‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 133 sur 471 · CAUSES NON RELIGIEUSES DES GUERRES DE RELIGION · texte numérisé non relu

CAUSES NON RELIGIEUSES DES GUERRES DE RELIGION

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Les hommes de religion subirent eux-mêmes l’ascendant d’intérêts peu spirituels !. La Papauté encouragea la lutte contre ses adversaires politiques (écrasement des Hohenstaufen, affaire de Sicile ou € negotium Siciliæ », guerre contre les Vénitiens.) En Angleterre, au début du x siècle, on prit la croix pour la guerre contre les Français, et, au milieu, le pape fit prècher la croisade contre les barons qui luttaient pour les libertés nationales*. Tant qu’elle prétendit à la domination pour elle-même, l'Eglise ne fit pas tous les eflorts possibles pour empêcher les guerres, qui, € en affaiblissant les princes et les peuples, lui donnaient une supériorité relative de puissance * ». Elle ne les interdisait que dans son propre sein. Lorque, ayant renoncé à la domination temporelle universelle directe, sa force fut faite de celle des princes sur lesquels elle s’appuya désormais, ou dans la mesure où elle était intéressée à leur bon accord, elle s’efforça de faire cesser entre eux un état de violences qui lui nuisait en même temps qu’à eux. Pour faciliter leur union, elle les encouragea à porter leur ardeur contre le dehors. La trêve de Dieu fut ordonnée en 1095 par Urbain IT, à ce même concile de Clermont qui décida la 1" croisade. (Auparavant, il y avait eu des tentatives de la part de conciles provinciaux, puis de celle des conciles de Jubuha, Saint-Gilles et Narbonne, Geronne, Lillebonne, Iroga, entre 1041 et 1093). Ce n’était pas une coïncidence fortuite : il fallait la paix de Dieu à l’intérieur pour la guerre de Dieu à l'extérieur et réciproquement *. Malgré ce caractère intéressé, qu’elles partagent avec la plupart des actions humaines et qu’on ne saurait leur reprocher, La paix et la trève de Dieu eurent une influence bienfaisante dans les rapports internes. La papauté prétendit même au droit de se prononcer sur la justice des causes de guerre.

Les princes, plus encore, s’inspirèrent, dans les guerres reliet du protestantisme aux xvr et xvii° s. est religieuse et politique, c’est une lutte pour la monarchie universelle contre les nationalités.

5. Hume, Essays, 1193; t. IV, 10, p. 41 s : Comparison of these Religions with regard lo Perseculion a. Toler. — Le théologien Patr. Armacanus (Le Mars françois, 1637, p. 112) avoue ce singulier strabisme : « Les Religieux mêmes et les hommes d’Eglise jettent parfois l’œil gauche sur la terre, à mesure qu’ils élèvent le droit vers le Ciel; ils mêlent leurs intérests à ceux du Crucifix. »

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