‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 193 sur 471 · CONDITIONS IMPOSÉES À LA GUERRE MISE AU SERVICE DU DROIT · texte numérisé non relu

CONDITIONS IMPOSÉES À LA GUERRE MISE AU SERVICE DU DROIT

pas le supérieur du vaineu ni toujours le juste !, ne vaut pas, puisque nous nous plaçons dans l'hypothèse d’une agression injuste que la victime réussit à repousser. L’objection d’ailleurs est peu logique. Du moment où lPon concède que la nation peut juger dans sa propre cause, aucune raison majeure ne s'oppose à l’admission d’une peine privée. Il n’y a pas plus de supériorité dans le premier cas que dans le second : la guerre sapplique moins mal au pénal qu’au civil. Si, à l’inverse, on n’accorde pas la peine privée, il faut refuser aussi les frais et même la réparation : ce serait accorder l'impunité, puisque, en attendant que la collectivité assume la fonction de juge et de gendarme, personne n’a, plus que la victime victorieuse, qualité pour juger les Etats. Tout en le regrettant, il faut bien admettre que la réaction soit exercée par elle.

Les conditions que nous imposons à cette réaction ne sont pas contradictoires avec les critiques que nous allons lui adresser. Le conseil donné aux duellistes de montrer qu’ils croient soutenir leur honneur, en ne se conduisant pas comme des brigands, et le fait qu’ils s’y conforment, n’entrainent nulle présomption que l’outragé l’emporte. L'idéal proposé de la guerre, pour le cas où l’on y serait contraint par la défense et où Pon triompherait, n'implique nullement qu’elle ait toujours ce but et ce résultat.

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