‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 237 sur 471 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Le droit de la guerre.

J. Son absence. — II. Sa naissance. — III. Sa réalité et son efficacité.

La Vie est le moteur suprême, — cause, but et résultat, — des actions de l’homme. Leur valeur a pour mesure rationnelle leur degré de conformité aux nécessités de la vie. Aussi l’intensité des désirs, l’impétuosité des actes est-elle, naturellement, proportionnée à leur valeur vitale. Cette proportion toutefois a pour base, dans la réalité, la valeur non point réelle, objective, mais putative, subjective de ces actes, et elle n’est pas rigoureusement observée. — L’étude de la guerre, incompréhensible, en partie, sans ces vérités, en offre des applications remarquables. Par l'importance vitale du but poursuivi s’expliquent la plus ou moins grande facilité de continuer la paix, la plus ou moins grande violence des moyens ‘, la plus ou moins grande

1. Proudhon (La q., t. IN, p. 1145, 333) voit la cause de la violence des guerres, dans le fait qu’il s’agit de défendre soi et les siens et qu’elles sont le résultat du paupérisme. Il exclut à tort de son explication la force des passions, l’enthousiasme des batailles. Il accepte une idée trop simple et inexacte de la vitalité, en la réduisant à la valeur vitale réelle et matérielle, alors qu’elle peut être putative et porter sur des attributs moraux de la personnalité. Enfin, il croit que les guerres, ayant foules le paupérisme pour cause, en sont toutes infectées, violentes. — Jhering (Espr. du dr. rom., t. 1, p. 231): « Lorsqu'il s’accomplit une attaque contre un individu ou contre un Etat, la vigueur de la force de résistance [ou

Page 1