‹ Le Rôle de la Banque des Règlements InternationauxChapitre 26 sur 56 · JEAN · texte numérisé non relu

JEAN

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jusqu'où peut s'engager la Banque dans ses ouvertures de crédits, comment les employer, à quélles conditions,

C’ést toute la politique de crédit de la! Banque qui est en jeu ici, c’est le problème de son avenir. La question de liquidité suffisante à faire toujours face à ses engagements, est évidemment, avant tout, une question de gestion; mais étant données la nature et la nationalité des fonds reçus, celles des demandes de crédits, tes dirigeants de la Banque auront souvent besoin de beaucoup de diplomatie pour écarter certaines demandes, alors que, parallèlement, d’autres recevront satisfaction.

Dans l'octroi de ses crédits, la B.R.I. se héurtera à une grosse difficulté tenant à la diversité des monnaies dont sont faits les dépôts. Elle possède des livres, des dollars, des francs, des lei, des belgas..... et les .transformations d’un crédit dollars en un crédit francs par exemple, ne seraient pas-sans causer d’ennuis au marché des chan. ges, si elles devaient s’effectuer souvent et sur de grosses sommes.

. Une bonne politique consisterait en principe à ne prêter des devises que dans une proportion raisonnable de celles réellement à la disposition de la Banque. C’est une garantie à donner aux Banques Centrales désireuses de confier leurs fonds à la B.R.I., que celle de les conserver dans leur forme originale au lieu de les transformer dans une autre monnaie.

Une sérieuse garantie est donnée, en ce sens, par la transformation de toutes les devises étrangères en franc suisse au pair; la valeur de chaque devise par rapport au franc suisse est fournie par la cote des devises sur la place de Bâle et la valeur du franc suisse par rapport au pair est calculée d’après la cote de l’or sur le marché de Londres.

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Le franc suisse jouera donc le rôle d’une monnaie de compte internationale.

Liquidité particulière en ce qui concerne la proportion à observer pour tous les crédits dans une monnaie donnée; liquidité en général en ce qui concerne l’engagement de la B.R.I. vis-à-vis de l’économie mondiale, Dans ces deux cas, quels principes adopter P

Sans aller jusqu’à exiger une couverture de 100 #

pour tous ses engagements, on est en droit d'attendre de ses dirigeants le souci de ménager toujours une marge suffisante. D'autre part, on a, avec juste raison, dispensé la B.R.I. des règles rigides, relatives à ses réserves. On le comprend seulement pour une Banque d'émission, prètant ses propres billets qui ne lui coutent rien.

Les différents bilans de la Banque montrent du reste fort bien le souci de ses dirigeants de ne l’engager que pour des temps très courts. Au 30 Juin 1930, très peu de temps donc après le fonctionnement de la Banque, ses placements à 90 jours au maximum, se montaient en Francs suisses à 516.6579.270,81; tandis que ceux à plus de 90 jours n'étaient que de 68.352.425. De même, au bilan du 31 Octobre, nous voyons que les fonds à 3 mois au maximum se chiffrent à 999.134.335 or et ceux de 3 à 6 mois à 156.847.238,27.

Fonds à terme placés à intérêts :

1 — À 3 mois au maximum .... 0999.134.335,62 56,0

2 — De 3 à 6 mois au maximum 156.847.238,27 8,8

LE et

Placement divers

(au prix d’achat) : a/o 1 — À deux ans d'échéance au LÉO 0 ONE RSR RAP RE 190.814.911,06 10,7 2 — À plus de deux ans d’é- CHÉARÉ CR RR ele 1.049.241,50 o,1

Seule en effet, une grande liquidité peut permettre à la Banque de mouvoir rapidement des fonds d’un point à un autre. Ceci est d’autant plus utile, qu’une grosse partie des fonds de la Banque constitue la réserve de change des banques centrales.

