Gunther, Europ. Vülkerrecht, Altenberg, 1787, p
3. L'équilibre aspire aussi, inversement, comme vers un idéal, à la conservation d’Etats faibles ou en décomposition, d’ « hommes malades » (Turquie, Maroc) dont la déchéance entraînerait une chute naturelle et peu regrettable.
opérées contre le gré des populations, — elles n’augmentaient pas toujours sa force ni sa richesse. La France agrandie de Louis XIV était plus faible que la France antérieure. Comment dès lors se sentir plus menacé qu'auparavant à raison de sa validité? Cette crainte exista pourtant, de bonne foi, à cause du préjugé de la superficie, qui faisait considérer l’étendue comme Pélément le plus important du pouvoir.
Adopté aujourd’hui, le système de l’équilibre € abaisseur » serait encore plus désastreux, puisqu'il faudrait appliquer avant tout aux Jacteurs autres que la surface, dont on considère à juste titre que dépend davantage la valeur. Voici comment les choses se passaient autrefois à leur égard. € Dès qu’un Etat est gouverné avec sagesse, veille à ses intérêts et commence à prospérer, il devient objet de jalousies et bientôt se forme contre lui une ligue dont les membres profiteront de la première oceasion favorable pour attaquer leur rival (Ex. : ligue de Cambrai contre Venise ; attaques collectives contrela Hollande, la Suède...) À chaque amélioration interne au sein d’un des Etats européens, . tous les autres devraient s’interposer et lui faire des remontrances pour empêcher que la perfection de son organisation ne Jui donne une puissance exagérée. Or ce ne serait ni juste ni désirable... Il est en effet impossible, sans commettre l’injustice la plus criante, de mettre obstacle à l’activité d’un Etat quand cette activité doit servir à son perfectionnement et à son bonheur (et qu’elle n’est pas manifestement dirigée contre autrui : il n’y à ni faute subjective ni dommage objectif.) De plus, il faudrait reconnaître à chaque Etat le droit d'intervenir dans les affaires intérieures de son voisin et d’en arrêter la sage activité.. La crainte d’une monarchie universelle ou d’une hégémonie 1llusoires fit tomber dans un état réel bien pire : l'esclavage de chaque Etat vis-à-vis de tous ses voisins. Or il est plus lourd à supporter de dépendre de plusieurs Etats à la fois que d’un seul... Le remède est pire que le mal!. » La médiocrité et la misère de tous retombaient sur chacun.
Quant à lPaccroissement de la puissance militaire ou des éléments précédents en tant qu’ils en étaient des facteurs, ils pouvalent toujours, même non dirigés contre le voisin, lui paraître dangereux. Il n’y avait pas injustice à se mettre en garde, mais la nocuité de ensemble du système n’en devenait que plus grande.