livre sur « l’Illusion de la monnaie stable », recomman
dait déjà, bien avant les évènements actuels, la création d’une banque des banques d'émission qui stabiliserait la valeur de l’or et supprimerait les fluctuations monétaires de même que celles des prix; et, ceux-ci étant stabilisés, les crises, avec leurs conséquences seraient bannies de l’activité économique mondiale. Quant à l’instrument pour opérer ce miracle, c’était une monnaie de compte (le dollar compensé), dont la valeur serait fixée en or, d’après l’indice du pouvoir d’achat établi en fonction du prix des marchandises. Dans ce système, la circulation métallique de l’or était supprimée et tout le stock de métal jaune devait être concentré dans une Banque unique,
régulatrice du volume de crédit et de la circulation dans
le monde entier.
L'Allemagne peut aussi prétendre qu’elle est l’un des pères de cette Institution, car le Dr Schacht avait également lancé le projet d’une Banque Centrale d’émission, mais en lui concédant le privilège d'émettre du papier monnaie pour le compte des gouvernements, c’està-dire une super-monnaie, en concurrence avec celle existante.
La création de la banque n’est donc pas dans son principe même une génération spontanée, mais bien le résultat de projets multiples et jusqu'alors sans aboutissement. Les modalités dont s’accompagne son fonctionnement sont peut être tout autre que celles qu’on avait pu concevoir auparavant; quoi qu'il en soit, une
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Quelle en est la nature, quelles en sont les attributions actuelles, les perspectives d'avenir, de devenir.
Nature financière de la Banque des Règlements Internationaux
Il est difficile de saisir à priori la vraie nature de cette Banque, de savoir si on doit la considérer comme une Banque de Dépôts, une Banque d’affaires ou une super- . banque des Banques Centrales.
De par ces statuts, elle est autorisée à recevoir des dépôts importants, que l’on peut évaluer d’après les dispositions du plan Young à 1.300 millions de marks environ, soit près de 8 milliards de francs qui se décomposent ainsi en marks : 100 millions pour le capital versé; 300 millions au minimum des dépôts d’annuités; 5oo millions de dépôts du gouvernement français au titre des garanties, 4oo millions de dépôts du gouvernement allemand pour avoir droit à 25 % du super-dividende de la Banque. Comme ces derniers dépôts sont destinés à payer les dernières annuités, ou tout au moins, à créer un bénéfice qui sera appliqué à ces paiements, il peut paraître assez vraisemblable que le gouvernement allemand ne constituera jamais cet avoir de 4oo millions à la Banque des Règlements. Par contre, en attribuant 75 % du super-bénéfice de la Banque aux Etats qui déposeraient des fonds à long terme dans l’établissement, il est assez probable que l’on attirera à la Banque des Règlements Internationaux, une grande partie des excédents budgétaires que les Etats déposent aujourd’hui sans intérêts dans leur Banque d’'Emission. Au total, il semble donc bien
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que la Banque des Règlements Internationaux soit assurée de moyens financiers de l’ordre de grandeur de 7 à 10 milliards de francs constitués par les dépôts à long terme. Rien du reste n’empêche la Banque des Règlements Internationaux de recevoir des dépôts des gouvernements à court terme, pratiquement à un mois de vue. qui lui permettraïent d’accroître considérablement sa puissance comme banque d'effets. Dans les mêmes conditions, elle peut recevoir des dépôts de devises des Banques d'émission, pour peu qu’elle offre un intérêt légèrement supérieur aux Banques ordinaires qui sont actuellement dépositaires de fonds pour les Banques centrales de pays étrangers.
Une preuve de la volonté de ses créateurs d’en faire ayant tout une Banque de Dépôts, semble résulter déV’article 26 des statuts :
La Banque doit être administrée en tenant particulièrement compte de la nécessité de maintenir sa liquidité. À cet effet, elle doit conserver des actifs répondant aux conditions d’échéances et aux caractères de ses engagements. Ses actifs liquides à court terme peuvent comprendre des billets de banques, des chèques payables à vue, tirés sur des banques de premier ordre, des effets à l’encaissement, des dépôts à vue ou à court préavis dans des Banques de premier ordre, et des lettres de change de premier ordre à 9o jours d'échéance au maximum, telles qu’elles sont couramment acceptées au ‘réescompte par les Banques centrales.
La proportion des actifs de la Banque pouvant être conservés dans une monnaie donnée est déterminée par le Conseil en tenant dûment compte des engagements de la Banque.
Cet article substituant une discipline de liquidité à la relation fixe entre les réserves et les engagements, exigée primitivement par le rapport des experts, montre bien que la B.R.I. est une Banque de Dépôts qui doit proportionner sa création de crédits à ses avoirs liquides. N'ayant pas le pouvoir d'émission, à tout paiement effectué par elle, doit correspondre un avoir or. En effet, elle ne pourra jamais payer en ouvrant des comptes de