. En conséquence, bien qu’un tiers des fonds soit placé à la Banque des Règlements Internationaux pour plus de 37 ans, 10 % seulement ont été investis pour une durée de plus de six mois, et aucun placement ne dépasse deux ans. La majorité est faite à trois mois ou à vue, en y comprenant les effets de commerce et Bons du Trésor qui sont réescomptables en tout temps sur demande.

Un autre problème aussi important que celui de la liquidité dans cette distribution des crédits, est celui de savoir jusqu'où la B.R.I. peut aller dans cette voie, si elle se doit d'accueillir toute demande de crédits avec le même altruitisme, le même désir de secourir les économie nationales dans le besoin.

C’est ici que les influences politiques se feront le plus sentir et il sera souvent difficile de les faire taire pour se placer uniquement sur le terrain financier. De plus, la B.R.I. ne pourra impunément consentir des avances aux Banques nationales, sans, au préalable, s'assurer du bienfondé de leur demande, et sans obtenir, si elle leur accorde son crédit de garanties sérieuses.

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Sans aller jusqu'à prophétiser l’ingérence de la Banque dans les finances des Etats qui auront besoin d’elle, et ainsi, peut être une atteinte à leur droit de souveraineté. Sans vouloir également soulever ici un. débat de droit international privé, on peut affirmer qu'étant donné la nature même de la Banque, les aspirations auxquelles a répondu sa création, il n’est pas excessif de voir dans cette intervention, non un sujet d'échec pour la B.R.I., mais au contraire un des moyens les plus sûrs de jouer son rôle de conseil, d’appui dans la marche et le développement des économies nationales.

De plus, il est prévu aux statuts (art. 20) : Les opérations de la Banque doivent être conformes à la politique monétaire des Banques centrales des pays intéressés.

Avant qu’une opération financière quelconque sur un marché déterminé ou dans une monnaie déterminée soït entreprise par la Banque ou sur son compte, le Conseil doit donner à la Banque centrale ou aux Banques centrales directement intéressées, la possibilité de s’y opposer. En cas d’opposition à signifier dans un délai raisonnable que devra fixer le conseil, l’opération projetée n’aura pas lieu. Une banque. centrale peut faire dépendre son agrément de certaines conditions et limiter son autorisation à une opération particulière ou passer une convention générale en vertu de laquelle, la Banque serait ‘autorisée à entreprendre. ses opérations. dans des conditions déterminées quant au temps, au montant et au caractère des transactions. Cet, article ne doit cependant être interprêté comme exigeant l'autorisation de la banque centrale intéressée au moment où a été efféctuée l’opération primitive.

Le fait que le gouverneur d’une banque centrale, ou son suppléant ou tout autre administrateur spécialement autorisé par la Banque centrale de son pays pour agir en son nom à cette fin, n’aura pas, étant présent à une réunion du conseil, voté contre la proposition d’une telle opération implique valablement l’assentiment de la banque centrale intéressée,

Si le représentant de la banque centrale en question est absent, ou si une banque centrale n’est pas directement représentée au Conseil, les. mesures nécessaires doivent être prises pour donner à la banque centrale ou. aux banques centrales intéressées, la possibilité de s'opposer aux opérations les concernant.

Si donc l’entente préalable a eu lieu, l’argument qui consisterait à proclamer la main mise: de la finance inter-

nationale sur tel ou tel pays serait sans valeur et à dédai- gner. |

Dans des limites raisonnables, on peut affirmer que l'emploi judicieux de crédits nouveaux ne peut être qu’utile; toute l’histoire économique du monde montre des crédits à la base des grands travaux, des grandes entreprises. Et l’on peut dire que le progrès, à notre époque, dépend lui aussi du crédit dont on pourrait dire qu’il est le nerf du progrès. k

Toute la difficulté, et elle est grande; nous l'avons montré, est de ne pas aller trop loin, car tout octroi de crédit un peu risqué ne sera pas sans créer des précédents facilement invocables par d’autres, le jour où ils auront également besoin de secours financiers.

Ce sera l’honneur des dirigeants de trouver cette limite au-delà de laquelle on doit aller et surtout de ne jamais la franchir.

