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CHAPITRE HI

La Banque des Règlements Internationaux et le Problème des Transferts

Nous avons vu comment la B.R.I. était née en grande partie du besoin de soulager les économies nationales bouleversées par la guerre et d’alléger les lourdes charges financières qu’elle leur avait imposées.

Le problème des transferts montre mieux que tout autre les difficultés rencontrées par les Etats, dès la Paix, . pour payer leur dette et remplir toutes les obligations mises à leur charge par les différents traités. ne

Un grand nombre d’années, très pénibles pour l'Europe, se sont écoulées avant que fut admise la vérité, évidente aujourd’hui, que les gouvernements laissés à euxmêmes ne pouvaient normalement faire face aux énormes besoins de devises créés par les règlements interal-

liés.

Le rêve serait que la B.R.I. évite aux trésoreries les moyens auxquels elles ont dû recourir jusqu'ici et tous les embarras qui ne pouvaient qu’en découler : émission de Bons du Trésor, escomptes et achats de devises, en quantités massives.

En effet, au moment des échéances, les Etats débiteurs se portaient acheteurs sur le marché des changes des devises dont ils avaient besoin, d’où le plus généralement une hausse des devises désirées et une baïsse de la devise de l’Etat débiteur, ou, s’il préférait passer par une tierce monnaie, des fluctuations nombreuses sur les changes intéressés.

Prenons un exemple : la France devant faire face à une échéance vis-à-vis de l’Angleterre et ne voulant pas expédier d’or, bien entendu, se portera acheteuse de Livres-Sterling. Elle aurait pu encore vendre des marks, des dollars, et ensuite acheter les Livres. Quelle que soit la solution adoptée, elle n’est pas bonne, ni en elle-même, ni dans ses résultats, et comme on l’a fait très justement remarquer (1) le problème des transferts ne se pose pas seulement sous la forme d’un risque d’affaiblissement de la valeur de la monnaie des pays débiteurs, il fait aussi apparaître le danger de hausse des monnaies des pays créanciers.

Le rôle de la B.R.I. dans cette question des transferts a été âprement discuté. L'Allemagne, après avoir donné tour à tour des preuves de faculté et d’impuissance à tenir ses engagements a cru voir, dans la B.R.I., une aide puissante pour ses obligations de transferts. Le Reich a cru voir dans la puissance de crédit de la B.R.I. le remède miraculeux qui lui permettrait de rétablir son économie intérieure, et ainsi de faire face à ses engagements internationaux.

Les Allemands auraient volontiers rejeté sur la Banque la responsabilité des transferts. La B.R.I., disaient-ils, devait encourager, provoquer les exportations

(1) Mendès France : la Banque Internationale, Ch. P.

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