‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 136 sur 471 · CAS · texte numérisé non relu

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sommes libres, savants, chrétiens, c’est à la papauté que nous le dévons ». — On justifie de même les guerres de la Réforme : partout Pagression serait due aux protestants, aux malcontents !. Si on n'ose prétendre que les hérétiques attaquaient les catholiques, on se contente de répéter, avec Veuillot : € Les hérésies attaquaient la doctrine catholique... et nulle cause de guerre n’est plus légitime et plus honorable; s’il y à une guerre qu’il faille faire, c’est celle-là ?. »

Contre la guerre de propagande religieuse, nous possédons pourtant la déclaration catégorique de Bossuet, au sujet de ceux qu'on appelle aujourd’hui ultramontains : € Où ont-ils lu que les disciples du Christ allèrent enseigner les nations, armés jusqu'aux dents ?.. Ils diront que PEglise, dans la faiblesse de son enfance, n’a pu faire ce qui lui est loisible dans la force de l’âge. Les malheureux! Ont-ils oublié que la conversion de l’Angleterre fut opérée par des moines ? Si les Saxons furent baptisés dans le sang, ne faut-il pas déplorer ces conversions violentes, bien loin d’y chercher une autorité? ? » Le principe de la prohibition des guerres religieuses a été reconnu dans le traité de Westphalie *# et il l’est presque unanimement aujourd’hui.

La même contradiction d'opinions se rencontre dans le jugement, par la religion, des guerres, en général. Jéhovah n’est-1l pas et ne se dit-il pas Sabaoth, dieu des armées *? La guerre, disait de Maistre, est & un département dont Dieu s’est réservé

le ministère »: le ministre eût été agressif et cruel. L’Ecriture Sainte rapporte plusieurs commandements exprès de Dieu pour €exterminer sans pitié de.dessus la terre les peuples qu’il livre en pâture au sien‘. » Bien plus, du haut des cieux, lui aussi

4. L. de Ste-Marie, Essai hist. sur l’effus. contlin. du sang humain, 1807, p. 18$.

2, La g. et l’homme de g., p. 89 s : les opinions des Albigeois étaient des « obscénités » ; « tout autre moyen que la guerre était inefficace pour s’en débarrasser. » Ueux qui, avec Voltaire (Pensées sur l’adm. publ.; Poème sur la relig. natur.), voient dans l’Eglise un ferment de discorde « sont des ignorants » (p. 85). « Si les catholiques ont abusé de leur force, Dieu les jugera, »

3. Defensio declar. cleri gallicani, 1. 4, s. 1, 15. — De même : Fr. de Vittoria, De jure belli, 40 s; Dom. Soto; Fr. Suares, Opus de tripl. virt. theol., 8° p., disp. xur, de bello, 5. — Parmi les publicistes : Gentilis, 1. [, ch. 1x.

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