La Banque des Règlements Internationaux facteur de la stabilisation des changes

Ciearing de l'or - Clearing des devises

La période d’après guerre a été le témoin des plus grands mouvements de hausse et de baisse des changes qui aient jamais été enregistrés. Les causes en sont connues,et par étapes successives les différents pays du monde sont arrivés de nouveau à les stabiliser, mais cela au prix

-de plus durs sacrifices. L'Allemagne en faisant faillite la Belgique et la France en consacrant légalement la dépréciation de leur monnaie. Seule, l’Angleterre reprit sa parité d’avant-guerre, mais c’est un luxe qu’elle continue à payer encore très cher. Les changes stabilisés, les Etats levèrent alors les interdictions mises dès le début de la guerre aux libres mouvements de l’or. Le jeu des gold points put fonctionner librement, suivant le rythme du commerce extérieur des pays. On assista alors à de vastes mouvements de capitaux à travers le monde, mouvements occasionnés sans doute par des balances de comptes déficitaires, mais aussi par le fait d’une répartition trop inégale de l’or à travers le monde. Actuellement, les Etats. Unis d'Amérique détiennent 38% de l’or mondial, contre 19 % avant la guerre. L'Europe, qui a cette époque en avait 59 % n’en a plus que 36 %..

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. Ce problème de la répartition de l’or est à l’ordre du jour, et la France semble particulièrement visée, depuis que son encaisse métallique ne fait que s’accroître par suite des envois incessants, tant d'Angleterre, d’Amérique, d'Allemagne (1). Au lieu d’y voir simplement le jeu des lois économiques, en l’occurence, le fait des placements à l'étranger des énormes quantités de devises de la Banque de France, on a accusé et on accuse encore la France d’égoïste d’accaparement de l'or, voué à la stérilité dans les caves de son institut d'émission. Il y a évidemment avantage à resitreindre au maximum des mouvements de métal précieux; ils coûtent très cher, impressionnent l’opinion publique, et n’améliorent en rien la situation économique des différents pays. Ceux qui perdent leur or, pratiquent une politique d'argent cher, ceux qui en reçoivent souffrent d’une hausse des prix. L'équilibre économique du monde est loin d’en être favorisé, facilité. Les Banques d'émission, depuis longtemps, se sont efforcées de limiter ces mouvements à ceux représentant uniquement des règlements de soldes nets et non susceptibles de nouveaux reports.

Les experts ont fondé de grands espoirs sur le rôle qu’aurait joué en cette matière la B.R.I. Nous lisons, dans le Plan Young : « Comme facteur de stabilisation des changes étrangers, les avantages sont évidents. La Banque pourra contribuer puissamment à la suppression des frais et risques que l’on subit maintenant en expédiant et réexpédiant de l’or ».

Dans beaucoup d’esprits on lui a accordé le rôle de clearing de l’or. La B.R.I. recevrait la plus grande partie

(1) Le Dr Schact, à l’Assemblée Générale des actionnaires de la Reichbank, le 15 Février 1929, indiquait qu’au cours de l’année 1929, plus de 5oo.000 kgs d’or, représentant 1,109 de marks, avaient passé la frontière dans les deux sens.

de celui détenu jusqu'ici par les Banques d’émission et par des jeux d’écritures, en attribuerait la propriété à tel ou: tel pays suivant les conditions du moment. Evidem-. ment, c’est si simple que l’on se demande comment ce système n’est pas encore réalisé.

L'idée, tout au moins, en est fort ancienne. Déjà en 1892, le Professeur Wolf, à la conférence Monétaire de Bruxelles, avait déposé un projet tendant à organiser entre les Etats un système de compensation de l’or, fonctionnant sur la base d’un dépôt d’or central. L’écueil principal fut l’impossibilité de trouver le pays inspirant le plus de confiance pour recevoir de pareils dépôts. Plus récemment, l’économiste italien Luzzatti voulut créer entre les diverses banques d'émission une compensation directe de l'or, sans l'institution d’aucun organisme spé: cial. |

Jusqu'ici d'énormes obstacles, tant économiques que politiques, ont empêché la réalisation de ces projets. La B:R.I. y arrivera-t-elle ?

