‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 160 sur 471 · PRINCIPES DE POLITIQUE INTERN SUBSTITUÉS A L’ÉQUILIBRE · texte numérisé non relu

PRINCIPES DE POLITIQUE INTERN SUBSTITUÉS A L’ÉQUILIBRE

lemagne, qui, avant l’acève nent de leur unification, offraient un champ ouvert aux con uérants à raison de leur fragmentation et de leurs luttes intestines, sont parvenues à lintangibilité non en abaissant leurs voisines, mais en s’élevant jusqu’à elles.

Si de telles unifications ont eu d’heureux effets au point de vue de équilibre, ce ne fut pas principalement par son influence ni en son nom qu'elles ont été accomplies. Impuissant à garan- Ur la permanence des rapports existants, l'équilibre est encore davantage incapable de fournir un critérium « pour introduire de nouveaux rapports juridiques en harmonie avec les nouveaux rapports de fait qui peuvent venir à naître ! ». En méprisant la volonté des populations, il serait à la fois injuste et désastreux. Ce critérium au nom duquel on peut apporter des modifications à la carte politique se trouve dans la théorie des nationalités et son application ne peut avoir lieu qu’en vertu de la volonté des populations. Lorsque les principes de nationalité et de souveraineté nationale seront réalisés, la paix aura, dans les peuples conscients d'eux-mêmes et gouvernés par eux-mêmes, une garantie plus forte qu’elle n’en aurait eu autrefois par le seul équilibre physique, d'ailleurs imaginaire, d'Etats artificiels. Bien moins que par le passé, il ne pourrait être alors question de conquête violente, d’abord parce que les très petits Etats et les grands Empires artificiels seraient disparus et avec eux la possibilité pour les seconds de dominer les premiers (Carnazza- Amari); ensuite parce que, fussent-elles inégales, les nations auraient chacune un vif sentiment de sa personnalité et de celle des autres et résisteraient énergiquement à leur démembrement.

On objectera que, entre ces nationalités de puissance assez inégale, 11 pourra naître des jalousies et des rivalités, même malgré la reconnaissance mutuelle de leur indépendance. Mais le meilleur moyen pour rétablir entre elles harmonie, n’est pas de les encourager à se faire échec, même par de simples alliances défensives (recommandables à défaut d’autre procédé). Leur confédération serait un moyen infiniment préférable pour imposer à chacune d'elles ses limites ? : par la garantie collective des droits de chacun de ses membres, elle remédierait à l’é-

Page 1