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CHAPITRE I L’impulsion dans la guerre primitive

1. L'impulsion dans l’activité et spécialement dans la guerre. — 11. Combativité, impulsivité, honneur, gloire, amour de l'émotion et du risque, haine, vengeance, destruetion, extermination, etc.

€ Jamais, dit un jurisconsulte illustre !, Paction elle-même, n’est un but, elle n’est qu’un moyen de latteindre... L'acte ne peut se concevoir sans but. Agir et agir dans un but sont termes. équivalents. » Plusieurs écrivains appliquent cette idée à notre matière: La guerre est el a toujour's été un moyen, jamais un but, et on ne conçoit pas qu’elle le soit”. D’autres nient que l'homme soit batailleur et affirment qu’il guerroie pour sa seule utilité *. D’autres enfin se contentent de dire que la lutte primitive fut économique, intéressée, calculée en vue de profits économiques * et, appliquant une opinion contestable ?, que la

1, R. von Jhering, L’évol. du droit, p. 8.

2. &. von Clausewitz, Vom Kriege, t. 1, p. 22; E. Schlief, pen Friede, p. 2; Novicow, Les luttes... p. 427, ‘La g., p. 15.

13. J. Peyronnard, Des causes de q., p.18, 344. A portnis ACASC MOMENT 38, Do Nul ne fait la guerre par instinct et pour le plaisir de la faire, pas même les pirates et les conquérants, mais pour conserver ou acquérir.

4. G. de Molinari, Grandeur el déc. de la qg., not. p. 48-57 ;]P. Lacombe, La g., p. 6.

5. H. Nicolas ; Vianna de Lima, Théories transformistes, et L'homme selon le transform:, p. 123; Izoulet, La.cité moderne, p: 171 : les actions instinctives sont précédées d’actes voulus, sciemment adaptés à une fin, délibérés, dont ils sont la transmission,

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guerre, comme fin en soi, vient au terme de l’évolution, après la guerre motivée, intéressée, sans haine”.

Ces étranges affirmations proviennent de lerreur €egomorphique » qui consiste à reporter dans le passé nos tendances actuelles. Quelquefois cette erreur est encore plus accentuée, plus Visible : l’un? prétend que le barbare est ergoteur et il Jui prête un sophisme qui nécessita, pour être formulé, l'esprit d’un Aristote : € Jai le droit de tuer mon ennemi vaincu, done de le faire esclave »; l’autre”, en attribuant aux Pharaons et aux Achéménides une politique commerciale au sens moderne, dame le pion aux historiens qui imaginent toutes les guerres comme le fruit d’une müre délibération. Pour réfuter ces affirmations, 11 nous suffira de rappeler le rôle de lPimpulsion dans l’activité en général et dans celle du primitif en particulier et de le montrer dans la guerre et spécialement dans la guerre primitive, en nous gardant d'interpréter et de juger les institutions anciennes avec les sentiments et surtout avec les idées modernes.

Toute action a une ou plusieurs causes, mais elle n’a pas nécessairement un but, elle n’est pas toujours précédée de réflexion ni conçue Comme un moyen en vue d’une fin consciente. Un grand nombre d’actes sont objets directs de désir, voulus pour eux-mêmes, pour l’impression que nous en ressentirons, ou pour ce vers quoi ils tendent, sans que lasensation soit conçue comme distincte du fait ni la fin dissociée du moyen. Avant un certain stade de développement, ces actes seuls pouvaient exister, parce que la mentalité n’était pas alors assez élevée pour saisir nettement le rapport de cause à effet. (Et, pour entrer dans un rapport, ne faut-il pas nécessairement préexister ?)

La psychologie générale du primitif * en fait foi. Au sortir de Panimalité, Phomme ne diffère pas moins du contemporain par son état mental que par sa civilisation; la distance, souvent méconnue, entre ses idées et les nôtres n’est pas moindre que celle qui sépare son gourdin et sa hache de notre outillage per-

1. Letourneau, La g., p. 52; R. de la Grasserie, Rev. int. de soc., 1903, p. 204.

2. P. Larroque, De la g., p. 222. — Après Spencer, Posada (Orig. de la famille, p. 34, 98) accorde au sauvage une faculté de raisonnement, une « logique inflexible », mais exercée sur des données fausses; il agirait « toujours raisonnablement », L'auteur reconnaît pourtant (p. 404-107) sa vie animale, son absence de raison.

3. Ed. Meyer, Jhb. für Nal. Œkon. u. Slaatsw., 3 s.,t. IX, p. 596 s.

4. Cf. Spencer, Sociol., L. I, ch. vi-vin; d’Aguanno, Genèse et évol. du dr. civil, Part, gén., sect. I, ch. 11; K. Bücher, Hist. et éc. pol., p. 1 s; F. Cosentini, Sociol. génélique, essai sur la pensée et la vie sociale préhistoriques.

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