Fouillée, Science sociale contemporaine, p.394... a
7. La simple volonté a quelque chose de brutal; mais il y a plus, ici, que da
à l’idée que l'individu est la base de la société: 11 y à aussi intérét à s'unir à qui à la volonté de s'unir, à se séparer de celui qui veut se séparer. L'accord est sufjisant : pourquoi empêcherait-on de s'unir ceux qui en ont la volonté réfléchie, sous prétexte qu'ils ont des crânes ou des langages différents? Mais 1l est nécessaire, comme une condition de la vitalité et de la durée de la nation, car sans lui, toute société tend à se dissoudre. On ne peut prétendre agglomérer dans la même organisation politique les hommes qui appartiennent à une même race, si leur volonté est contraire. € La langue invite à se réunir, elle n’y force pas !. » Il en est de même des autres facteurs, et même de la solidarité des intérêts : on n’est pas obligé de suivre son intérêt ?. Peu importent les autres circonstances : contre la volonté des populations. toute acquisition est une conquête et doit être appréciée et traitée comme telle.
Une nation, c’est un agrégat qui doit sa force de cohésion à l’assentiment spontané que les individus composants donnent incessamment au maintien de la vie commune. Son élément constitutif est le consentement mutuel (et non la volonté unilatérale) à être réunis en un corps, et à agir ensemble *. C’est à la fois un idéal et une réalité : lexistence même d’un groupement montre que ses membres préfèrent, même lésés, rester en société plutôt que se séparer (cet accord sur le fait de lunion n'impliquant d’ailleurs pas acquiescement à chacun des actes de la majorité). Inversement ceux à qui l’état actuel du groupement a cessé de plaire s’en séparent ou essaient de le modifier. La collectivité ne subsiste que tant que les forces coordipatrices, c’est-à-dire les volontés individuelles la maintiennent *. Le désir d’union est tout dans la société.
Si cet état de choses a l'avantage de décourager la conquête et de permettre certaines réunions souhaitées malgré les antécé-
volonté. On ne peut d’ailleurs reprocher au principe d’avoir servi à couvrir des
conséquences exagérées qui « se manifestent comme une force brutale » (Ex. : le panslavisme, Klaczko, Rev. Deux-Mondes, 1er sept. 1867). 1. Renan, tb., p. 298. — L'homme tend à s'affranchir de la dépendance du sol.
De plus, nombre de groupements n’ont pas de base territoriale. Etc...
2. Mais, la volonté suivant généralement l’intérêt, la collectivité doit veiller au bien de toutes les unités. La réciprocité des services rendus et reçus est plus importante que la communauté d’origine ou de religion.
3. Cf. Bleck, Congrès des Amis de la paix, 1878, p. 105; Renan, tb., p. 306, s; Bagehot, ib., p. 22... L. Ravera, Del concetlo di persona nel diritlo inlern., combine l'identité des nécessités de la vie et des moyens d’y pourvoir, avec la volonté, exprimée par le suffrage universel.
4. « L’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours, comme l’existence de l’individu est une affirmatiou perpétuelle de vie. » (Renan, ib., p. 301.)