CHAPITRE II
Evolution et divers mobiles de la guerre.
I. Antiquité et généralité de la guerre. — II. La cause commune des guerres. III, Variations et classifications des mobiles.
Lorsqu'on aborde à l'heure actuelle le problème de la guerre, on n'a plus à discuter la légende de l'âge d’or, à laquelle Pantiquité et le xvrne siècle avaient donné la consistance d’une réalité et dont la science a depuis longtemps fait justice. À peine est-il nécessaire de mentionner les auteurs ! dont le zèle religieux a renouvelé cette croyance en une période édénique : l'homme serait apparu sur la terre par une intervention divine, civilisé ou à demi civilisé, dans un état d’élévation morale et de paix sociale que les traditions des peuples aryens, sémites, touraniens, mexicains, péruviens s'accordent à reconnaître chez leurs ancètres ; les sauvages seraient des êtres dégradés et punis, à Pexemple des peuplades océaniennes, qui sont des émigrants dégénérés de peuples asiatiques supérieurs ; il n’y aurait pas eu d’âge mais seulement des régions de la pierre taillée, formant, selon M. de Lapparent, autour de pays plus avancés Cune sorte d’auréole, si un pareil mot pouvait s'appliquer à un aussi triste encadrement. » On révoque en doute, on ridiculise même la découverte de silex et d’ossements dans certains terrains. — Les railleries ne sont pas des arguments. Les légendes primitives, souvent erronées, n’en sont pas davantage : on rêvait le passé tel qu'on souhaitait l'avenir. L'état originairement élevé de quelques races déchues est, enfin, tellement peu probant contre la théorie de Pévolution que Darwin lui-même Fa connu et qu'il Pa reconnu comme une exception ?.
1. Archevêque Wathely, duc d’Argyll; Comte J. de Maistre, Sotrées de St-Pétersb.. éd. 1842, t. II, p. 45; Polybiblion, 1880, 11, 242...
2. Descend. de l’homme, t. 1, p. 199 s. — Posada, Théories modernes sur les orig. de la famille, de la sociélé et de l’état.