‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 232 sur 471 · DÉFAUT DE GÉNÉRALITÉ DE L’ARBITRAGE ET REMÈD · texte numérisé non relu

DÉFAUT DE GÉNÉRALITÉ DE L’ARBITRAGE ET REMÈD

elle donc pas aussi une transaction, la plus dangereuse, la plus hasardeuse de toutes ? En réalité, heureusement, on commence à avoir une idée plus exacte de l'honneur, qu’on n’attache plus à de vaines questions secondaires ou de préséance, et on devient en même temps plus respectueux les uns des autres : on n’est plus forcé, en face d’une légère lésion, de présumer l'intention offensante, — condition indispensable de l'atteinte à honneur !.

Les auteurs aux yeux desquels l’arbitrage est, en fait seulement, impossible pour partie, s'appuient sur la constatation de ce qu’il à réussi, au x1ix° siècle, uniquement dans des conflits juridiques, secondaires, quise seraient apaisés d’eux mêmes, et (dont le jeu ne valait pas la chandelle ?. » Mais plusieurs traités d’arbitrage ne contiennent aucune réserve ?. De plus, s’il est bien possible qu'en fait les Etats ne puissent toujours conserver le calme en présence de questions vitales, ce regrettable état de choses ne doit pas être présenté comme une règle à suivre : il en résulterait une impossibilité psychologique, et non morale ou juridique.

Cette tendance est-elle mème générale et inévitable? Il y a lieu d’établir une distinction (subjective et sans critérium objectif unique) entre les guerres principalement ünpulsives ou conçues comme vitales et celles qui ne le sont pas. Ce n’est guère qu’en tant qu’il s’agit d’une action réfléchie qu’on s’incline devant le rationnel ; lorsqu'on est mü par la passion, mauvaise conseillère, par la rancune, par le désir de se venger, de nuire ou de faire la guerre, ou bien lorsque, atteint par un choc brusque dans ses œuvres vives, on réagit instinctivement, — dans tous ces cas, on calcule peu ou mal, on ne proportionne et on nadapte même pas le moyen à la fin poursuivie. Si, donc, un conflit met en jeu les ressorts de l’impulsivité ou s’il paraît avoir une importance vitale, la solution pacifique, le recours à Parbitrage, seront sinon impossibles, du moins difficiles *.

Page 1