Si séduisante que soit l’idée d’y voir rassembler tout l’or du monde, tout au moins sur ses livres, il faut examiner quelles sont les causes de ces mouvements d’or, si vraiment, cette solution apportera au milieu économique toute la stabilité désirée, et, d’autre part, s’il y a intérêt à supprimer ces mouvements d’or ou tout au moins leurs tendances.

Un tel clearing a-t-on dit, supprimerait les gold points ou tout au moins réduirait considérablement l’écart de 1/2 à 1 % qui les sépare à peu près tous. L’économiste allemand Landbuüurg, dans une série d’études, a très bien montré l'erreur de cette idée :

« Le fait de supprimer, ou tout au moins, de rapprocher au point de les rendre indifférents, les Gold Points,

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dit-il, serait que, chaque fois que le cours du change atteindrait le Gold Point inférieur, lesquels seraient désor- mais très étroitement rapprochés l’un de l’autre, l’or commencerait immédiatement à sortir ou à rentrer, c’està-dire à passer d’un compte à l’autre ».

Il en donne un exemple type :

« Lorsqu'il y a 18 mois, l Amérique a perdu environ 600.106 $ or au profit del’Europe, il fallut que le cours du câble télégraphique avec Londres s’éleva de 1/2 % environ au-dessus de la parité, avant que les expéditions d’or devinssent rémunératrices. Si un clearing or avait existé à pareille époque, les remises de métal eussent été avantageuses dès que le cours du câble aurait franchi de 1/2 % ou même de 1/8 % la parité, et ainsi les prélèvements sur le compte or des Etats-Unis se fussent déjà produits à un moment où la dépréciation relative du dollar était encore tout-à-fait insignifiante, si bien que le système de Banque Réserve affiliée eût été obligé de prendre des mesures de défense, telles que la hausse du taux de l’escompte avec beaucoup plus de rapidité et d'énergie qu’il n’en eût été nécessaire avec l’application du principe des expéditions effectives de l’or. Dans ces conditions, si le clearing avait fonctionné il y a un an et demi, l’économie américaine eut été beaucoup plus violemment agitée qu’elle ne le fut en réalité ».

C’est en effet, une erreur d'attribuer aux mouvements du métal jaune, seuls, le pouvoir de rétablir l’équilibre de niveau entre les diverses monnaies d’or. Avant ces mouvements eux-mêmes, d’autres facteurs ont joué, ont défendu la monnaie contre sa dépréciation, et ce n’est qu'en dernier ressort sous la pression d’un amoindrissement relatif de la monnaie que les mouvements d’or, devenus rémunérateurs, exercent leur influence. Il semble

donc que le clearing, avec ses trop grandes facilités, supprime les facteurs intermédiaires contribuant à la défense de la monnaie. Ces facteurs invisibles le plus souvent, parce que de tous les instants, sont dans une économie ordonnée, l’arbitrage sur les monnaies et sur les devises, l’arbitrage sur coupons et sur titres, le commerce extérieur, la balance des comptes, des frêts.

Un autre économiste allemand, Monsieur Erich Welter, a refuté cette opinion en posant la question de savoir « si l’intensification des mouvements de métal de pays à pays, et l’intensification dans le volume de la monnaie en circulation qui s’ensuivrait, n’entraînerait pas un nivellement plus parfait des prix dans les divers pays, n’empêcherait pas des différences trop importantes dans le pouvoir d’achat intérieur et n’atténuerait pas les mouvements économiques particuliers P L'équilibre ainsi réalisé, ne conduirait-il à ce résultat que, en l’absence de différences sensibles dans la valeur intérieure des monnaies, des sorties ou des rentrées d’or, d’un montant moindre qu’aujourd’hui, suffiraient pour rétablir la concordance. ? Il parait difficile d'admettre par avance qu’un perfectionnement des transactions comme celui-ci aurait des conséquences préjudiciables et non pas favorables pour l’activité économique ».

