INTRODUCTION
Dans la pensée des auteurs du Plan Young, la B.R.I avait comme principale fonction d’être avant tout, une banque des Réparations, chargée de liquider les dettes nées de la guerre et de l’après-guerre.
Cette idée maîtresse ne subsista pas. Les accords de La Haye et de Baden-Baden ont donné le premier plan au rôle de la B.R.I. comme banque, rôle qu’ils jugeaient en eux-mêmes, et dans leurs espérances intimes, très important, puisqu'il est prévu que cette Banque continuera à fonctionner, même si les Réparations cessent d’être payées; l’effet a, pour ainsi dire, dépassé sa cause.
De simple Trust aux obligations nettement définies, et telles que nous les avons étudiées dans la première partie, les idées ont évolué à la création d’une Banque Internationale. Si la réalisation est nouvelle, l’idée en est ancienne, et, nombreux déjà, ont été les systèmes proposés pour stabiliser l’économie des peuples, assurer aux transactions internationales des bases plus sûres pour les changes, leurs variations, leurs compensations, dans le temps, comme dans l’espace.
Déjà en 1675 un certain Théophile de Pineau avait voulu créer à Genève une banque quasi Internationale pour l’époque.
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Cette banque qu'il avait nommé « Banque Chrétien: ne » (1) entre autres avantages présentait celui d’être :
« Une Banque Universelle et perpétuelle pour le secours de toute la Chrestienté, si bien concertée dans les différents aages, conditions et pays de tous ceux qui y entreront qu’à l’advenir on ne verra plus de pauvres ni de mandians parmi les Chrestiens, mais ce qu'on a cru impossible, un ample héritage à partager, même entre des ennemis, sans discord, sans contestation ».
En d’autres termes, n'est-ce pas l’objet même de la
Banque des Règlements internationaux.
Continuant sa prophétie, l’auteur ajoute :
.« À l’advenir on ne courra plus après l’or et l’argent comme on fait aujourd’hui, parce que l’on sera assuré d’une extraordinaire abondance de biens dans les temps les plus opportuns »:
« Tous les Chrestiens mesmes pourront s’entresoutenir par ces banques contre l’ennemy commun, malgré leurs différents particueliers, Enfin tout le monde y profitera, tant l’ordre et la bonne dispensalion du bien est une chose admirable et tel à qui il en coûtera ne sera plus en état de s’en plaindre, ni d’y avoir regret ».
Cette idée tomba dans l’oubli et il a fallu attendre des temps assez récents pour la voir réapparaître.
En 1907, Luigi Luzzati, émit l’idée d’une conférence internationale, pour la suppression de la lutte pour l’or. Cette conférence où seraient représentés les Trésoreries et les Banques d'émission de tous les Etats, travaillerait à multiplier les règlements internationaux, en évitant au maximum les déplacement de métal. Luzzatti envisageait également la possibilité de prêts or, sans aucun déplacement matériel, grâce à un système d’hypothèques affectant cet or aux banques qui se le serait procuré pour un certain temps.
Depuis Luzzatti, nombreux ont été les économistes, qui ont réclamé la création de services de virement internationaux, d’un clearing international; élaboré des
(1) Journal des Economistes, Février 1900. Sayons. Extraits tirés des Archives du canton de Genève cote 36-13.
MERE CPAM
plans d'organismes aptes à favoriser le crédit et les modes de paiement dans les relations internationales.
R Quelque temps avant la guerre, exactement en Juin 1914 au Congrès International des Chambres de Com-
merce, une des questions à l’ordre du jour fut celle des
Réserves d’or, pour conjurer les paniques financières.
L'idée fut reprise après la guerre dans les milieux financiers où se discutaient les grands problèmes de la restauration européenne. Monsieur VANDERLIP, Président de la National City Bank, avait conçu la création d’un vaste système de Fédéral Bank pour l’Europe, à l’image de celle des Etats-Unis, et qui, sous le nom de « Gold Reserve Bank for the United States of Europa » devait recevoir une première mise de fonds de 200 millions de dollars, fournie par l’ Amérique, en une époque où naissait la conception d’une solidarité entre les Etats enrichis et appauvris par la guerre. Sur ce stock d’or, on calculait une possibilité d'émission de billets cinq fois plus élevée, dont le produit devait servir de moyen de change et de monnaie stable dans les transactions inter- nationales, mais dont le résultat le plus immédiat devait être de contribuer à la dévalorisation des monnaies existantes.
Le geste ne s’acheva pas, le Plan Vanderlip, pas plus que celui similaire du sénateur Robert Owen, avec un rapport de 500 millions de dollars ne recueillirent autre chose qu’un succès d’estime, car chaque pays d'Europe avait devant lui la tâche plus pressante, non seulement de restaurer d’abord sa monnaie, mais plus encore de rétablir l’équilibre des budgets.
Cependant l’idée était en marche, surtout en Amérique, où l’on a toujours compris que l’accumulation de
AO
l'or dans les caisses des Institutions officielles créait le
devoir d’en faciliter la circulation dans le pays.
Le Pr Irving Fisher, de l’Université de Yale, dans son