‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 15 sur 471 · L’oppos. univ., p · texte numérisé non relu

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du but, l'énergie du désir; la guerre est engendrée par le conflit de désirs forts et subjectivement exclusifs, entre deux groupes !. Si l’on s’est battu à Alexandrie, c’est qu’on envisageait non pas l'acte en lui-même, dont l'importance était minime, mais sa signification, qui était le mépris de la personnalité des adversaires, impliqué par le peu de cas qu’on faisait de leur opinion : 1l y à plus qu’une croyance en cause, car l’absence du respect dû à notre liberté est un des plus grands dangers que nous courions. Si la politique et aujourd’hui économique passionnent tant les populations, ce n’est pas seulement parce qu’elles posent des interrogations collectives, mais parce qu’elles soulèvent des questions considérées comme plus vitales que d’autres et qui par conséquent mettent en jeu les ressorts de l'impulsion. Si Pon s’est battu pour des questions politiques, c’est en partie parce qu’on considérait les gouvernements comme les dispensateurs du bienètre; on se figurait qu'en prenant possession du € pouvoir » on devenait tout-puissant. Aujourd’hui le terrain de la lutte semble se déplacer, et, bien que les questions politiques restent collectives, elles amèneront des conflits peut-être moins violents que ne le seront les grèves et autres luttes économiques, parce qu'on les considère comme moins essentielles. La même raison explique seule que tous les conflits collectifs n’entraînent pas la guerre, qu'il existe des moyens pacifiques de résoudre les difficultés internationales, des transactions, des arbitrages..., inexplicables s’il suffisait à un conflit d’être collectif pour entrainer la guerre. Elle nous permet aussi des espérances plus grandes, car, si lon ne conçoit pas pourquoi le nombre des questions posées à des collectivités diminuerait (il augmente plutôt), on comprend parfaitement que la valeur vitale et Pexclusivisme putatifs décroissent, ainsi que la vitalité réelle des questions et l’exclusivisme des solutions internationales. C’est même là une réalité.

La théorie de M. Tarde pèche encore doublement en affirmant que la guerre est le résultat de deux syllogismes collectifs ?. se peut que, dans chaque groupe, la conclusion seule soit

1.1 ne s'ensuit pas fatalement qu’elle soit, comme le dit Tarde (Logique, p. 12), semblable à l’accès de folie, produit par le conflit, chez un méme individu, de deux désirs forts, Sans doute « la guerre, c’est l’absurde social dans toute sa splendeur; quelquefois même elle est une folie chronique »; mais, dans la bataille entre deux passions puissantes, l’absurdité ne règne pas toujours en maitresse, sinon les tragédies classiques seraient le tableau de la folie, les lamentations du

Cid celui d’un accès!

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