A-T-IL EXISTÉ UN AGE D’OR
Un sociologue évolutionniste ‘, ilest vrai, a essayé de rétablir sur des données scientifiques l'hypothèse d’un âge sans combats d'aucune sorte. L'évolution fœtale et postérieure à la naissance reproduisant évolution des espèces, il conclut de l’absence d'armes naturelles — défenses, griffes, cornes — dans le premier cas, à leur absence dans le second. Ce raisonnement, à vrai dire, ne prouve pas plus l’inexistence primitive des guerres, que la réalité de notre caractère Cinermis » n'établirait notre état naturel ou notre destination pacifiques. L'auteur tire en outre argument, mais par induction et sans preuves directes, de la rareté des individus, de leur dissémination sur de vastes espaces, exclusive des contacts et des chocs, et il invoque lobservation, exceptionnelle toutefois, d’un âge sans luttes sanglantes, puis avec des guerres rares et peu meurtrières, chez les Mélanésiens et les Esquimaux. — La généralité des faits constatés affirme au contraire la barbarie primitive, l’âge de pierre et non l’âge d’or ?. Les préjugés sentimentaux mis de côté, si l’homme ne rougit pas plus de son origine € simiesque » qu’il n’a à en tirer une vanité de parvenu, 1l doit bien reconnaître la misérable condition de ses ancêtres. Tout l’y convie : lembryogénie montre des similitudes frappantes entre le fœtus, à un certain développement, et le singe; l’anthropologie préhistorique, Parchéologie, lépigraphie, la linguistique, exhument des traces de humble condition de l’homme primitif, de son industrie, de ses coutumes, de ses croyances; l’ethnographie comparée nous permet de le comparer au sauvage actuel et elle nous apprend que les moins favorisés peuvent s'élever dans l'échelle de la civilisation, quoique lentement *. Les auteurs qui n’acceptent pas la supposition d’une création spéciale en faveur de l’homme ni l'existence d’un couple unique primitif, les évolutionnistes, admettent que rien n’est plus indéterminé dans ses caractères, son début et ses I-