Que penser alors de la création d’un tel clearing de l’or, que beaucoup envisagent comme essentiel à la B.R.I. ? Simplement peut être la consolidation de l’état de fait actuel en matière de compensation. En effet, depuis longtemps déjà, les Banques d'émission ont l’habitude de se procurer des crédits à l’étranger, soit en anticipant sur les mouvements d’or, soit indépendamment de ceux-ci. L'ouverture de crédit accordée par la Banque de

‘Réserve Fédérale à la Banque d'Angleterre, lors de la stabilisation anglaise en 1925, illustre très bien ces pratiques. Sans doute, les banque d’émission auront des avoirs or à la Banque des Réparations. qui serviront à l'arbitrage international, mais, en envisageant des dépôts beaucoup plus considérables, les besoins d’or seront encore faibles comparés au volume global des échanges commerciaux entre les Etats. C’est cette disproportion qui conduit de plus en plus à l’idée de ne conserver l’or que pour les paiements extérieurs, puisque seul, il peut assurer aux billets une convertibilité parfaite et indiscutée. C’est du reste, la thèse défendue par la « Délégation de l’or » instituée par le Comité Financier de la S.D.N., thèse se basant sur l'observation très exacte de l’inutile blocage dans les caves des banques d'émission d’une grosse partie de leur réserve métallique, comme gage de leur circulation intérieure. Cet or ne se révèle utile que lorsqu'il sert à assurer la convertibilité de la monnaie fiduciaire nationale en monnaie étrangère.

De plus, l'expérience prouve qu'actuellement les Banques Centrales peuvent conserver matériellement leur or, tout en en transférant juridiquement la propriété ‘ou, tout au moins la garantie, par de simples jeux d'écriture. Que sont par exemple, les dépôts d’or conservés au Federal Reserved Board, sinon des avoirs des Banques étrangères utilisés pour le trafic des virements internationaux et comme l’a fait remarquer très justement Monsieur Melchior Palagi (1), il n’est pas encore certain que la B.R.I. recevra des dépôts d’or de ce genre en plus grande quantité que ceux qui sont actuellement confiés aux diverses banques d'émission.

Actuellement, la B.R.I. peut recevoir des dépôts en or, en s’engageant à les transférer du compte d’une

(1x) Frankfurter Zeitung.

Banque Centrale à celui d’une autre, mais cette sorte d'opération n’est pas encore appelée à un bien grand développement.

Si le clearing de l’or doit rester encore à l’état embryonnaire, il n’en est pas de même pour celui des changes. La B.R.I. est à même de permettre de se procurer chez elle, toutes les monnaies nécessaires aux paiements internationaux.

Elle à ouvert, en effet, aux Banques Centrales, des comptes de change, sur lesquels la Banque déposante peut tirer dans la monnaie de son choix et ainsi transformer directement une monnaie en une autre, sans avoir à passer par le marché des changes. C’est là un moyen efficace pour les Banques Centrales d’assurer une convertibilité directe à leur monnaie.

En sens inverse la Banque des Règlements Internationaux pourra se procurer les fonds, dans la monnaie de ces Banques en leur faisant réescompter des devises

qu'elle détiendra. Ainsi, la Banque ayant besoin d’une

devise, pourra, au lieu de l’acheter sur le marché, risquant ainsi d'exercer une pression sur les changes, transférer une partie de son portefeuille d’effets étrangers à la Banque centrale en question qui lui ouvrira un crédit correspondant dans sa propre monnaie.

Cette pratique conduit directement à un véritable clearing de devises, pour lequel il n'existe aucun des empêchements rencontrés pour celui de l’or. Rien ne s'oppose, et c'est ce qui se passe en fait, à ce que les Banques d'émission déposent à la B.R.I. une partie de leur moyen de paiements extérieurs. Elle pourra ainsi faciliter le passage d’une monnaie à une autre monnaie au taux du moment sans qu'aucun marché puisse être

troublé par la réalisation de ces opérations.

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