu’elle tient en dissolution ; l’eau est ensuite éliminée et les sels restent. On expliquait de cette façon que des sels très peu abondants dans le sol pouvaient avoir dans les tissus une concentration supérieure. On voit comment cette manière de voir est liée à l'opinion qui considère l’eau transpirée comme un excès d’eau. Un liquide très dilué ne peut en effet laisser dans les tissus un résidu salin considérable que s’il traverse la plante en grande abondance. |

Cette doctrine, qui a été longtemps classique, est fondée sur la croyance que les racines absorbent le liquide du sol tel qu’il existe, comme le ferait une

éponge; une racine absorberait un liquide très dilué 1 elle était plongée dans un liquide très dilué, et un

liquide très concentré si elle était plongée dans un pouce très concentré.

… Une pareille manière de voir ne tient aucun compte des lois de l’osmose, En étudiant le mécanisme de

l'absorption, nous avons vu en effet que l’eau pouvait à entrer dans les racines indépendamment des sels qu elle tient en dissolution, et qu'inversement les sels peuvent entrer indépendamment de l’eau. L’ab- | Sorption d’un sel est déterminée par le degré de con- \centration de ce sel à l’intérieur et à l’extérieur du Poil absorbant. Un sel qui existe à une très faible

Concentration à l'extérieur peut être épuisé complè-

tement par la racine sans qu'il y ait absorption simul-

tanée d’eau. Il suffit pour cela que la concentration

de ce sel soit maintenue constamment nulle à l’intérieur des tissus, et nous savons que cela a lieu pour le es sels employés à la formation de la matière vivante, les seuls par conséquent que la plante ait intérêt à “emprunter au SOL.

Les sels pouvant être absorbés indépendamment de Veau qui les tient en dissolution, on ne peut donc pas dire que l'appel « d’ eau déter miné par la transpiration soit nécessaire à l’absorption des sels. L'étude des plantes aquatiques vient d’ailleurs corroborer ce 1 isonnement. Chez ces plantes, la transpiration est

nulle et l'absorption d’eau réduite au minimum; et cependant nulle part on ne trouve une proportion de matières minérales aussi considérable, Ascension de la sève. — La transpiration est ( considérée comme une des causes principales de Pascension de la sève. Le rôle de la transpiration à cet égard a été étudié plus haut. Il est incontestable C que le courant qui parcourt le bois de l'extrémité des racines jusqu'aux feuilles a pour cause principale

Dont ou même en au La circulation de eau, la transpiration ne fait que remédier au mal dont elle est là cause et satisfaire au besoin qu'elle à Créé. | AS ls transpiration était dan les besoins de. a la plante en eau seraient infimes et pourraient être, satisfaits sans difficulté à condition bien entendu que. Jes racines plongent dans un sol suffisamment, humide. Nous avons vu en effet (Ch. v) que les forces osmotiques, même si elles sont faibles, suf- fisent pour déterminer l’ascension de l’eau dans les bois à üne hauteur indéfinie. Le mécanisme est tel que la circulation de l’eau vers un organe est auto=" matiquement déterminée par le besoin en eau de ce . organe. L'équilibre n’est établi et la circulation arrè tée que lorsque les cellules sont saturées. Si les cellules cessent d’être saturées pour une cause autre, que la transpiration, à la suite d’une réaction chimique par exemple, elles peuvent recevoir l’eau qu Jeur est nécessaire sans le secours de la transpira-= tion, par le seul jeu des forces osmotiques.

Si la transpiration est inutile à la circulation de l’eau, elle ne l’est pas moins à la circulation des sels. ” On ne peut que répéter à ce sujet ce qui a été dits pour P absorption. Le passage d’un sel d’une cellule à, l'autre est réglé uniquement par les différences de concentration dans les deux cellules. La cause prin=# cipale, sinon unique, qui détermine l’afflux d’un sel vers un organe déterminé est l’utilisation de ce sel. c'est-à-dire son passage de l’état soluble à l’état i in-

soluble ou colloïdal.

Sans. [à transpiration, la circulation des sels e ; possible, mais elle est très lente; elle est not . blement accélérée par l’existence Lun courant r pide déterminé dans les vaisseaux par la transpir

MpS, on ha à die hauteur dans la. tige | | 1

St élevé le sel. Pour cela, on brûle des rondelles de

e est en raison directe de la quantité d’eau inspirée. Divers auteurs ont cherché à établir. érimentalement une relation qui relie ces deux

ntités. Dans les conditions où les expériences ont

faites, la formation de 1 gramme de matière he correspond à lévaporation d’une quantité.

Meau comprise entre 200 et 300 grammes. |

orsque l’on constate ainsi un rapport constant

re deux phénomènes, on doit se demander sile illélisme est dû à.des causes profondes et si les phénomènes sont invariablement liés par une tion de cause à effet, ou s’il y, a simplement Gidence; et dans ce dernier cas, il y à lieu de hercher la raison de la coïncidence. | emarquons d’abord que la constance du rapport 'e l’eau transpirée et la matière organique élabost loin d’être absolue. Dans une expérience de egel, un pied d'Orge cultivé en pot avec 640 de nitrate de calcium a formé 1 gramme de

tière sèche pour 292 grammes d’eau transpirée ; qu

s que, pour un autre pied comparable mais cul ans nitrate, 1 gramme de matière sèche corres-

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