CARACTÈRE MODERNE DES GUERRES DE NATIONALITÉS
vitablement liées dans la période d’enfance, tar la virulence du sentiment de l’individualité qu’exige la naissance d’une nation, est bien proche de son excès. Les guerres € nationales ! » en résultèrent.
Elles sont modernes, presque contemporaines, puisqu'elles datent du xix° siècle ?, C’est à tort qu’on en a attribué 'e caractère à des luttes qui ne pouvaient Pavoir. On à reproché ? aux historiens de n’avoir pas, pour expliquer les luttes intestines de la Gaule, fait une place assez large au sentiment qui poussait les peuplades à grouper autour d’elles les € membres épars de la race » : c’est exagérer les connaissances géographiques et ethnographiques de nos ancêtres. La fréquence mème de leurs luttes prouve au contraire qu’ils ne se sentaient pas unis. Même beaucoup plus tard, il n’y à pas de patriotisme français, allemand. italien, Un tel sentiment n’a eu qu’une part minime dans l’expulsion des Anglais en France, des Maures en Espagnes. des Suédois en Allemagne (a fortiori dans lutte des Grecs contre les Perses, des Gaulois contre les Romains), car il ne faut pas con- Jondre la haine de race, Paversion instinctive contre l'étranger, Pennemi, avec l’aspiration à l’unité nationale, basée sur la connaissance de la solidarité matérielle ou morale ou bien du concours des volontés. — Ce n’est pas non plus que des populations assujetties par un lien aussi odieux que factice à des maisons étrangères n’aient tenté, avant le xix° siècle, de se libérer, au besoin même par la violence (Suisse contre Autriche et Bourgogne, Pays-Bas contre Philippe IT, et mème Américains contre Anglais), mais ces luttes d'indépendance politique ne visaient pas à réaliser l’unité des populations soulevées sur la base de leur communauté d’origine, de langue ou d’aspirations. Les nations, qui étaient en voice de formation, ne cherchaient pas encore à devenir des Etats politiques “, et inversement les tentatives de réunion de territoires sous une même autorité politique
4, En les qualifiant d’après leur but (constitution d’une nation en Etat indépendant ou rectification), et non d’après le champ des mobiles (voulues par tout le peuple), ni d’après le moyen (emploi de la nation entière à la lutte). Des auteurs classifient pêle-mèêle les guerres d’après le but (de conquête..), puis d'après le moyen (faites par toute la population). — Sur la constitution des Etats comme etret général des guerres : infra, Effets politiques.
9, De 1848, dit P. de Bourgoing (Les g. d’idiôme el de nat., 1849, p. 6) IL y voit seulement des rivalités de langues, et n’en signale pas moins de 9 en 1848, entre 23 peuples, parlant 17 langues.