Pradier-Fodéré, t VI, p. 582 s. et auteurs cités
4. Contra : Mailfer, Démocr., p. 115; Mérignhac, Lois de la q., p. 14.
$. Bossuet, Pol. 1x, 4; Haller, Sc. pol., t. III, p. 349; Montesquieu, 1. X, ch. 2...
6. Wayland, £lem. moral sc. : Si, malgré la persuasion morale que nous lui opposons, un Etat nous attaque, nous devons supporter le mal avec résignation. — Th. Upham, Manual of Peace, N. Y., 1836, ch. 8, 9, 15, 22.
des moyens réprouvés quand ils servent à attaque, tels que : embüches ou guerres de partisans (pratiquée par l'Espagne et l'Allemagne contre Napoléon; proposée par Chanzy contre les Allemands, le 2 février 1871)? Il né semble pas que cette particularité puisse changer le caractère de procédés odieux en euxmêmes.
De plus il est dangereux de donner des règles très différentes à ce qui est permis dans l'offensive ou la défensive, car la distinction est difficile à appliquer ëti pratique !. À Pheure actuelle, chaque Etat s'efforce dans les échanges de notes diplomatiques qui précèdent la rupture, de légitiiner sa conduite pour se prétendre ensuite en état de légitime défense.
La défense nationale, parce qu’elle est un devoir sacré auquel ne voudrait manquer aucun metnbre de l'Etat, est parfois exploitée pour couvrir des desseins de conquête ou de domination intérieure : les gouvernements présentent les voisins comme des ennemis prêts à fondre sur une proie *; les écrivains se font l’écho de la médisance internationale: tout le mal provient du voisin, l’Allemand craint le coq gaulois et l’ours du nord, le Russe ne se sent pas en sécurité à côté de l'Allemand, etc. Ÿ Cette méfiance mutuelle, dont les faits et le système, non les gens, sont responsables et qui disparaîtrait pourtant si les gens s’expliquaient loyalement, constitue le plus grand obstacle au désarmement.
Quelques auteurs croient trouver la preuve de l'intention agressive des Etats dans l’énormité de leurs armements, que ne nécessiterait pas la seule défense ; et ceux qui n’admettent que la défense, conseillent de modifier dès l’instant présent les institutions militaires. Il n’y aurait pas besoin d’une puissante armée permanente : une armée envahissante serait, malgré sa bravoure et ses Capacités, impuissante à réduire une population entière, soulevée pour son indépendance et le respect de ses
1. R. de la Grasserie, R. int., soc., 03, p. 207 : crime international justifié ou excusé suivant que la provocation est ou non douteuse,
2. En 1848, malgré la tendance pacifique de la France, affirmée par Cobden (Œuvres choisies, p. 126, 132 : Augm. des dépenses mil.), le duc de Wellington demande des armements : on représente les Français comme des bandits, attendant une occasion pour débarquer sans déclaration de guerre et enlever la reine: on fait craindre l’arrivée des Russes à Yarmouth, tant est grande l’audace des im-
posteurs et l’enfantillage des dupes. — En 1880, l’empereur d’Allemagne, puis de Moltke, réclament des sacrifices en vue d’attaques problématiques. 3. Novicow, La q., p. 140 S. : Ex. — Spencer lui-même, homme avisé, se laisse
surprendre par le sophisme : l’Angleterre doit soigner ses dents et ses griffes tant que l’Allemagne et la France militarisées, les soigneront, (Sc. soc., p. 205.)