‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 259 sur 471 · Gal C, von Decker (Wolf, Das mil. Echo, p · texte numérisé non relu

Gal C, von Decker (Wolf, Das mil. Echo, p

luttes à main armée! : lhostilité d’instinct, absente ou réduite avant les opérations, survient ou s’accroit par elles. La nature même des procédés de lutte y introduit des éléments d’impulsivité et de haine, ou quelque sentiment analogue ou bien leur fait subir une recrudescence. Mème dans les guerres d'où est absente la haine nationale, qui y manque rarement dans les temps modernes, — « même dans celles où aucune irritation ne paraît exister au début, dit Clausewitz, — le seul fait de la lutte ne tarde pas à produire un principe d’animosité entre les combattants, par la raison que tout acte de violence que, par ordre supérieur, notre adversaire exerce contre nous, nous enflamme aussitôt contre lui du désir de représailles et de vengeance, avant même que nous songions à nous en prendre à l'autorité à laquelle cependant il obéit. Cela tient à la nature humaine ou, si Pon veut même, à la nature animale, mais il en est ainsi... » Indépendamment de ces mobiles, qui naissent du caractère même de la guerre, il en est d’autres, tels que lambition, l'esprit de domination, le plaisir de la lutte, les enthousiasmes de tout ordre, etc... qui, sans être de son essence, y trouvent cependant, à raison de laffinité qu’ils ont avec elle, un milieu très favorable à leur développement.

La bataille engendre le danger : elle fournit donc encore, en dehors de l'amour du risque, un puissant stimulant parce que, à la lésion souvent minime, impersonnelle ou restreinte à quelques personnes, qui fait l’objet de la guerre, elle ajoute, chez chaque combattant, un danger personnel corporel, vital, qui voue au service de la force combative les instincts de conservation, c’est-à-dire des moteurs d’une grande puissance. La recrudescence est d'autant plus forte que les passions hostiles deviennent plus populaires chez les deux peuples et que les masses prennent une plus large part personnelle à la guerre, grâce au service universel?, — Toutes ces influences contribuent à porter la lutte à son maximum d'intensité, contrairement à ce que nécessile le but final.

À. Clausewitz, ib., tr. de Vatry, p. 44.

2. Dans le cas inverse, la réflexion et la politique conservent plus d’autorité. — Cf. Clausewitz, ib., p. 131, 16. — La guerre se rapproche d’autant plus de sa forme absolue, extrème, pure et abstraite (émancipation de la politique, visée à Panéantissement de Padversaire, violence des moyens), que ses motifs sont plus puissants, que la situation politique préexistante est plus tendue, éveille davantage les passions, et que l’existence des peuples participants s’y trouve plus complètement engagée. Et inversemrént. (Cf. 4b., p. 28.)

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