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Certains pays n’ont pas encore retrouvé leur équilibre financier et économique : l’Autriche, la Yougo-Slavie, la Roumanie, la Turquie, l'Espagne, sont encore en instance d’avoir besoin de secours financiers extérieurs.
L'aide financière de la B.R.I. enlèvera le caractère politique des secours apportés aux pays emprunteurs. Avant la guerre, il en avait été ainsi pour les différents emprunts ottomans qui n’avaient été qu’un prétexte pour les grandes puissances d’instaurer un certain contrôle sur les finances grecques, turques, et de même, pour tous les emprunts que des nécessités vitales avaient obligé certains pays neufs à contracter après la guerre : Yougo-Slavie, Tchéquo-Slovaquie.
Grâce à la Société des Nations, ce caractère trop poli-
tique s’est atténué, c’est ainsi que l'Autriche a pu opérer la stabilisation de sa monnaie, et retrouver parallèiement son indépendance économique au fur et à mesure de l’assainissement de ses finances.
On doit souhaiter que la B.R.I. pratique sur une échelle de plus en plus large, cette internationalisation des crédits. C’est un des gros espoirs de l’avenir, que de voir la Banque distribuant du crédit aux Etats en ayant besoin, grâce aux dépôts qu’elle aura reçus des pays riches. Peut-être que ceux-ci n’auraient pas consenti d’euxmêmes, les mêmes prêts, dans les mêmes conditions. Il sera toujours moins humiliant, moins compromettant de s'adresser à la B.R.I. qu’à une Banque d’Etat. De plus, l’existence de la Banque des Règlements Internationaux, ne peut que renforcer le sentiment de sécurité financière, si ébranlée depuis la guerre. Les oscillations des changes ont pour longtémps et très profondément impressionné l’opinion mondiale, et la B.R.I. en tant que manifestation de la solidarité monétaire internationale, ne peut
que continuer à augmenter la confiance dans la stabilité des monnaies. Dans un de ses discours, Monsieur Quesnay disait que la Banque des Règlements Internationaux, « en renforçant la sécurité monétaire et financière, peut aider à augmenter la confiance dans ce qu’il appelait la moralité financière internationale ».
C'est un facteur psychologique à ne pas dédaigner, après les multiples preuves, qu'ont donné de son importance, les mouvements de capitaux et les variations des changes dans tous les pays en difficultés financières. Mais ici, le problème se complique, car autant une banque privée est libre dans la discrimination de ses crédits, de ses clients, des conditions particulières à chacun d’eux, autant la B.R.I. peut être gênée si des considérations politiques, de prestige extérieur, viennent se mêler aux considérations économiques qui devraient seules entrer en jeu.
Prévoir ces difficultés n’est pas les créer; il appartient aux dirigeants de dominer les égoïsmes nationaux, de se faire en l'occurence, une âme internationale. Ce sera leur gloire de vaincre de telles difficultés.
La B.R.I. se présente comme remplissant les meilleures conditions pour assurer le succès de tous les grands emprunts internationaux à venir. Ils marquent le plus souvent-les différents stades du développement économique des Etats.
Elle aura la possibilité de participer à des opérations d'émission de titres et de soutenir en prêtant son crédit, des opérations de financement particulièrement difficiles et importantes. C’est ainsi que le Plan des Experts prévoyait comme l’un des premiers modes financiers de la
Banque, le financement du relèvement économique de la