Quæstiones, 1, 1 ; de même : Wolff, Jus gentium
2. Phil. Rechtsl. der Natur u. des Gesetzes, Zürich, 1829, p. 715.
3. Handb. des Vôlkerr., de Holtzendortr, t. IV, p. 254 s, 484.
4. Lehrb. des Vôlkerr. — Par contre, Bulmerincq, (Handb. des üff. Rechts, de Marquardsen, t. 1, p. 362), Klüber ($ 243), Heffter ($ 119), Bluntschli, Lentner, ne ladmettent pas.
5, Deutsches Staatswdrterb., t. VI, Stuttgard, 1861, p. 110.
obéit alors à ce qu’on pourrait appeler le droit de la guerre, qui se place au dessus de tout, en exceptant la vie des habitants inoffensifs !. » Ailleurs, il a réfuté lui-même cette théorie : € Au dessus de la nécessité, au dessus de la raison de la guerre, sont les droits de l'humanité auxquels chefs et soldats doivent rester fidèlement soumis. »
La distinction entre loi et raison de guerre doit être rejetée. Elle est inutile pour justifier la rétorsion, vague parce qu’elle repose sur une question de degré, dangereuse par cela même et en outre parce qu’elle empêche lPextension des prohibitions inconditionnées, sinon absolues *, ilogique lorsqu'elle comporte des restrictions, telles que le rejet de l'argument de nécessité en faveur d‘un procédé expressément prohibé par convention. S'il ne s’agit que d'efficacité, pourquoi ne pas autoriser (quelquesuns l’ont proposé) d’agir énergiquement pour terminer promptement la lutte, pourquoi ne pas bombarder les villes ouvertes, et fusiller les populations civiles, — moyens pourtant efficaces, comme tant d’autres, pour exercer une pression sur les gouverneurs ou sur le gouvernement et pour les amener à capituler ou à accepter la paix? On ne l’admet pas, parce que, en réalité, Le principe de nécessité ne suffit pas.
Il faut lui adjoindre, comme un complément, un accessoire ou un correctif, le principe d'humanité, qui tient compte des caractères externes ou internes des actions, pour consacrer seulement celles qui sont non absolument atroces ou excessivement injustes, mais relativement licites * (— presque aucun moyen de
1. Cel Henry, op. cil., p. 38. — Jhering, L’évol. du dr., p. 169 : au-dessus du droit, il y a la vie. — Machiavel, Décades, 111, #1: « La patrie doit se défendre par linfamie ou par la gloire Partout où il faut délibérer sur un parti d’où dépend le salut de l’Etat, il ne faut ètre-arrèté par aucune considération de justice ou d’injustice, d'humanité ou de cruauté, de gloire ou d’ignominie, mais, rejetant tout autre parti, ne s’attacher qu’à celui qui le sauve et maintient sa liberté. »
2. Westlake, Pr. du droit int., p. 262. — M. Pillet (La notion moderne de La g., p. 12) met cette école au dessous des Iroquois.
3. V. dix-neuf auteurs cités par Calvo, t, IV, p. 121 : Grotius, Vattel, Wheaton, Phillimore, Kent... — Adde : Villiaumé, L’espr. de la g., p. 38 s : De ce qui est licite à la g.; p. 50 s : De la modér. dans le meurtre. Par le fait qu’on se déclare notre ennemi, on nous autorise à agir à outrance; l’espionnage est permis, non la
mort des innocents, ni le viol... — Holtzendorff, Die Steitfr. des neueren Vülkerr., Deutsche Rundschau, oct. 1815, p. 76 s : limite par le but de droit, l’humanité, l’estime de l’adversaire. — Lueder (Recht u. Grenze der Humanität im Kriege, Die
Genfer Conv., et Hdb. des Vülkerr., t. IV, p. 276) subordonne le principe d’humanité à celui de nécessité : on ne peut se prévaloir du premier que dans les limites ou le deuxième le permet. La Croix-Rouge doit être subordonnée à l’autorité militaire. Comme beaucoup d’Allemands, il entend par humanité : faire la guerre la plus énergique pour la rendre plus courte, au lieu de la traîner en longueur et