‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 134 sur 471 · Jähns, Ueber Krieg, p · texte numérisé non relu

Jähns, Ueber Krieg, p

8. Ses arbitrages, d’ailleurs, furent justes, sensés et respectés. — St-Si mon (Réorg. de la soc., p. 174) et Comte (Phil., t. V, p. 203, 241) exagèrent l’importance

pacifique de l’unité religieuse au moyen-àge en attribuant à sa cessation laïrecrudescence guerrière.

gieuses, de considérations personnelles, telles que : Pagrandissement de leur empire, la satisfaction de rancunes contre des maisons rivales, l’obtention de gloire ou encore acquisition du titre de roi très chrétien, de pieux. de catholique ou de saint. Si ces faits ne constituaient pas les buts de la guerre, ils étaient souvent le mobile d’enrôlement des guerriers. Les Croisés croyaient assurer leur salut en tuant ou en mourant au service du Christ et en vue de la possession de son tombeau. Cette exspectative de récompense céleste — manifestation d’égoïsme, selon Comte — l’emportait même sur le désir de convertir Pinfidèle *.

Tout, d’ailleurs, n’était pas calcul dans la guerre religieuse. L’hostilité d’instinct — antagonisme de races ou de civilisations — a pris une large place dans les luttes entre chrétiens et musulmans ou infidèles, depuis la bataille de Tours jusqu’à celle de Lépante. L'instinct batailleur qui pousse au combat sans but bien défini, pour la simple jouissance qu’on éprouvera dans ses opérations, explique pour partie la grande & folie » des Croisades, comme l’aveuglement des passions explique FInquisition. L’absurdité même de la conception d’une foi transmise par les armes suffit à rendre douteux que cette propagande soit l’œuvre de gens raisonnants et c’est peut-être leur excuse. Surexcitée à l'extrême, Pagressivité amena les habitants d'Alexandrie à se battre pour un iofa, pour faire confesser que le Fils était opoovvroc et non omotovvtoc du Père! Exposer sa vie et attenter à celle des autres pour de semblables puérilités, suppose que le désir d’unité de la foi, transformé en impulsion aveugle, en fanatisme, en délire, a perdu la juste notion de la valeur des choses. Le croyant envisage sans doute quelquefois le maintien de son credo comme une question de dignité, de salut, de bonheur éternel, et le débat, alors, porte réellement sur une question de vie ou de mort; mais le plus souvent, c’est l’impulsivité qui disproportionne la valeur du moyen avec celle du but et donne aux guerres de religion leur caractère implacable et furieux.

Dans les temps primitifs et parmi les peuplades arriérées, le caractère exterminateur est né parfois du naturel sauvage et

{. Humbert de Romani, g4! des Frères prêcheurs, annonçait que les croisés morts rempliraient les demeures du ciel et que, si la guerre ne convertissait pas les musulmans, ce résultat suffirait, Gauthier Vinisof répondait à ceux qui prétendaient que les pèlerins n’avaient rien gagné, Jérusalem étant restée au pouvoir des ennemis de la foi : « Ne comptez-vous donc pour rien le triomphe spirituel de 100.000 martyrs? » (Michaud, Hist, des Crois. ; J. de Triac, G. et christ. p. 115.)

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