L'INÉGALITÉ DE FAIT TEMPÉRÉE PAR L'ÉGALITÉ SUBJECTIVE
facteurs matériels : superficie, armements, richesses. Même si elle avait laissé place aux éléments non physiques (qualités psychologiques et sociales), Pidée mathématique de balance eût été incompatible avec Pidée de société-organisme. Pour déterminer la valeur et régler Les rapports de deux organismes, on n’opère pas de pesée. Quand on parle d’un équilibre des forces de la nature, on ne songe pas l’identité de poids, mais à la coexistence durable de ces forces. En matière politique, l'équilibre consisterait de même dans € la commupauté paisible de plusieurs Etats de puissance différente ! ».
Cette égalité réelle, en la supposant réalisée entre deux Etats, ne serait ni suffisante ni nécessaire pour qu’on pense qu'ils la possèdent. Les diplomates, qui visaient à établir légalité par des actes, ne tentaient pas de convaincre directement de son existence ni du devoir de respect ?. Or, sans Pélément subjectif, l'égalité objective n'aurait guère d’effet utile, tandis que l’état subjectif pourrait assurer le respect sans elle. Deux individus de même forme, mais qui ignorent cette particularité et dont chacun n’éprouve aucune aversion pour le fait de léser l’autre, n'auront dans leur égalité pas plus d’obstacle à se combattre, que deux objets n’en auront à se rencontrer, dans le fait qu’ils ont une même masse et sont animés d’une même vitesse : ils se heurteront dès que les directions de deux de leurs désirs seront de sens opposés. Deux autres individus, même très inégaux, ne se battront pas à la légère, si, au contraire, chacun d’eux croit l’autre puissant et éprouve de la déférence à son égard. Sans la propension interne et psychologique au respect, équilibre même parfait des arrangements de territoires et de puissance (en le supposant réalisable) serait propre tout au plus à empêcher la consomma-