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IDÉAL DE LA RÉACTION CONTRE LA LÉSION DES DROITS

tre procédé sera imconcevable (par exemple, lorsque Padversaire sera de mauvaise foi ou mettra le réclamant honnête en face du fait accompli d’une agression) qu’on pourra y recourir soi-même.

En somme, lPexigence des quatre conditions condamne presque toutes les guerres. Elles ne se trouvent, en fait, alliées à un but juste que dans une hypothèse presque unique : celle de la défense, c’est-à-dire au cas d’une guerre commencée par autrui ou sur le point de l’être, ou contre une injustice qui nous atteint dans un intérêt vital et que nous ne pouvons empêcher par d’autres voies. À vrai dire, nous ne sommes pas libres de nous en abstenir dans ce cas, donc pas responsables : elle nous est imposée pour repousser l’ennemi qui nous met l’épée sur la gorge Mais c’est là un minimum et on ne comprend pas que des sectaires nient ce droit, ce devoir sacré de la résistance,

— En résumé, étant donné que les volontés de diverses personnes peuvent être à l’égard Pune de l’autre, ou indépendantes, ou solidaires, ou antagoniques, l’idéal des relations humaines impose de réduire les antagonismes subjectifs, pensés, à Pantagonisme objectif, réel. Pour cela, il faut tendre à :

1° Avoir une connaissance éæacte de nos droits, ne pas étendre au delà ou restreindre en deçà nos buts d'activité.

2 Nos droits étant connus, avoir une sensibilité juridique normale qui nous avertisse des atteintes qu’ils reçoivent, mais non excessive ni, à l’inverse, réduite par une sorte d’analgésie. Ne pas sentir comme une injustice ce qui n’en est pas une en réalité, ni imaginer comme volontaire un préjudice qui ne l’est pas. Ce qui empêche souvent la transaction, c’est qu’on suppose chez autrui une intention vexatoire : il faut s’éclairer sur sa bonne foi et sur son degré de culpabilité. Si notre personnalité n’est pas engagée, la conciliation devient possible dès qu’il nous offre Péquivalent mathématique du préjudice subi. Si elle Pest vraiment, l’exigence d’une réparation non pécuniaire, par exemple de garanties de son respect futur, devient légitime.

duise en voies de fait brutales et emportées (guerre), soit qu’elle se manifeste par une résistance mesurée, mais durable (procédure devant un tribunal), ne peuvent nullement servir à mesurer l’intensité du sentiment juridique, et il ne saurait y avoir de plus grande erreur que d’attribuer au peuple sauvage ou à l’homme sans éducation, pour lesquels la première de ces formes est la forme normale, un sentiment juridique plus vivace qu’à l’homme civilisé qui prend le second parti. Les formes sont plus ou moins une question d'éducation et de tempérament » [ou de caractère non seulement de celui qui réagit, mais de celui contre qui on réagit].

39 Avoir une notion eæacle de la nécessité de réagü contre les lésions et y conformer notre volonté. On ne doit pas, par impulsivité, exagérer le châtiment ou outre-passer la réparation, non plus que subir passivement l’outrage. € La violence avec laquelle le sentiment juridique réagit en fait contre la lésion est la pierre de touche de sa santé », affirme Jhering (p. 49): cela est loin d’être vrai. L’hypertrophie n’est pas la santé. Au delà de la proportion entre les intérêts concrets et généraux engagés et l'effort consacré à les soutenir, il y a trouble de la santé, violation du principe d'économie, par de mauvaises passions ou de mauvais calculs.

4° Adapter un moyen non odieux en lui-même de réaction au but poursuivi, selon le caractère de l’offenseur. Envers des êtres cultivés et à défaut de concessions mutuelles, la revendication énergique du droit devant un tribunal suffit en principe. Partout, les simulacres de lutte (procédures...) tendent à se substituer à la lutte réelle et l'appréciation théorique des forces ou des titres, à leur mesure effective sur le terrain.

Nous avons ainsi fixé dans quelle mesure et à quelles conditions la guerre est légitime. Il nous reste à rechercher d’une part si elle est appliquée à la poursuite du droit, et d’autre part si elle réussit à le faire triompher. La première question se rapporte au but, la seconde au résultat, à Padaptation du moyen au but.

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