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le marché libre des Marks, dans la mesure où il n’avait pas besoin de ceux-ci pour le règlement des livraisons en nature, pour le paiement de 20 % du Recovery Act, et des frais d’entretien des Commissions et troupes interalliées.
L’Agent des Réparations devait, avant tout, se préoccuper, lors de ses achats de change, d’intervenir avec beaucoup de ménagements sur le marché des devises, et chacune de ces opérations n’était entreprise qu'après accord avec les Banques Centrales des pays intéressés,
La B.R.I. substituant une collaboration permanente des Banques Centrales à tous ces accords provisoires et passagers, sera toujours plus à même que la Reichbank et l’Agent Général des Réparations, de remédier aux revirements passagers du marché des changes allemands.
Elle est, en effet, appelée à recevoir des Banques d’Emission, aussi bien des dépôts de virements que des dépôts de placements, qui lui donneront des moyens d'action beaucoup plus importants, et surtout plus cons-
tants que ceux détenus jusqu'ici par l’Agent des Répa-
rations.
Mais il faut, hélas se garder de croire qu’à priori le problème des Transferts, et toutes ses difficultés se trouvent supprimés du fait que la Banque les prend en charge. Elle tomberait même forcément dans les mêmes difficultés que précédemment si elle était obligée de demander des devises étrangères pour d'importantes sommes en marks, qui, par suite de difficultés aigues de la balance des comptes de l’Allemagne, ne seraient pas négociables.
En effet, la Banque aurait sans doute une position dominante sur le marché allemand des changes, mais elle
n'aurait pas cette hégémonie sur les marchés anglais, américains, ni sur les autres.
On peut même penser que le désir des grandes banques d'émission de conserver d'importants avoirs à ia Banque des Réparations diminuerait dans la mesure même où le compte en marks de la Banque s’accroîtrait.
A l'heure actuelle, la B.R.I. pratique un système très simple en vue de faciliter au maximum les transferts de fonds d’une monnaie dans une autre. Elle a établi avec les Banques d’Emission des différents pays certains accords de réescompte. Elle peut ainsi se procurer la monnaie de ces banques contre escompte de leurs portefeuilles devises, et, ainsi éviter que le passage d’une monnaie à une autre monnaie, pour des montants très importants, n'ait à se faire par l’intermédiaire du marché des changes, et ne vienne, par conséquent, troubler les cours au moment où se manifestent, dans la monnaie recherchée par la B.R.I., certains besoins commerciaux.
Comme le disait Monsieur Quesnay, dans son discours à l’Association des Banquiers Suisses : « En évitant de presser sur les cours, nous rendons un certain service aux acheteurs commerciaux de cette monnaie, par conséquent à la vie économique du pays ».
Maintenant, examinons quel sera exactement le rôle de la B.R.I., en cas de suspension des transferts par le Reich. ;
Le rapport des Experts n’y a rien laissé au hasard :
Tout d’abord, la durée de suspension des transferts par le Reich a été fixé à 2 ans. En aucun cas le paiement des sommes venant à échéance pendant une troisième année ne pourra être ajourné avant que les payements qui auraient dû être faits au cours de la première aient été effectués (2).
(2) Rapport des Experts, Annexe IV.
De
Il ne faudrait pas croire non plus que cette suspension des transferts libère l'Allemagne de toute obligation; elle la dispense seulement de transformer en devises étrangères la partie de l’annuité bénéficiant du moratoire, mais le Reich doit toujours continuer ses versements en marks.
Toutefois, en cas de crise économique, on n’a pas voulu que même ces versements en marks puissent troubler une économie déjà menacée, et le Reich étant déjà en période de suspension, aura la faculté d’ajourner également ses versements à l’intérieur, sous la seule réserve toutefois que l’ajournement ne dépasse pas un an, et à concurrence seulement de bo % au maximum des sommes dont le transfert sera alors susceptible d’être suspendu.
‘Toutes garanties ont donc été prises afin d'éviter à l’Allemagne des troubles monétaires du fait du paiement des annuités Young.
L'avenir, seul, dira si la souplesse du système est efficace, si elle est apte à parer à toutes les difficultés qui pourront surgir, tant du fait des évènements économiques, que de ceux, non moins à craindre, des évènements politiques.