LA GUERRE N’EST PAS UNE SOLUTION
maintenant, songe à la reprendre. Les victoires et les acquisitions de Napoléon se terminèrent par les traités de Vienne, dont le système artificiel suscita les guerres d’indépendance ; on y trouve même les germes de la campagne de 1866, qui eut pour suite celle de 1870. La solution d’un litige met souvent en présence de questions adjacentes : une fois entré danscette voie, il est difficile d’en sortir, et la pente entraîne fatalement de guerre en guerre. En dehors de leurs desseins ambitieux, les maîtres de Rome, ceux de la France, et spécialement Napoléon, furent ainsi menés de conquête en conquête. Un pays voisin étant annexé, on se trouve en face d’un autre qu’il faut à son tour absorber ou démembrer... Des lésions multipliées, naissent les rivalités historiques, les haines ethniques, qui tendent à engendrer de nouvelles violences. L’hostilité séculaire qui régna entre la France et l’Angleterre en est un exemple frappant : de 1110 à 1815. sur 705 années, il n’y a pas eu entre elles moins de 272 années d'hostilités !. Les efforts de l'Autriche pour dominer PItalie lui ont de mème attiré la haine de ce pays.
La fréquence même des guerres semble prouver qu’elles ne résolvent rien. (De 1496 av. J.-C. à 1861, en 3358 ans, 1l y a eu 227 années de paix et 3130 de guerre, soit 1 année de paix sur 13, dans le monde civilisé seulement) ?. L'illusion contraire provient de la fatigue, de l’épuisement des ressources, après le carnage. Les belligérants paraissent désirer la paix et signent des traités. Mais ce n’est souvent qu'une trève, passagère comme le sentiment de faiblesse et d'autant plus précaire que les conventions, imposées par la force, ne semblent pas respectables à ceux qui les subissent. De 1500 av. J.-C. jusqu’à 1860, il a été conclu plus de 8000 traités de paix qui devaient subsister éternellement ; leur durée moyenne a été de 2 ans *. Quelle probabilité y a-t-il pour que le 8001° devienne définitif et résolve les litiges pendants? ‘ C’est, pour le vaincu désarmé, un mensonge conventionnel, peut-être nécessaire et ne trompant personne, que de signer € pour l'éternité » un contrat qu’il accepte momentanément pour avoir le temps de se refaire, mais qu’il se promet de rompre à la première occasion favorable ?.